samedi 11 avril 2015

Le château Castellion au-dessus de Cronay

Le château Castellion de Cronay
Dans son dictionnaire historique, Eugène Mottaz consacre un article au village de Cronay, et nous explique ceci :
Histoire. A l’ouest du village et à quelques centaines de mètres de celui-ci, se trouve une colline aujourd’hui boisée, le Signal, d’où l’on domine la plus grande partie des vallées de la Mentue et de l’Orbe.
A quelques pas on voit encore des vestiges d’une importante construction. Là se trouvait le Castrum Castellionis, le château Castellion, comme on l’appelle dans le pays, dont Ulrich de Martin faisait hommage à Pierre de Savoie en 1255.
La seigneurie de Cronay était donc une dépendance de la terre de St-Martin du Chêne. Elle se divisa plus tard en trois parties :
1° Le membre de Valangin
2° Le membre de Combremont
3° Le membre appelé de Châtonay

Carte

Emplacement de l’ancien Castellion au-dessus de Cronay

Le signal de Cronay
En 1792, cet emplacement est également cité dans la liste des signaux en Pays de Vaud pour le baillage d’Yverdon (RHV 1903 p 239) :

Cronex, qui était visible de Baumes, Ste-Croix, Rovray, St-Cierges, Thierrens.


Et en 2015 à quoi ressemblent les lieux ?


Sur les lieux on distingue surtout le réservoir construit en 1912.

Il serait peut-être intéressant de faire quelques recherches dans les archives communales pour savoir si, lors de la construction de ce réservoir et des canalisations, on a trouvé quelques vestiges de Castellion.


Un coup d’œil en direction du Jura. Entre les troncs on distingue l’autoroute


Plus à droite, le village de Cuarny



Le long du chemin, une jolie baignoire à sangliers

samedi 28 février 2015

Le château de Montagny-sur-Yverdon

Le château de Montagny-le Corbe  (Montagny-sur-Yverdon)


Encore un château vaudois victime des guerres de Bourgogne de l’automne 1475.
Mais actuellement, victime surtout du manque d’entretien !

Alors découvrons ce que dit Victor-Henri Bourgois (1868-1936) du château de Montagny-sur-Yverdon dans son guide « Au pied du Jura »  paru vers 1906.
Le château de Montagny est un des plus anciens de notre contrée, et son origine, avec celle des châteaux de Grandson et de Belmont (sur Yverdon), pourrait remonter au onzième siècle, époque où, après les terribles invasions des Hongrois et des Sarrasins au dixième siècle, on chercha à se défendre contre de nouveaux dangers.
Montagny le Corbe fut le siège d’une puissante seigneurie. Les premiers seigneurs connus de cette terre furent les sires de Montfaucon, et Amédée II (de Montfaucon) paraît avoir été le premier de sa maison qui eût possédé des droits sur Montagny dès la seconde moitié du douzième siècle.
Le château, à en juger par ce qu’il en reste, devait être considérable, et les murs de 1 m, 75 d’épaisseur que l’on voit encore attestent sa solidité et sa puissance. Il s’élevait sur une colline abrupte, dominant le cours de la Brinaz et de laquelle on embrasse la vue sur tout le pays environnant, depuis Yvonand, Yverdon, Giez, le Jura jusque du côté d’Orny, La Sarraz, Vallorbe, etc. C’était une position remarquable et admirablement choisie.
Aujourd’hui, hélas ! ce qu’il en reste est peu de chose, et pourtant, si l’on veut, c’est beaucoup ; aussi, lorsqu’on parcourt cette colline maintenant toute boisée et si pittoresque, avec la vue sur le lac bleu et au milieu de ces ruines sur lesquelles joue le soleil au travers des arbres, un sentiment indéfinissable s’empare peu à peu de vous et, dans la triste réalité du présent, vient vous parler du passé.
En 1450, Louis de Châlon Orange, le même qui fit d’importantes restaurations aux châteaux de Grandson et d’Orbe, dépensa 10,000 francs de notre monnaie pour réparer le castel.
Qu’il devait être beau et fier sur sa colline escarpée ! Mais, vingt-cinq ans plus tard, il tombait au pouvoir des Suisses et partagea le triste sort des autres donjons en l’année 1475. Il fut incendié et démoli. Depuis lors, il n’a pas été rebâti. Une preuve de sa solidité est la haute tour qui s’élève encore aujourd’hui à près de 20 à 22 m. de hauteur à l’extrémité nord de la colline, dominant la route, et qui, depuis plus de 400 ans, reste là, triste, mais superbe ruine éventrée, semblant devoir s’écrouler à chaque instant, et pourtant toujours debout, toujours fière, témoin opiniâtre d’une puissance déchue.
Croquis de Ric Berger tiré du « Nord vaudois »

En arrivant aujourd’hui au sommet de la colline, où s’élèvent de grands bâtiments pour une exploitation agricole, on peut trouver, cachés dans les buissons à droite, près de l’entrée Est du parc, les restes d’un mur et d’une tour ronde ou semi-circulaire. Cependant la faible épaisseur de ces vestiges empêche absolument de les rattacher à la construction primitive du château, dont les murs et tours visibles encore en plusieurs endroits mesurent 1 m. 75 à 1 m, 80 d’épaisseur. Ces restes font-ils partie de la restauration de 1450, par Louis de Châlon Orange ?  Nous ne saurions l’affirmer….
Un peu plus loin, au nord, on voit un gros tertre maintenant tout boisé, qui représente sans doute une des tours du château. Le pan de mur (peut-être un contrefort), qui se détache en retour d’équerre au sud, mesure environ 1 m. 80 d’épaisseur. Une seconde tour ronde et très grosse, qui passe pour avoir été le donjon, se trouvait à l’ouest du tertre dont nous venons de parler. On voit encore, caché dans le fouillis de verdure, un grand cercle de maçonnerie qui aurait été le mur de la tour.
A quelques mètres au nord du donjon, on trouve des restes importants d’une troisième tour et de murs avec un retour d’équerre.
En suivant la crête de la colline jusqu’à son extrémité nord, on arrive à la haute tour dont nous avons parlé, plus haut, le morceau le plus important des ruines du château de Montagny, Cette tour s’élève encore, ainsi que nous l’avons dit, à 20-22 mètres de hauteur et est visible de loin, du côté du lac et d’Yverdon, depuis Giez, etc.


Ancienne carte postale de 1905 montrant la tour encore bien dégagée au-dessus des vignes

On est frappé tout de suite par sa forme curieuse. Elle n’est ni ronde, ni carrée, mais compte cinq angles tout en étant plus large de l’ouest à l’est que du nord au sud. Les murs ici aussi mesurent 1 m, 75 à 1 m, 80 d’épaisseur ; on distingue facilement plusieurs retraits de la maçonnerie correspondant aux planchers des étages. Du côté sud, un reste de corridor aboutit à l’intérieur de la tour et en aura certainement été la voie d’accès…...
Cet ensemble forme une ruine superbe et d’un grand pittoresque. Malheureusement la maçonnerie se désagrège peu à peu et, lambeau par lambeau, comme avec un regret infini, la pauvre tour lâche une à une les pierres qui la composaient. Si l’on ne prend pas certaines mesures d’entretien, du reste fort simples et pas très coûteuses, la belle ruine, la fière tour de l’antique château de Montagny, après avoir bravé les hommes et les intempéries pendant près de sept à huit siècles, dont quatre encore après sa destruction, s‘en ira, morceau après morceau, jusqu’au jour où une chute de pierres plus importante en occasionnera  l’effondrement définitif et total !


Etat des restes du château en 2015


Déjà, au début du 20ème siècle, Bourgois avait raison de s’interroger sur l’état de conservation de cette antique bâtisse.
Car depuis, au cours des ans, de nombreuses pierres du haut sont tombées et la forêt a pris possession de l’endroit occupé par l’ancien château.

Au pied sud de la tour, les pâturages ont remplacé les vignes. Vignes bien notées sur la carte Siegfried de 1890.


Carte Siegfried de 1890


En arrivant, l’ancienne tour n’est pas très facile à distinguer, à cause de la végétation



Parmi les arbres et sous le lierre, les restes de la tour en février 2015

Ces dernières années, le lierre avait envahi tout l’édifice, fort heureusement, il a été en partie coupé à la base il y a quelques années et a séché.


Depuis que le lierre a été coupé, les pierres de la base sont mieux visibles




lundi 9 février 2015

Le signal de Mont Buffet

Le signal de Mont Buffet au-dessus de Premier


Derrière ce petit écriteau se trouvent les ruines de la maisonnette abritant parfois l'équipe chargée d'allumer un grand feu en cas d'alerte. Ces signaux d'alarme étaient répartis sut tout le canton,
Ceci pendant l'occupation bernoise et jusqu'en 1798.





On trouve dans le Dictionnaire historique suisse (DHS),  un article consacré à la commune de Premier, article rédigé par Guy le Comte:

Comm. VD, district du Jura-Nord vaudois. Village-rue sur le contrefort du Mont-Buffet. 1403 Prumyer.
 Le hameau de Lanfrey, attesté au XIVe siècle, disparaît au siècle suivant. 15 feux en 1396, 10 en 1529, 21 en 1550, 205 hab. en 1764 (52 feux), 232 hab. en 1803, 292 en 1850, 178 en 1900, 144 en 1950, 138 en 1970, 208 en 2000. Premeir fit partie de la seigneurie de Romainmôtier, dès 1536 du bailliage homonyme, puis du district d'Orbe (1798-2006). Sous les Bernois, Premier était gouverné par un Conseil général. Premier dépendait de la paroisse de Romainmôtier; accord avec le curé en 1316. Nombreuses querelles avec les autres communautés de la Terre de Romainmôtier pour la possession des bois communs et des pâturages. Activité agricole. Forge, tissage, métiers du bois jusqu'à l'incendie de 1898. Construit en bois avec des toits en tavillons, le village fut ravagé en 1884 et 1898 par deux incendies. Syndicat d'améliorations foncières en 1959; nouveau syndicat dès 1979. En 1967, Premier fut le centre nerveux de la "guerre des vaches", qui opposa les éleveurs de montbéliardes à l'administration fédérale.

N’ayant jamais entendu parler de ce Mont Buffet, j’ai tenté de savoir où il se situait.
Au cours de ces recherches et grâce à quels anciens articles de la Revue historique vaudoise, j’ai découvert que cette modeste colline abritait un signal d’alarme durant l’occupation bernoise du Pays de Vaud.

Vue des Auges depuis le Crêt de la Croix


Voici donc cet article tiré de La Revue historique vaudoise de 1913,  page 208

LE SIGNAL DE MONT BUFFET
ALTITUDE, 900 METRES
Au nombre des soixante-deux observatoires établis dans le Pays de Vaud par LL. EE. de Berne se trouvait le signal de Mont Buffet.
Situé à l'extrémité Est du chainon de montagnes se détachant de la Dent de Vaulion, dans un endroit élevé du territoire de la commune de Premier, lieu appelé « Crêt du Signal », d'après l'ancien plan de 1822, et « Pré Carraudy », suivant le plan actuel de 1880, le signal de Mont Buffet pouvait facilement correspondre avec ceux d'Orbe, de La Sarraz et de Vaulion. Comme ces derniers, il relevait du bailliage de Romainmôtier, ce qui obligeait le bailli de Romainmôtier  de s'assurer, par des inspections périodiques, des moyens de défense qu'il possédait, étant donné, qu'au moment d'une invasion sur un point quelconque du territoire du Pays de Vaud des feux s'allumaient sur les montagnes, que l’alarme était donnée et que des milices se trouvaient, en peu d'heures, réunies et prêtes à marcher au-devant de l'ennemi, sous la conduite de leurs chefs. Il était placé à deux kilomètres nord du village de Premier, à 1 kilomètre 200 mètres du territoire de la Terre indépendante des Clées, à 800 mètres, de l'ancienne route Bretonnières-Vallorbe et à quelques kilomètres de la frontière française, notamment du défilé de Jougne.
Le signal de Mont Buffet existait ä la fin du XVIIe siècle, car le Conseil général de la Terre de Romainmôtier était assemblé le 29 mai 1689 :
« pour mettre les ordres convenables pour charrier les matériaux qu'il faut pour la construction de la maison vers le signal nouvellement construit, comme aussi pour tirer les pierres qu'il faut pour les murailles ».
« A este ordonné en présence de M. le Lieutenant Baillival Roy, qui a présidé par ordre de S. S. Baillivale que  de chaque commune on envoyera, demain, trois hommes, sauf Envy un, pour tirer les dites pierres pour des murailles là près, pour gagner les voitures, et lesquels répareront le signal et s'aideront ä faire une casuette pour loger ceux qui font la garde. Et ceux qui y iront demain se nantiront de hache, pioche et serpe. »
• La « casuette » fut solidement construite en maçonnerie; elle mesurait quatre mètres de longueur sur quatre mètres de largeur. A proximité s'élevait un amas de branches menues très inflammables qui produisaient une fois allumées des flammes qui se voyaient de fort loin, ou de grandes colonnes de fumée, si cela se passait pendant la journée
Le signal de Mont Buffet fut chargé à différentes époques, tel fut le cas les 20 octobre et 1er décembre 1792, suivant mandats baillivaux ordonnant qu'une garde composée de seize hommes repartis en quatre escouades d'un caporal et de trois hommes y fut placée à tour de rôle. Les escouades étaient fournies par les communes intéressées, Vaulion excepté; elles se rechangeaient toutes les vingt-quatre heures, pendant un temps. Les caporaux touchaient neuf batz (fr. 1.30) pour chaque jour de garde, et les factionnaires huit batz (fr. 1.16), ä condition qu'ils s'acquittent fidèlement de leur devoir. Le bois nécessaire pour la cuisine et le chauffage pouvait être pris par les gardes dans les forêts avoisinantes de LL. EE. et les communes devaient pourvoir au voiturage du dit bois.
Les évènements de la Révolution ayant occasionné une active surveillance, le signal de Mont Buffet fut gardé de nouveau à partir du 22 décembre 1797; puis, personne ne se présentant pour monter la garde, il fut décidé que les caporaux toucheraient dix batz et les fusiliers neuf batz par jour de service; et pour que le tour de garde se fasse exactement, le secrétaire baillival établit un rôle des communes qui devait se remettre de l'une à l'autre, à midi, quand chaque tour devait finir et suivant la règle du nombre d'électionnaires.
Mais le nombre des hommes de garde se trouvant être par suite de refus réduit à six, ce nombre étant jugé insuffisant, M. le capitaine Roland, secrétaire baillival, rapporta, le 29 décembre 1797, que la garde devait être levée le lendemain. Ce fut la dernière.
Et maintenant que le temps a accompli son œuvre, l'emplacement où se trouvait jadis le signal de Mont Buffet disparait solitaire et tranquille sous les ombrages des hêtres et des sapins; seules les fondations de l'ancienne casuette sont visibles aujourd'hui.
Eug. Rochaz

Un autre article tiré également  de la Revue historique vaudoise de 1903, page 236, nous révèle la liste de tous les signaux recensés dans le Pays de Vaud.

Nous ne citerons que les cinq endroits du baillage de Romainmôtier :

LES SIGNAUX DU PAYS DE VAUD A LA FIN DU XVIIIème SIECLE
Etat des signaux du Pays de Vaud, d'après les notices qu'en ont données les secrétaires ballivaux, en mai et juin 1792.

ROMAINMOTIERS
1. Chenit, au-dessus du temple [La Dent].
2. La Dent  [Chenit, Vallorbes, Romainmôtiers, Ballaigues. — Il y a souvent des brouillards sur cette montagne].
3. Vallorbes, à bize de l'église  [La Dent, Romainmôtier].
4. Romainmôtier, au-dessus de Premier, en Montbuffat  [Vallorbes, La Dent, La Sarra].
5. La Sarra, sur Mormont  [Romainmôtier, Cossonay].



Quelques lieux o`le signal de Mont Buffet était visible


Que reste-t-il du Signal du Mont Buffet ou Buffat en 2015 ?


La sirène d’Arnex sur le toit de l’ancien abattoir

Actuellement les signaux ont été remplacés par des sirènes et certains ne sont plus visibles du tout. Mais leur ancien emplacement a souvent gardé le nom de Signal.
André Roy, ancien député de Premier connait l’endroit, où se trouvent les ruines de cet ancien signal, pas très loin du pâturage des Auges.

Alors dès que la neige aura fondu sur les crêtes du Jura, je vais tenter de retrouver les derniers vestiges du signal du Mont Buffet.




Emplacement de l'ancien abri

L'emplacement de l'ancien abri décrit par Eugène Rochaz est assez facile à trouver.
Il suffit de prendre un petit chemin qui part du pâturage des Auges, petit chemin pas très bien entretenu qui conduit vers  le monticule suivant, situé sur sa droite.




Derrière ce monticule les derniers vestiges de l'abri






Reste de murs de la petite "casuette" du Signal de Mont Buffet en mars 2015

vendredi 14 novembre 2014

La fromagerie d'Arnex sur Orbe va fermer ses portes

A fin 2014, la dernière page se tourne pour la fromagerie d’Arnex


On savait que le bail du fromager, M. Edy Neuhaus était résilié pour la fin de l’année 2014.
La chose est maintenant confirmée par le journal Omnibus du 14 novembre 2014.
Ainsi, à partir du 1er janvier la production laitière de MM : Baudat Claude et Kesselring Jean-Marie, (les derniers producteurs de lait du village), prendra la route de Lignerolle avec celles des autres producteurs de Bofflens.
Quant au lait d’Agiez et de Pompaples, il s’en ira vers Ballaigues.
La plupart des habitants du village et aussi de loin ailleurs regretteront la fin de la vente des produits laitiers de la famille Neuhaus, si appréciés, les soirs de semaine entre 18 et 19 h.
Pour nous il est temps de retracer l’histoire de ce bâtiment, ancienne ferme de Pierre Werren, transformée en fromagerie en 1893.

Les premières mentions d’une ancienne fromagerie et le bâtiment de 1812
Les coûts de la construction d’une fromagerie en Pré Macherex, soit juste en face de l’habitation actuelle de Jean-Daniel Gozel, figurent dans les comptes communaux de 1812. Pour établir ce nouveau bâtiment, la commune achète trois petits jardins appartenant à Etienne Tachet, David Baudat et aux hoirs de Louis Baudat.
Dans son commentaire sur ces comptes de 1812, le juge de paix Perreaud pose quelques questions à propos de cet investissement qui a coûté 1'276 fr. à la commune : et cela sans que l’on voye si ceux qui profitent de cet établissement en payent l’intérêt pour le loyer.



Commentaires du juge de paix à propos des comptes d’Arnex de 1812

Les années suivantes, il estime que le coût de location de 61 fr. ne couvre toujours pas l’intérêt de la somme investie par la commune.
Finalement, une vingtaine d’années plus tard, le bâtiment est vendu à la Société de fromagerie pour 1'182 fr, soit approximativement le coût initial de sa construction.
Dans les plans du cadastre de 1865 (où nous avons relevé les noms des propriétaires actuels), ce bâtiment figure encore comme fromagerie :



Sur les plans de 1865, le numéro 11 est noté : Fromagerie de la Société de fromagerie

La nouvelle fromagerie en 1893
Plus tard, se sentant peut-être un peu à l’étroit, la société achète et transforme la ferme ayant appartenu à Pierre Werren pour y installer la fromagerie actuelle.




Les dates qui figurent sur la fromagerie actuelle

Pour l’instant nous ignorons la signification de ces dates. Une hypothèse : 1857 serait la date de la construction par Pierre Werren et par-dessus 1893 celle de l’achat par la Société pour une première transformation.

Le lait livré à Nestlé
Pendant un certain nombre d’années, le lait, tout ou en partie, est livré à Nestlé, à Orbe. On mentionne encore une famille Monnier, qui a acheté le matériel nécessaire à transporter le lait vers Orbe.
Nous n’avons pas retrouvé de documents décrivant ces ventes. Elles ont sans doute cessé à l’époque de la fermeture par Nestlé de sa fabrique de lait condensé de Bercher, soit en décembre 1921.

Les transformations de 1926 et la construction de la porcherie de Bulande
Le livre des comptes de la Société de Fromagerie d’Arnex débutant en 1926 présente tous les coûts des importantes transformations de la fromagerie et ceux de la construction de la porcherie de Bulande.
Un très gros investissement de 126'389 fr. est couvert en grande partie par des emprunts. 26'000 francs proviennent du village et 10’000 francs sont empruntés ailleurs, à un taux de 4%. Nous rappelons que, pour établir cette porcherie imposante, la société a acheté du terrain à la Commune au prix de 7.50 fr. la perche.
Ernest Bühlmann, nouveau fromager, dispose ainsi d’une belle fromagerie et d’une porcherie flambant neuve, les deux installations étant reliées par une conduite pour le petit lait. : cette conduite de 360 mètres sera complètement refaite en 1959.
En 1928, la masse du lait coulé se monte à 589'000 kg. En 1934 l’apport des laits d’Essert-Pittet et de Lignerolle (pendant 4 ans) permet d’augmenter le volume transformé.
Au début, la location payée par le fromager est de 10'000 fr. par an, un peu moins par la suite. Dès 1936, elle est fixée à 1,3 ct par kilo de lait livré et 0,3 ct. pour le lait d’Essert-Pittet, puis à 1,5 ct en 1948.
Peu à peu les livraisons de lait augmentent, jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. Mais au cours de celle-ci, l’extension des cultures, en conformité avec le plan Wahlen, fait diminuer la production laitière et il faudra attendre 1952 pour retrouver le niveau de 1940. En 1975 on atteint les 930'000 kg, avec ensuite une nouvelle diminution. Il est vrai qu’après l’entrée en vigueur du contingentement laitier, de nombreuses exploitations agricoles abandonnent la production laitière et passent à l’engraissement des bovins.
Fort heureusement, ces dernières années le lait des producteurs de Pompaples, de Bofflens, puis d’Agiez était venu s’ajouter à celui des trois derniers producteurs du village. Ce regroupement avait permis le maintien jusqu’en 2014 de la fabrication de gruyère en été et de vacherins durant l’hiver.

Carte postée en 1937 avec un camion livrant du lait d'autres sociétés : Essert-Pittet ou Lignerolle

Les fromagers
Avant Ernest Bühlmann, il y a eu M. Demont ; on cite aussi un certain Fiechter, laitier vers 1894.
Au départ de Bühlmann en 1952, c’est Franz Luginbühl qui occupe la fonction durant une vingtaine d’années, jusqu’en 1973. 
En 1974, Edy Neuhaus reprend le flambeau, jusqu’à fin 2014.




Notons qu’en décembre 1954, Ernest Bühlmann prend l’initiative de créer un fonds des cloches, un fonds qui a permis de financer l’installation de deux nouvelles cloches à l’église en 1964 ainsi que l’électrification de l’installation. On peut se rapporter au chapitre consacré aux églises d’Arnex. 

Les investissements dans la fromagerie
Au cours de ces dernières années, la société de fromagerie a dû maintenir en état la fromagerie et ses caves. En 1958 est installé un congélateur communal, aux cases louées à des particuliers.
En 1983, d’importantes transformations sont réalisées, des investissements qui nécessitent à nouveau de gros emprunts de la part de la société.

La fin des porcheries
Nous avons mentionné la première porcherie, construite en 1926 par la société de fromagerie. Elle sera complétée par d’autres, construites au cours des ans par les différents fromagers.
Cette importante concentration de porcs va toutefois poser rapidement de gros problèmes à cause de l’évacuation du purin. Au début, celui-ci était régulièrement misé par les agriculteurs, rapportant même quelques centaines de francs à la société. Mais, par la suite, sa reprise a dû être imposée aux producteurs.
En 1963, la Société construit un nouveau creux à purin au bout du Champ du Pommier et, quelques années plus tard, un autre creux est aménagé juste en face, de l’autre côté du chemin.
Finalement, en 1968, la société de fromagerie vend sa porcherie à Franz Luginbühl pour la somme de 55'000 fr., soit guère plus que le coût du nouveau creux.
Malgré l’augmentation du volume de purin stocké, le problème n’est pas résolu et les excédents sont souvent déversés de nuit dans le ruisseau du Moulin Vieux, lequel devient un véritable cloaque, soulevant l’indignation légitime des amoureux de la nature et provoquant mille dénonciations des garde pêche, suivies par les amendes du Préfet.
Après de nombreux changements de propriétaires, la production de porcs prend fin au début des années 1990.
L’incendie du 23 mars 1994, qui détruit complètement la première porcherie construite par la Société de fromagerie, aboutit à une nouvelle affectation pour ce quartier. La zone, devenue zone artisanale, abrite désormais des activités moins polluantes qu’autrefois. En 2006, la Commune s’y installe, achetant une des anciennes porcheries construites par Bühlmann, et y loge le matériel d’entretien de l’employé communal.

En 2014, ce bâtiment est revendu à l’entreprise de ferblanterie et couverture La Toiture qui avait besoin de plus de place pour développer ses activités.


Merci à la famille Neuhaus

Il n'était pas possible de fermer cette fromagerie sans exprimer notre gratitude à la famille Neuhaus, ce sera fait le 31 décembre 2014. Venez nombreux.




L'apéritif d'adieu du 31 décembre 2014




De nombreux clients et amis ont répondu à l'invitation



Pour déguster un morceau de fromage, boire un verre et écouter les propos de Jean-Louis Monnier et du syndic Max Debieux.

Le tout accompagné par les tambours et grosse caise de la Jeunesse d'Arnex








Sous l’œil ému de Madame et Monsieur Neuhaus


En cette fin 2014,pour le village d'Arnex une page s'est tournée...