lundi 23 avril 2012

Les vignes d'Arnex sur Orbe : Introduction


Deux mots sur les vignes d'Arnex

Depuis plus de mille ans, le vignoble d'Arnex, situé en dessous du village produit des crus fort appréciés.
Parmi les anciens propriétaires notons quelques parchets qui furent donnés à l'Abbaye de Romainmôtier vers 1100 et nous prouvent l’existence de la vigne en nos contrées.
Plus tard il y aura aussi de nombreux habitants des villages du haut, Bretonnières, Premier, Juriens, Croy, la Praz qui descendaient pour cultiver leur vigne et parfois épouser une fille du village...
Les capites de ces vignes figurent déjà dans ce blog.

Au cours des ans, la vigne va jouer un rôle économique très variable au sein de la petite communauté de ce village.
Les surfaces se sont modifiées, les façons culturales aussi.
L’accès aux différentes parcelles du vignoble s’est bien amélioré.
Grace au remaniement parcellaire terminé en 1981, la diminution des surfaces viticoles a été stoppée.



Photo aérienne du vignoble situé sous le village et de celui des Vaux sur la gauche
                                                                                                               Photo Marlène Rézenne

Mais le plus frappant  reste les changements de la structure de propriété.
Ainsi vers 1806, on ne dénombrait que 32 poses de vigne, dont  les trois quarts appartenaient à  deux importants propriétaires : Pierre Maurice Glayre et Henriette Thomasset épouse de Louis de Joffrey.
A cette époque une partie des vignes était cultivée par des habitants de villages du haut, (Croy, Romainmôtier, Bretonnières).
Il ne restait que 8 poses pour les habitants du lieu, soit presqu’uniquement pour l’autoconsommation.
Mais au XXème siècle la production ayant augmenté, il a fallu trouver de nouveaux débouchés.
Avant la création de la cave coopérative en 1948, le vin était acheté par divers marchands de vin de la région et d’ailleurs, comme la maison Bourgeois de Ballaigues.

jeudi 29 mars 2012

Soirée 2012 du Choeur mixte d'Arnex et du Choeur d'hommes



 Samedi 14 avril 2012     20 h

Grande salle
Arnex-sur-Orbe

Soirée du Chœur mixte d’Arnex
Direction Sylviane Dajoz

Avec la participation des chœurs suivants :

Chœur 7’ Neuf d’Orbe       
                                             Direction Dominique Quartier     

Ensemble vocal Jorat Gospel
Direction Hermann Niklaus



Tombola                                             Pâtisseries






Programme
Chœur mixte d’Arnex                                    Direction Sylviane Dajoz

A toi mon père                                  Charly Torche
Hymne à la nuit                                J.-Ph. Rameau                                     Harm. et texte J.  Bovet
Imate li vino                                      Chant de Croatie et Macédoine           Harm. Christine Niggeler  
Si tu passes par ici                            Jean Mamie                Yvette Kummer
Fatise kolo                                         Air populaire serbe                              Harm. Ivan Markovitch
Le vent                                              Jo Akepsimas              M. Scouarnec    Harm. Pierre Huwiler
Caresse sur l’océan                          Bruno Coulais
Tam ti de lam                                    Gilles Vigneault                                    Adaptation : A. Langree
Phea                                                   Marie-José Guisolan                            Harm. André Ducret
Les amis de la musique                    Jean-Max Rivière       Yani Spanos      Harm. François Barré

Chœur 7’ Neuf d’Orbe                           Direction Dominique Quartier

La Ballade nord-irlandaise             Renaud
Halleluya                                          Leonard Cohen
Et si tu n’existais pas                       Joe Dassin
Je ne vous parlerai pas d’elle          Jean-Jacques  Goldman
Pas l’indifférence                             Jean-Jacques  Goldman
Mourir d’aimer                                Charles Aznavour
Un homme heureux                          William Sheller
La vie ne s’apprend pas                   Daniel Balavoine
Envole-moi                                       Jean-Jacques  Goldman
Tous les cris, les SOS                       Daniel Balavoine


Entracte

L’ensemble vocal Jorat Gospel

Sous la direction d’Hermann Niklaus,

vous présente son répertoire




Et si par malheur vous avez manqué la soirée du 
Choeur mixte, vous pouvez prendre part à celle du 
Choeur d'hommes le samedi 5 mai 2012






Le Choeur d'hommes sur scène




Avec ces demoiselles de la Société de Jeunesse au fond du bois de Bioute...

dimanche 25 mars 2012

Les sobriquets des habitants d'Arnex-sur-Orbe


C’était pour le NOUVEL-AN 2000

Retrouvé dans nos archives, voici le texte sur les surnoms et sobriquets du village d’Arnex composé et !u par Pierre Bovet le soir du 31 décembre 1999.
À vous d'imaginer chacun et d'y mettre voix et intonation.

Bien sûr le temps a passé et la grande faucheuse ne s’est pas arrêtée aux portes du village.
Et en ce début 2012, une douzaine de personnes ne sont plus là pour répondre à leur sobriquet.

La Grande Vadrouille à travers Arnex.
Pendant qu'au nord du village, le fils Bombu promène son âne et que la Baronne prépare son marché, le père Bombu a mis au point une nouvelle technique pour zapper devant sa télé, il le fait avec une berclure.
A quelques pas de là, le père Riton, ancien dragon, tente tant bien que mal de monter sur son cheval qui, de toute évidence, préfère la marche arrière
Du côté de la gare, Phalot, alias Tautiton, fait tourner son manège, alors que Mimiche depuis l’ancien Café de la Gare surveille Va-et-Vient, le chef de gare qui part faire son chemin de Croy.

Pendant ce temps on voit Caisson qui s'en va traire à Vaulion ; on voit Biscôme qui est tout content, car depuis qu'il a remis sa place de syndic à Max-la-Menace, il a le temps de s'occuper de la Margot. Alors si ça fume dans le coin,  est-ce Le Denis ou bien Gautsy ?

Pendant qu'au Toucan, et pour la postérité le Kaque, alias Jacot, continue  de hanter le mur de l’établissement …

  
Jacques Monnier sur le mur de la salle du Toucan

… et que Pinochon lui tient compagnie pour boire un verre au Creux de Villars à quelques pas de là, Kalo qui suit les feuilletons bancaires préfère être à sa place  à la Raiffeisen qu'à celle d’Hubert Reymond à la BVCrèd.

Alors qu'en bas l'Aria, en face de chez Bédy, les Kéké inaugurent une maison à ossature en bois, leur voisin Maggi, C'est sec, plutôt tourné sur la pierre, vient de terminer chez Gusty et ce en tenant les délais !
Cassotte en a eu des cheveux gris !
Si vous partez contre Bofflens, c'est Rudi, le Dieu de la lumière qui ouvre les feux à notre gauche ; juste en face Gigi prépare son pressoir pour la troillée du siècle et Plomplomb que sa femme Pipilotti n’a sûrement pas poussé en bas du lit, s’en va rejoindre au gouvernage son père Georgy, qui lui a sûrement été poussé par la Didi.

En continuant vers Sangolin, il y a les Sami à l’ancienne forge, il y a Tétard pour qui être à l’heure est une tare ! Demandez donc à son patron.
En face l'Erwin et son cigare qui tournique vers son hangar et qui, même s’il n’en n’a rien à foutre, aime rendre service, il n’y a pas de doute !

Plus loin, c'est le Lynx, Boulette, l’Oignon. Oui à Arnex que de surnoms !
Pendant qu’à quelques lieues de là, le Titch tente vainement de remonter le moulin avec son vélomoteur et ses sacoches en bandoulières, le voilà qui reste pris vers Schmidt qui était lui-même en grande discussion avec le Petit. (Excusez-moi, il n’est pas d’Arnex mais a le statut d’assimilé).

Pendant que tout ce beau monde se désaltère à l’ombre d’un noyer, voilà le bus vert de l’autre district, voilà Broche et le père Frédy. Alors c’est le bouchon sur le chemin, pour passer, vraiment plus moyen !

Et sur la place, le jour du poisson, y’a la Mimi, y’a la Louise, y’a la Thérèse, y’a la Denise, y’a Zaza, y’a Babar, pour s’achalander au comptoir.

Pendant que Mozart jouait avec sa batterie de cuisine et avec ses cuivres aux EPO, en face de chez lui Tophyse, qui s’était dopé une nuit d’Abbaye sous la cantine à l’EPO ou aux Treize Coteaux eut bien de la peine à rentrer chez lui, il versa et ronfla sur son banc. Heureusement pour notre gaillard, Cyclo joua les St-Bernard. Pendant ce temps-là, Jacqueline était toujours sous la cantine. 

Pendant qu'au Vieux Lausanne Négus finit d'aménager, Pélègre, notre réalisateur et cinéaste visionne les films de l'année.

Gloire à l'Eté Mélancolie prend l'apéro avec le Grand et la Renée qui lui demande : Et la Lili ?
Et Roger de répondre :
« Elle prépare les bricelets pour les 50 ans à Meulet et pour qu'ils soient bien croustillants, c'est un travail qui prend du temps ! »

Et rappelez-vous de nos anciens.
De Fouinet poussant son vélo de Montligeard jusqu'à la gare,
Avec ses cannes, du père Tsamo qui pour tous a un petit mot
De la Julie toujours si vive qui tape encore le carton, à cet âge. N’est-ce pas Mignon.
Voilà, nous voici au château, l’Evêque y écrit ses mémoires du temps où il chassait le  Chevreuil ou bien s'occupait du pressoir.
Plus loin au fond dans sa villa, il  y a Merluche ou Cube–Tas qui à Marcelin où Grange-Verney essaye malgré l’OMC d’apprendre aux jeunes le métier.

Et si vous revenez en ça, sur le pas de porte de l’écurie, arrêtez-vous vers le Guelliu, il va vous dire : « Y’a qu’à moi que ça arrive « !
 .
Dans le même coin, y’a les Gogo eux pourraient en un rien de temps charrier le  Suchet au Mont-Blanc !
Totor l’ancien boulanger n’a pas tout à fait le même rythme !
Et puis autour du clocher, il y a le Miche qui s’en va faire son ptit tour, il y a le Dzan qui laisse sa Muette, la Françoise de Berne pour s’en aller à la gentiane. Y a St. Yvette et il y a le Pitch qui vous dira que :
« Tant qu’on aura des vaches, des femmes et des moteurs, on sera toujours emmerdé ! »

Et à quelques mètres un peu plus bas, c’est le René, le Petit baigneur qui vous dira. « Ca marche ¨ »
La preuve que ça marche, il fait des millionnaires à tour de bras.
Que de soucis pour Chansonnette !
Alors là, au bas du village, avec Riri ou bien Manu vous aller voir passer Bourvil qui chaque jour pousse son vélo au bas du village jusqu’en haut avec quelques trésors à sauvegarder !
Et puisqu’on en est à Bourvil, pour faire une Grande Vadrouille il nous faut aussi de Funès, oui un Louis de préférence, vous le trouverez en bas le Moulin. Demandez-lui d’ailleurs quand il s’en va trouver Cobichte, le garagiste, pour une panne à son tracteur, il s’excuse presque en arrivant d’avoir cassé un élément !

Et ce soir, pour tous nous distraire on a l’orchestre ABC.
Mais pourquoi ABC ? Il a fallu chercher. Serait-ce s’abaisser que d’enlever le B, ça les ferait AB, et c’est pas leur genre d’entrer dans le clergé, ils ont tous préféré garder leur ABC, : Arnex, Bofflens, Cronay avec aux grosses caisses Schaudi, le Pec, aux tambours Risouille, la Baleine, Bricolux, le Pitch, Seb, aux plaques le Pitch, à la hotte Bombu, nul doute qu’ils vont vous faire pleurer d’envie les vieux, Prof, Biscôme, Cyclo, la Bulle, Nodet, Panosse, Pampers ou Torchonnet, mais ne nous faisons pas trop de soucis pour eux, ils en joueront bien une ou deux.

Et le Lama, vous le connaissez ? Oh ! On n’a pas à s’inquiéter, celui-là ne crache pas dans son verre !
C’est votre animateur de ce soir. Alors avant qu’il ne soit vexé, je vais maintenant lui rendre le fil, vous souhaiter une bonne soirée et tous mes vœux pour l’an Deux Mille.


Santé à tous.                                                          Pierre Bovet


Mais pour connaitre le surnom des gens d'Arnex et son origine voir  :


http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=8653486771450785532#editor/target=post;postID=149226821082401112



mardi 20 mars 2012

Les bureaux postaux d'Arnex


Les anciens bureaux  postaux d’Arnex au fil des ans

Avant sa suppression en mai 2011, le bureau de poste de la localité a changé plusieurs fois d’endroit.
La première mention retrouvée dans nos archives  situe un service postal à l’auberge de la Croix-Blanche avec M. Jean-David Laurent, tenancier  de l’établissement de 1832 à 1843.

L’aubergiste Laurent devient le buraliste d’Arnex en 1938


Texte de l’image ci dessus :
La Municipalité assemblée sous la Présidence de M. David Monnier Syndic a nommé M. Laurent Aubergiste pour buraliste ou pour tenir le bureau des Postes de la Commune.
Il devra se conformer aux lois et règlements faits et à faire par l’administration des postes. Recevoir lettres et paquets qu’on voudra lui remettre et les expédier aussi vite que possible et de plus il devra rendre à domicile immédiatement après leur réception les lettres et paquets adressés à des particuliers de la Commune contre un Crutz de financement, outre le rembours du port sans cependant pouvoir l’exiger pour les lettres et paquets concernant l’administration générale de la commune.
Il recevra de plus vingt francs pour tout salaire en la caisse de la commune à la fin de chaque année.
Vers 1907 l’annuaire vaudois cite Mlle Lina Monnier (1865-1943)  comme buraliste.
A cette époque le bureau était situé dans cette maison.


Le bâtiment qui abrita le bureau de poste au début du 20ème siècle

Après les transformations de 2015/2016


Le bureau abandonné  n’a pas beaucoup changé de disposition jusqu’à la transformation de cette bâtisse prévue dès 2012.

Entrée de l’ancien bureau de poste à côté du clocher

En 1926, pour  remplacer Mlle Lina Monnier, la direction des Postes choisit Monsieur Auguste Gasser de Croy, une décision qui ne convient pas à la Municipalité d’Arnex qui proteste auprès de la direction des Postes.


 En 1926, la Municipalité proteste contre la nomination de M. A. Gasser


Mais la Direction des Postes maintient cette nomination avec des conseils à M. Gasser !


 Mais Monsieur Gasser ne fait pas longtemps, en 1929 déjà la fonction est à nouveau au concours, un certain M. Trachsel veut postuler et pour cela demande un certificat à la Municipalité. Il ne sera pas choisi.

M. Trachsel de la Sarraz veut postuler en 1929


Mais vers 1930,  c’est  Albert Monnier (1903-2000), un neveu de Lina, qui reprend la fonction jusqu’à sa retraite vers 1968.



Albert Monnier et sa charrette          photo tirée d’un film de J.-Pierre Vonnez vers 1950

Il achète cette maison en face du collège pour  y installer le bureau de la poste au rez.


La poste d’Albert Monnier

En 1968, à sa retraite, ce sera Gérald Brocard qui reprend le flambeau.

Pour édifier son habitation et un nouveau bureau, il achète en 1973, une petite parcelle communale. Un achat accepté de justesse par le Conseil général par 30 oui contre 29 non.
Une fois le terrain acquis, la nouvelle poste peut être mise à l’enquête en 1975.

Le bureau postal de Gérald Brocard qui a duré de 1975 à 2011


Un bureau où, après la retraite de Gérald Brocard, se sont encore succédés Bernard Hiertzler, Jules Escobar, et  Ginette Monnier-Regard .
Mais les PTT rationalisent et diminuent drastiquement le nombre de bureaux postaux.
Notre bureau de poste n’y échappe pas et devra fermer ses portes le samedi 7 mai 2011 à 10 h



 Un joli papier pour signaler la fin de l’office de poste d’Arnex-sur-Orbe le 7 mai 2011

Et un dernier timbre...




Un petit mieux en 2013

Cela n'offrira pas toutes les fonctions d'un office postal, mais l'ouverture en juin d'une Boulangerie Épicerie au rez de l'ancien battoir permettra d'offrir à nouveau au village quelques prestations telles que dépôt de lettres et colis, achat de timbres et paiements sans numéraires.


Annonce de la nouvelle agence postale dès juin 2013





Et le 1er juin 2013, petits et grands découvrent cette boulangerie postale



dimanche 26 février 2012

L'ancien atelier d'Edmond Mounoud fils


L’ancien atelier d’Edmond Mounoud fils

En 1936, Edmond Mounoud fils, âgé de 27 ans décide de créer sa propre entreprise.
Mais la mise à l’enquête de ce nouvel  atelier soulève l’opposition des deux autres maréchaux de la localité : celle de son père Edmond Mounoud, ainsi que celle de Charles Monnier du bas du village.
Ils craignaient sans doute l’arrivée d’un nouveau concurrent au village.




Oppositions à la construction de l’atelier d’Edmond Mounoud fils
Mais la Municipalité considère ce nouvel atelier comme un transfert et annule les deux oppositions.
Edmond-Mounoud-Guignard pourra construire son atelier avec un logement à l’étage, le long de la route de Bofflens en Sangolin.
Juste dans le triangle formé par l’ancienne et la nouvelle route qui passe sous la voie de chemin de fer.


 L’atelier d’Edmond Mounoud de 1936 à côté du hangar à Baudat en Sangolin



.
Carte du village de 1950 avec l’atelier d'Edmond Mounoud



Edmond Mounoud devant son atelier          Photo R. Pellegri




Fait divers concernant Edmond Mounoud, 
tiré du Journal d'Orbe de 1936



En 1951, la maison BP met à l’enquête la pose d’un distributeur à essence devant l’atelier.
Et en 1961, un deuxième appartement est ajouté au bâtiment.
Plus tard, en 1968, pour continuer à admirer les couchers de soleil sur le Jura, Edmond s’oppose à la construction d’un petit locatif prévu à l’ouest de son atelier, mais en vain.



Actuellement transformé en trois habitations



Au XXIème siècle : Le garage Monnier
Pour succéder à MM. Poget et Mounoud, Claude Monnier a installé son atelier mécanique dans l’ancienne ferme de son grand-père Aloïs.
Un atelier fort utile pour les agriculteurs du village et de la région.



Atelier mécanique de Claude Monnier

lundi 13 février 2012

L'ancienne forge de Charles Monnier


L’ancienne forge de Charles Monnier au bas du village


Ancienne forge de Charles Monnier au bas du village

Pour présenter cette ancienne forge, donnons la parole à Glady Monnier son petit-fils.

Ce n'est pas évident, pour moi, de refaire l'histoire de la forge à mon grand-père: Charles François Monnier fils de Charles François Monnier.
Quand je suis né, le 21.11.1935, mon grand-père avait 61 ans (né le 22.09.1874, décédé, le 02.01.1960).
En plus, mon inconscience juvénile est la source d'un désintéressement des activités de mon grand-père.
J'habitais au-dessus du village et lui au bas du village.
Le 11.08.1895 mon grand-père a obtenu un certificat de l'Armée suisse portant le titre de Maréchal militaire, il en était fier.
Selon un acte de vente notarié du 13.07.1908, mon grand-père a acheté de son père, le bâtiment de la forge et logement de 39 centiares ainsi que ses dépendances pour la somme de 1'000.-Fr.
 L’inventaire de la forge, selon l'acte de vente comprend: un vieil étau, une vieille enclume, un soufflet usagé, huit marteaux et étampes, et dix paires de pinces et tenailles.
Le tout pour une valeur de 75..- Fr, à déduire du prix de vente pour fixer le droit de mutation.
Il a travaillé dans sa forge tant que sa santé le permettait. Il souffrait de rhumatisme, d'arthrose et d'une opération à l'hôpital d'Orbe, pendant que sa fille, Sœur Nelly Monnier était Directrice de l'hôpital, d'une hernie dans le bas ventre mal supportée.   
Le 07.10.1961, un acte notarié de cession en lieu de partage entre les 5 sœurs et mon père prouve que mon père est devenu propriétaire de la forge.
Sans preuve, mon père a vendu la forge à Jean-Paul Egger (dit Pan-Pol)  en fin d'année1962- début d'année 1963 pour la somme de 4’000.- Fr.


Charles Monnier en 1948

Mes souvenirs de la Forge

Un local de 5m sur 5m, le sol rien de trop plat n'était que de la terre battue, le plafond fait de poutres et de planches toute noires. A droite en entrant, un établi fait d'une large planche de sapin épaisse de 4 à 5cm, occupait le mur côté route. Sur cet établi, boulonnée une perceuse à manivelle avec son volant horizontal en partie supérieur et face à la fenêtre un étau à queue. Depuis l'entrée, devant moi, se présentaient la presse à matricer, avec ses deux bras de commande supportant deux grosses boules de métal puis, plus loin, dans l'angle, sud-ouest du local, une dalle en pierre où était encastré le creuset du feu de forge. Dans l'autre angle, face au feu de forge, était pendu au plafond le volumineux et vieux soufflet craquelé et vétuste.
Pour suppléer au soufflet en 1908 déjà, mon grand-père avait acheté un ventilateur dont le moteur électrique fut le premier moteur à courant triphasé, installé au village. Sur la surface restante on pouvait voir l'enclume sur un tronc de bois, elle pesait 153 kg, une cintreuse, la meule en grès à manivelle et le tas (grosse masse métallique comportant des trous de différentes formes).

Je me rappelle d'avoir vu, mon grand-père, ferrer des chevaux, cercler des roues de char, façonner des ferrements pour le charron Henri Bovet, ressuer  des outils (pioches, burins haches, barres à mine), fabriquer son propre outillage.

Il ne connaissait pas le soudage électrique et oxy-acétylénique. Les soudures des cercles de char ou des taillants de hache étaient de la soudure au feu de forge.
Ça faisait des belles étincelles entre le marteau et l'enclume.

Encore une petite histoire à propos de l'enfance de mon père et la forge: Mon grand-père, maréchal militaire de l'armée suisse, fut mobilisé pour la préparation à la guerre 1914-1918. La forge était fermée et plus un sou ne rentrait pour alimenter la caisse du ménage. A 15 ans, mon père a pris l'initiative de se faire exempter de sa dernière année d'école pour s'engager à la "chocolatière d'Orbe".
Ses petits sous gagnés ont permis de nourrir sa maman et ses 5 sœurs. Mes tantes ont, toute leur vie, manifesté leur reconnaissance à l'égard de leur grand frère. J'ai toujours connu mon père en tant que patriarche de la famille.

Un beau jour de l'année 1962 la forge s'est trouvée vidée, vite fait bien fait, par un ferrailleur ou un voleur de passage. Une de mes tantes, Nelly ou Marguerite, a donné la clé de la forge à une personne intéressée. Mon frère a récupéré l'enclume pour la donner à son beau-fils, ferblantier à Domodossola. 

Ainsi se termine l'histoire de la forge à mon grand-père.


samedi 11 février 2012

Les anciennes forges d'Arnex


Anciennes forges d’Arnex

En 1725, quand Jean-Pierre Monnier d’Eclépens vend le moulin d’Arnex à Jean-Pierre Christin avocat à Orbe, le contrat note l’existence d’une forge attenante au moulin avec les outils servant à icelle.


La forge du moulin en 1725


Bien plus tard, le plan du village de 1808 note bien la forge communale, située à l’endroit de l’ancien Café de la Couronne.


La forge communale sur le plan de 1808

Si la forge figure bien sur le plan du village de 1808, le pressoir à côté de l’église ne viendra que dix plus tard en 1818.

Au XXème siècle
Les dernières forges du village se sont éteintes, mais quelques habitants du village se rappellent encore de nos derniers forgerons.
Charles Monnier (1874-1960) au bas du village, ainsi que Edouard Poget (1907-1997) et Edmond Mounoud, (1909-1997) avec son père qui se nommait aussi Edmond.


Au cours de leur existence, ces artisans ont fait preuve d’une grande mobilité professionnelle.
Maréchal-ferrant au départ, ils sont devenus installateurs sanitaires, mécanicien, vendeurs d’essence, réparateurs et vendeurs de machines agricoles.
Toutes ces forges ont peu à peu cessé leurs activités pour devenir des habitations, seule la forge à Poget a gardé une partie de son équipement.
Dans de prochains articles nous vous présenterons ces trois anciennes forges.