mardi 22 mai 2012

Les tourbières de Bavois en exploitation


Les tourbières de Bavois en exploitation

Ce chapitre a été rédigé par Glady Monnier qui avait déjà décrit l’ancienne forge de son grand-père au bas du village.

Il y a cent ans bientôt, la Société Anonyme des Laminoirs et Câbleries, (anc. Aubert, Grenier et Cie), Cossonay-Gare, se préoccupait de problèmes énergétiques.
La tourbe est un combustible apprécié à cette période de fin de la guerre de 14-18.

Pouvoir énergétique  de la tourbe :

1kg de tourbe                        7800-13800 kJ                  2.167-2.5 kW/h
1kg de briquettes de tourbe   16000-16800 kJ                  4.444-4.667 kW/h
1 kW/h= 3600 kJ

La S.A. des Laminoirs et Câbleries, Tourbières de Bavois décide d’ouvrir une exploitation d’extraction de tourbe entre Bavois, Orny et Arnex.


Quelques photos, des années 1919-1922, en sont le témoignage






La drague : Tour métallique supportant une chaine à godets pour extraire la tourbe à différentes hauteurs et pouvant se déplacer sur des rails en forme de U.





Depuis  la drague, la tourbe est chargée sur des wagonnets poussés par des hommes.




La tourbe arrive pour être compressée et finalement transformée en briques de tourbe.



Le produit fini en forme de prisme rectangulaire (40 x 20 x 100 cm = volume de 80 litres) était déplacé jusqu’au hangar de stockage  sur un chemin formé par deux câbles d’acier, parallèles, en forme d’une grande boucle, reposant sur des rouleaux de guidage.



L’atelier forge, Alexis Monnier troisième depuis la gauche porte son gros tablier
L’entretien et le bon fonctionnement des machines  étaient assurés par une petite équipe photographiée devant l’atelier-forge.




La photo de famille de la S. A. des Laminoirs et Câbleries, Tourbières de Bavois devant les bureaux, la cantine et l’atelier-forge.

De droite à gauche : Madame et Messieurs,

- A. Cottier, Ingénieur venant de l’usine de Cossonay–Gare.

- L. Bernard, Chef d’exploitation des tourbières,

- 3 Employés de bureaux (secrétariat, Comptabilité, Expédition),

- 1 Cantinière,

- 1 Maréchal- piqueur, (machiniste principal)

- 4 Chefs d’équip
e.



Texte et vieilles photos, de Glady Monnier, Arnex-sur-Orbe.



· Remarque : Mon père Alexis né en1898, était le maréchal-piqueur,
                    du 13 mars 1919 au 18 avril 1922.

                    Il est décédé en 1964


Les enfants que l’on voit sur certaines photos sont le fils du chef d’exploitation et celui de la cantinière.





Certificat de travail pour Alexis Monnier



Alexis Monnier poursuivra sa carrière au Service vaudois des routes comme conducteur de rouleau compresseur.


Alexis Monnier et une équipe préparant une route


Note  sur les risques du métier

En 1921, la fondation Carnégie attribue une médaille d'argent à Alfred Favre, ouvrier agricole né en 1903 pour avoir à deux reprises sauver des camarades en train de se noyer dans les tourbières de Bavois.
Repris de l'Impartial du 13 juillet 1921

Tourbières de Bavois : les achats de terrains de 1918


Les achats de terrains pour exploiter les tourbières de Bavois



Le dossier 632/503 déposé aux Archives cantonale par les Câbleries de Cossonay

En novembre 1918, la société de Laminoirs et Câbleries de Dornach et Cossonay acquière  16.8 ha au lieu-dit le Marais des Puits sur la Commune de Bavois pour le prix de fr 84'400.-.



Le Marais des Puits, tout en bas à droite

Cette importante surface est vendue par 23 propriétaires pour la somme de fr 4.50 la perche, ce qui correspond à fr 0.50 le m 2.
Le vendeur le plus important, François Carrel va toucher  fr. 10'228 fr, mais la plupart des ventes se situent aux environs de 3 à 4'000 fr.
Le prix est intéressant sachant qu’en 1924 la commune d’Arnex vendra 54 ha de marais à la SGG pour fr. 71'000.-, soit environ 13 ct le m


Actuellement le Marais des Puits se trouve sur la parcelle n°  107 du cadastre de la commune de Bavois.



Liste des achats de la Société des Laminoirs et Câbleries


Détail d'un acte de vente du 16 novembre 1918

  
Première page d’un acte de vente



Seconde page de l’acte de vente


Troisième page de l’acte de vente

Après ces achats, cette société va pouvoir exploiter la tourbe de ces parcelles.

J’ignore les raisons qui l’ont poussée à entreprendre cette nouvelle activité et quelle en fut la durée.
En 1923 la société devient la S.A. des Câbleries et Tréfileries de Cossonay, (entreprise dont la Câbleries de Cortaillod possède le 60% du capital).

Grace aux documents photographiques conservés par M. Alexis Monnier  travaillant comme maréchal-piqueur de 1919 à 1922 nous pourrons redécouvrir la façon dont on exploitait la tourbe de façon industrielle.
Notons aussi que d’autres sociétés exploitaient la tourbe de la plaine de l’Orbe, comme la Société coopérative de la tourbe, la STG, à Bavois et Chavornay.

Sur la commune d’Arnex
Cette société exploitera  environ 1 ha sur le territoire de la commune d’Arnex, mais résilie son contrat en 1921 de façon un peu abrupte.
Et à côté de ces entreprises, l’exploitation artisanale au louchet continue par endroit.
En 1872 déjà la commune d’Arnex mise l’exploitation de la tourbe et achète un louchet d’occasion.
Et de 1918 à 1921 on recommence à extraire ce combustible.

mardi 8 mai 2012

Vignes d'Arnex et ses manifestations viticoles


Manifestations viticoles d’Arnex-sur-Orbe


Balade gourmande

Organisée chaque année depuis 2007 par le groupement des vignerons d’Arnex, cette balade gourmande permet une double découverte.


Balade gourmande 2007

Avec tout d’abord un parcours balisé permettant de parcourir les différents vignobles du village et aussi de déguster tout au long du chemin, les spécialités des meilleurs restaurateurs de la région assurant  l’apéro, l’entrée, le plat principal, les fromages et les desserts.


L’équipe du Toucan en 2007

Accompagnés bien sûr des vignerons d’Arnex qui proposent leurs meilleurs crus aux participants.


Bernard et Maryline








Pour plus de détails sur cette manifestation, voici un lien
http://www.baladegourmande.ch/


En 2017, la balade fut un peu plus humide !

Ogay père et fils

Nicole et Bernard

Le repas principal en Fiche feu


Direction le Fond des Vaux

Avec le fromage, les crus de la Maison Rose et de Maryline





Une autre manifestation peut vous intéresser:


Le semi-marathon des Côtes de l’Orbe







Il y a quelques années, quelques gais lurons de la région découvrent le marathon du Médoc.

Séduit par l’idée, ils lancent en 2010, le premier semi-marathon des Côtes de l’Orbe.


Une manifestation sportive et conviviale qui voit s’élancer environ  800 à 1'000 marcheurs et coureurs.
Partant d’Arnex, vers Agiez, Montcherand, Valeyres, Rances, Orbe, ils traversent par monts et par vaux, les différents vignobles des Côtes de l’Orbe.
Pour la 5ème édition, un petit changement, le départ de la Désirée (1/4 de marathon) se fera à partir de  Rances.
Certains admirent les paysages, d’autres pensent aux courbatures ou aux concurrents à rattraper !
Choisissant selon leurs ambitions un demi ou un quart de marathon.

Alors si l’idée vous séduit, la cinquième édition est prévue pour 
  
le 13 septembre 2014


Et pour plus de détails, un clic sur :

Un petit coup d’œil sur 2013 :

http://youtu.be/29He2H9EmcE




samedi 5 mai 2012

Vignes d'Arnex, vendanges d'antan


Dans ses souvenirs, Charles Morel rappelle les vendanges d'autrefois.

Vendanges dans les années 1930-1945

Peu de récoltes présentent un aussi riche contraste que les vendanges. Travail pénible, mais aussi beaucoup de bonheur et de rires...
Une semaine avant, il faut sortir tout le matériel : tine, brantes, fouloir, seau en bois. Le tout est arrosé et nettoyé. Dans les années sèches ce n'était guère évident car le village manquait sérieusement d'eau. On imagine également le problème des cuisinières. Dès 1948, on a fait de nouveaux captages et la situation s'est améliorée.
Dès que le raisin était bien avancé en maturité, on mettait le vignoble à ban. Depuis ce moment, environ trois semaines avant les vendanges, les vignes étaient gardées par trois gardes armés de fusils pour effrayer les oiseaux. Plus personne n'était autorisé à entrer dans les vignes, même pas les propriétaires.
Une ou deux journées avant la levée des bans, les vignerons qui ne possédaient pas de pressoir pouvaient vendanger pour presser leur récolte chez un voisin ou un ami. A cette époque tout était pressé ou pressuré comme on dit au village. Le commerce achetait le moût.
Oui, les vendanges étaient pénibles. Avant d'avoir les chemins dans le vignoble, en 1932, tout se portait sur le dos : sulfate, brantes et fumier. Le personnel aussi devait beaucoup marcher pour arriver à la vigne.




Départ pour les vendanges

Ainsi, le porteur, la brante au dos fait un long trajet pour arriver près du char où est placée la bossette, longue futaille de 800 à 1200 litres. Là, il pose un moment sa brante sur les brancards, deux pièces en bois comme des poteaux qui supportent la bossette. Dès qu'il a repris son souffle, ils monte l'échelle et verse les 50 à 60 litres que contient sa brante. Par une ouverture en haut de la bossette, il se retourne et voit toute l'équipe des vendangeurs. Si c'est une bonne année, la récolte est abondante et le rythme s'en ressent. Le brantard aperçoit déjà un collègue qui quitte la vigne pour le même trajet que lui. Il comprend alors qu'il doit redescendre au plus vite.



Brantards à l'arrêt autour de la tine pour la photo !

Le porteur sait se donner du courage, il remonte vers l'équipe des cueilleuses en passant dans la ligne des plus jolies vendangeuses. La coutume est des plus intéressantes en effet, s'il découvre une grappe oubliée, il a le droit d'embrasser la vendangeuse coupable. Cet usage s'appelle le remolage. Parfois, c'était une fille moins jolie qui avait oublié la grappe et elle avait bien du chagrin en s'apercevant que c'est sa collègue qui se faisait embrasser... Il en sera toujours ainsi sous le soleil, même si les us et coutumes du flirt ont changé.


Pendant les vendanges, les équipes chantent souvent. Si elles sont proches, c'est le même chant, sinon des airs différents s'égrènent dans les coteaux. Le soir, les chars avec leurs bossettes sont avancés près de la Tine, grosse cuve en bois de 1000 à 1300 litres. On place sur la tine deux gros plateaux pour supporter le poids de la bossette. Plusieurs hommes avec de forts leviers, font tourner la bossette sur la tine. On tire rapidement la rafle qui bouche l'ouverture de la bossette avec un raclet. Comme la tine est placée près du pressoir et qu'un glissoir se trouve dans une ouverture du mur qui donne dans le pressoir, il suffit de verser la vendange avec des seaux dans le glissoir et le tour est joué!

Le pressoir est une belle pièce de granit prête à recevoir la vendange. On a placé dessus des claies d'un mètre de hauteur qui laisseront passer le moût mais retiendront la rafle. Le moût coule dans la cuve avec un joyeux clapotis et, rapidement des verres apparaissent sous le goulot en cuivre. Chacun apprécie. Après le souper, les vendangeuses envahissent le pressoir, les rires fusent. Le patron, figure grave, prend la sonde pour juger la qualité de sa production. Il sourit et annonce 71°oeclé, soit 9 à 10° d'alcool. Si la sonde n'avait pas été généreuse, il se serait retiré sans un mot.
Soudain un cri retentit "halte en haut" c'est quelqu'un qui est à l'oeil, il a vu que la cuve est pleine. Heureusement la pompe à manivelle est prête. Rapidement la cuve baisse et le tonneau monte. Un gros tonneau qui contient 12'000 litres, soit 3 jours de vendanges.

Tout est sur le pressoir, la rafle est égalisée. Une construction s'échafaude : 6 épais plateaux de la forme de la claie sont posés sur le pressoir, puis, en travers, quatre grosses poutres en sapin. On y ajoute encore deux grosses poutres en chêne mortaisées pour bien entourer la vis du pressoir. On fait descendre l'écrou pourvu de deux grosses brides, où prendra place la palanche en charmille ou en frêne de quatre à cinq mètres de long.




Pressoir,   mais pas celui du château !

On fixe le treuil au pressoir. Mécanique astucieuse que ce treuil avec des engrenages, des pignons à deux vitesses et un tour en bois vertical où s'enroulera la corde fixée à l'extrémité de la palanche.
Tout cela sera mis en marche, d'abord par un seul homme, puis par deux, à la manivelle.
Quatre navettes de la palanche font faire un tour à l'écrou. C'est de là que vient l'expression "j'ai fait un quart".
La rafle suffisamment serrée, on enlève tout le bois placé sur le pressoir, toute la masse est brassée avec un fossoir, et on recommence à presser.
A la deuxième pressée, on enlève les claies corbeilles et, avec un coupe-foin, on tranche 20 centimètres de large autour de la motte de marc, on l'émiette sur la motte, on balaie le tour et dessus sont replacées à nouveau planches et poutres. Après la troisième pressée, la motte sera sèche. Jusqu'à la fin de la guerre 1939-1945, le marc était vendu à des paysans du Jura où du Gros de Vaud, pour faire la piquette. Le marc était trempé dans de l'eau sucrée pendant environ 15 jours. Ensuite, le liquide était filtré et versé dans un tonneau avec un complément de sucre. Certains vignerons en faisaient aussi. Quand elle était fraîche, disons jusqu'en mars, cette piquette était buvable, mais sans plus.
Mon père faisait du doublé, un tonneau moitié moût et moitié eau avec 8 à 10 % de sucre. Agréable boisson pendant les travaux en plein air. Mais, nous avions aussi un tonneau de pur...

Après ces explications techniques, rejoignons l'équipe au pressoir.
La nuit est tombée depuis longtemps. On entend dans la cour des cris, des chants, de l'accordéon. Ce sont d'autres équipes qui viennent nous visiter, boire un verre, comme on dit et inviter nos jeunes à se joindre à eux pour aller danser à La Croix Blanche. Chez la tante Elise, on danse tous les soirs de vendanges, et ça dure bien dix jours.
Deux à trois hommes plus âgés restent au pressoir. Ce travail demande un suivi jusqu'à minuit, puis doit être repris à 5 h du matin.
Dès 1935, j'ai modifié le treuil du pressoir pour presser avec un moteur à essence. C'était le même que nous avions comme treuil de vigne.

L'essuie-tine est une farce traditionnelle, toujours réservée à un jeune garçon. L'essuie-tine, appelé aussi corbeau est un instrument bien réel. Il est en cuivre, sa forme ressemble au bec supérieur du corbeau, d'où son nom. Il contient environ deux litres. Lorsque la cuve est presque vide, on l'incline et, avec ce corbeau, on peut la vider complètement.
Dans la nuit, on envoie un jeune avec une hotte chercher l'essuie-tine chez un vigneron éloigné. Dans un sac, le vigneron met 40 à 50 kg de cailloux. Le retour est pénible et, à l'arrivée, la nombreuse assistance hilare fête le héros...Farce diversement appréciée par les victimes...
Dès les années 1980, les travaux de vendanges se sont transformés, principalement avec l'arrivée des bacs. Fini le temps des brantes en bois de 50 litres, et le foulage de la vendange à la vigne, oubliées les caisses en bois de raisins ronds qui coulaient sur les épaules des porteurs, les années où il y avait de la pourriture. Les bacs ont remplacé ce matériel.

Depuis le remaniement, la plupart des vignes sont devenues plus larges. L'espace entre les rangs a augmenté de plus d'un mètre. Cet écartement donne la possibilité aux tracteurs de passer entre les rangs pour le travail du sol, les traitements, le prétaillage et le cisaillage.

Même aux vendanges, certains passent dans les rangs avec le tracteur chargé d'un bac de cinq cents à six cents kilos. Ces bacs sont en aluminium ou en polyester. Dans les vignes très pentues ou étroites, le raisin est porté à la brante jusqu'au bac placé sur un char en bordure du chemin. Ces bacs sont conduits sur la place, puis chargés dans des camions avec un chargeur frontal placé devant un tracteur.
Une grande partie du personnel des vendanges est formée de frontaliers, main-d'oeuvre de qualité et très sympathique de surcroît. Chez nous, les porteurs reçoivent 100 Frs par jour, et les vendangeuses, 80 Frs, nourris logés. Cela les change des salaires français.

Sur la place, deux partisseurs enregistrent les chargements. Chaque bac est contrôlé à l'arrivée pour déterminer sa teneur en sucre. La vendange sera payée en trois versements.

vendredi 4 mai 2012

Vignes d'Arnex . La mise en valeur des raisins


Vignes d’Arnex : La mise en valeur des raisins

Avant le milieu du 19ème siècle, ce problème ne préoccupe guère les gens d’Arnex. La majorité des vignerons buvaient ce qu’ils produisaient !
Car, comme le révèle le cadastre de 1806, à cette époque,  ils possèdent à peine le quart du vignoble et le produit de leurs vignes sert essentiellement à leur consommation familiale.

Mais ce souci affecte bien les gros propriétaires, comme Mme Suzanne de Lerber–Glayre, qui doit écouler la production de ses 9 hectares de vigne.
Dans une lettre du 20 mai 1861 à la Municipalité elle déclare :
Les vins d’Arnex n’ont plus ni le débit, ni la réputation d’autrefois, les ventes sont très difficiles.

Un ancien propriétaire du château, Frédéric de Chaillet (1744-1817), a déjà eu de longs démêlés juridiques avec le bailli de Romainmôtier, vers 1780. Il semble que ce dernier ait eu l’exclusivité de la vente de vins durant le mois d’août sur les terres de son baillage. Mais de Chaillet, compte tenu des titres acquis avec le château, estimait avoir le droit d’en faire autant.
Malgré ses trois pages d’arguments, LL.EE. éconduisent sa demande. En 1786, de Chaillet doit encore faire face à la ville de Romainmôtier, qui veut l’assujettir à l’Ohmguelt, un impôt perçu par la seigneurie sur la vente de vin dans les auberges.

1922, du vin d'Arnex pour la Chaux-de-Fonds
En 1922, mon grand père Emile vendait 29'686 litres de vin par fûts et wagon citerne à la Société de consommation de la Chaux-de Fonds.




1922, vente de vin d'Emile Morel à La Chaux-de-Fonds pour 51.5 ct le litre



Et revendu à f r.1.30 la bouteille



Quelques annonces de l'Impartial et de l'Express


Un projet de cave au collège d’Arnex
Plus récemment, nous signalerons l’intention de la Municipalité, en 1935, d’installer, au sous-sol du collège, des cuves de stockage d’une capacité de 770 hectolitres pour un coût de 12.85 fr. l’hl : il s’agissait de faire face à la mévente des vins de l’époque.
Consécutivement à un accueil mitigé du Conseil général (35 oui contre 35 non), la Municipalité renonce à son projet, au grand soulagement du corps enseignant peu disposé à laisser les élèves respirer les vapeurs d’alcool montant du sous-sol…

La cave coopérative de 1948
La Cave coopérative d’Orbe et environs a été créée en 1948 sous la présidence de M. Besuchet d’Agiez ; Jacques Monnier lui succède de 1956 à 1985, et il est lui-même remplacé par son fils Jacques, puis par Yvan Monnier.
Cette cave regroupe actuellement une cinquantaine de membres, répartis sur une douzaine de communes bénéficiant de l’appellation « Côtes-de-l’Orbe ».

Cette appellation est apparue en 1949, dans le décret du 5 avril 1949  du Conseil d’Etat définissant les régions viticoles vaudoises.



Mais revenons à la création de cette coopérative qui a pris son temps entre 1934 et 1948.
En mai 1934 déjà, les vignerons de la région suivent avec intérêt un exposé de M. Boudry de Marcelin qui présente les avantages d’une cave coopérative pour la région.
En janvier 1935, la section d’Orbe et environs de la Fédération vaudoise des vignerons nomme un comité chargé d’étudier la construction d’une cave pouvant héberger un million de litres et dont le coût serait de fr.350'000.-.
Mais malgré cette décision, rien ne va bouger durant 13 ans.
Et ce n’est qu’en mai 1948, que les vignerons, réunis au restaurent de la Charrue à Orbe, relancent l’idée et nomment un Comité provisoire.
Cette fois, sans perdre de temps, ce Comité organise le dimanche 13 juin 1948, l’Assemblée constitutive de l’Association de la Cave d’Orbe et environs.

Annonce de l’Assemblée constitutive du 13 juin 1948

Et ce dimanche-là, 60 vignerons décident à l’unanimité la création de cette Association.
Le Comité prendra en main toutes les dispositions nécessaires pour assurer le logement de la récolte des membres.
Mais après quelques vagues projets de construction, comme par exemple aux Granges à Orbe, l’idée est abandonnée.
Une collaboration avec la cave de Bonvillars construite en 1948 permettra d’y renoncer.
Il est vrai aussi que la vente du raisin pour l’élaboration de jus ne nécessitait pas de stockage au niveau local




Site de la cave coopérative




Première étiquette de la Cave coopérative des Côtes de l’Orbe


Vers 1980

Les nouvelles étiquettes de 2013
La gamme de produits vendus s'est élargie.
Il a donc fallu redonner une ligne graphique plus homogène pour les différents crûs des 13 Coteaux.  


On on pèse les cuves au départ 

Nouvelles étiquettes de 2013
  Avant la création de la cave coopérative une grande partie du vin de la localité était achetée par la maison Bourgeois de Ballaigues. 



La maison Bourgeois fête ses 200 ans en 1990, mais devra cesser son activité cinq ans plus tard.

Il y avait aussi d’autres acheteurs, comme le montre cette photographie reproduisant une livraison de vin à Orbe par Alfred Baudat (1873-1939).
Certains acheteurs ont eu, semble-t-il, parfois grand peine à payer leur dû…


 Une livraison de vin à Orbe, à la rue Sainte-Claire


Les vignerons encaveurs
Il y a une vingtaine d’années, quelques jeunes vignerons décident de prendre en main la mise en valeur de leurs raisins et de se lancer dans l’encavage.
Une telle mutation exige de nouvelles installations, un solide savoir-faire et surtout la recherche d’une nouvelle clientèle.
D’autres vignerons font vinifier par des tiers une partie de leur récolte pour faire la vente directe de leur production sans investir dans du matériel d’encavage.
Grâce à ces nouveaux talents, les crus de l’appellation « Côtes-de-l’Orbe » ont pris une place de choix dans la gamme des vins vaudois, aux côtés de ceux de la Cave coopérative.
Ces efforts ont été couronnés ces dernières années par de nombreuses médailles.
Un article de l’OMNIBUS :

Quelques adresses :
Bovet Nicolas
Rte d'Orbe 24
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4413103

Cave Coopérative
d'Orbe et environs
Place du Village –
CP 22
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4413993


Cave des Murailles
Morel Landry et Raymond
Ch. du Château 5A
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4411079
ou: 079 3943744
Site Internet

Domaine de l'Orme
Jean-Daniel Gauthey
Rte de Pompaples 12
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4411264
ou: 079 7091710
Site Internet

Gauthey Bernard

Rue de la Dîme 2
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4411211
ou: 0794 636863
Lavenex André


Ruelle de la Forge 2
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél : 024 4417758

Monnier 
Jean-Jacques
Rte de Bofflens 9
1321 Arnex-sur-Orbe
Tél: 024 4411780
Monnier Pierre
Le Pré-Girard
1318 Pompaples
Tél: 021 8666269
Morel Yann
Chemin du Château 4
 1 321 Arnex-su-Orbe
Tél: 079 4012987

mardi 1 mai 2012

Vignes d'Arnex : les différents cépages


Les cépages cultivés à fin 2011 selon le registre cantonal des vignes

Si nous regroupons les 68.6 ha de vigne cultivés en 2011 sur le territoire des communes d’Arnex et d'Orbe, nous constatons que les cépages rouges occupent le 70% de nos coteaux et les blancs le 30 %.
Le Gamay est toujours largement en tête avec 26.2 ha (38%), suivi par les 19 hectares de Chasselas (28%).
Puis avec des surfaces très proches, 7 ha de Pinot noir, 6,7 ha de Garanoir et 5.5 ha de Gamaret.

Nous trouvons ensuite sur de faibles surfaces, toute une série de spécialités tel que :

Riesling x Sylvaner      0.9 ha                        
Cabernet franc              0.9 ha           
Pinot gris                      0.5 ha
Mara                             0.35 ha
Viognier                       0.2 ha       
Chardonnay                  0.2 ha
Plant Robert                 0.1 ha
Gewürztraminer           0.08 ha

Et avec moins de 700 m2

Syrah
Ancellota
Diolinoir
Pinot blanc
Muscat blanc
Chenin blanc   




Ces spécialités sont surtout cultivées par les vignerons encaveurs du village pour offrir un plus grand choix à leur clientèle.





Le Gamay reste le cépage le plus important de ce vignoble, il en est de même pour les Côtes-de-l'Orbe où il occupe 41.5% des 171 hectares de vignes de cette région.




Il faut aussi noter ces excellents rosés de gamay qui permettent d'écouler une partie de la production.
Combien ? Je l'ignore, seuls les acheteurs de la Cave coopérative pourraient le dire.




Ce rosé de gamay porte le nom poétique de Cicadelle.
Un peu étonnant quand on connait les ravages de cet insecte, principal agent de propagation de la flavescence dorée.


Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur cette maladie voici deux liens:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Flavescence_dor%C3%A9e

Et dans nos régions :

http://www.24heures.ch/geneve/la-cote/La-flavescence-doree-menace-nos-vignes/story/19456591




lundi 30 avril 2012

Vignes d'Arnex : propriétaires et exploitants


Les propriétaires de vignes d’Arnex

Ils sont environ 46 propriétaires à se partager le vignoble  d’Arnex et celui exploité sur la commune d’Orbe.
Parmi eux la commune d’Arnex, trois hoiries et une dizaine de dames.

Les surfaces par propriétaires sont très variables, allant de 0.1 ha à 9 ha.
La surface moyenne en propriété est donc de 1.45 ha par propriétaire.

Et sur ces 46 propriétaires, seuls 14 possèdent plus de 2 ha de vigne.
Tous ne sont pas exploitants, car une quinzaine de propriétaires donnent  leurs vignes en location à d’autres vignerons.
A ce jour, 24 exploitations viticoles environ sont encore actives au village d’Arnex.
Elles exploitent donc en moyenne 2.8 ha. de vigne.

En fait, la plupart des exploitations combinent agriculture et viticulture.


Cadastre d'une partie du vignoble situé sous le village