dimanche 9 septembre 2012

Des cigognes en visite


Des cigognes en visite

Un groupe d’une quinzaine de cigognes est arrivé vendredi 7 septembre à Arnex sur Orbe  
Pour bénéficier de la vue elles se sont installées sur une grue de chantier.


Grue du chantier de l’ancien battoir





Ou sur un silo,


Sur le silo de Jacques et Bernard Gauthey


Elles cherchent aussi quelques bestioles dans le champ voisin pour se nourrir.



  
Dans le pré de Jean-Marie Kesselring

Le samedi matin elles ont repris leur vol vers le sud, laissant la place aux premiers concurrents de la 3ème édition du Semi-Marathon des Côtes de l’Orbe.

mardi 4 septembre 2012

Agriculteur et paysagiste, ce n'est pas l'enthousiasme


Dans un article du 4 septembre 2012, le journal 24 H aborde la question.

En effet le projet pilote plaine de l'Orbe a été conçu pour préparer la mise en place de la future politique agricole, celle qui sera appliquée de 2014 à 2017.
Elle va être discutée tout prochainement par la Chambres fédérales.

Et ce qui gêne le plus les milieux agricoles ce ne sont pas ces mesures en faveur du paysage, mais le fait que leur financement va se faire au dépens d'autres mesures, en particulier de celles qui favorisent la production.

Et la mise en place de ces petits bancs ne les enthousiasment guère,


Partie de l'article de 24 H du 4.09.2012

Un autre article sur le même sujet

http://www.lematin.ch/suisse/paysan-paye-mettre-bancs-champs/story/14281254

Ou encore sur les ondes de Couleur 3
http://www.rts.ch/audio/couleur3/programmes/onde-de-choc/4242519-reportage-dans-une-exploitation-agricole-qui-applique-pleinement-le-principe-de-protection-du-paysage-prevu-par-la-politique-agricole-2014-2017-12-09-2012.html






lundi 3 septembre 2012

Des rosiers et des bancs pour admirer le paysage


Pour mieux admirer les paysages autour  de la plaine de l’Orbe

Les nombreux promeneurs qui parcourent la région en cette année 2012 ont découvert  quelques nouveautés étonnantes parmi les champs et les vignes.

Des rosiers au bout des lignes de vignes
Certes, ce n’est pas une nouveauté, il y a bien quelques années, Charles Monnier avait déjà planté quelques rosiers sur ses parchets de la Vaux-Vully et des Joncs et Louis François Monnier en avait fait de même à la Grêpe.
Mais au printemps 2012 on ne compte plus les rosiers plantés au bout des lignes de vigne.


 Une rose du Crêt Maunet



Cette mesure notée O2Mc, s’intitule « Renforcement des plantes jalons dans le vignoble ».
Elle vise à favoriser la qualité esthétique du vignoble en y ajoutant des plantes ornementales

De petits bancs pour se reposer.

En été sont encore apparus de nombreux petits bancs sur le territoire comunal.
Utiles pour se reposer et bien placés pour admirer le paysage.
Et il y en a de toutes sortes, du bien conçu à la variante un peu cheap.



Avec un arbre pour donner de l’ombre ces prochaines années


Avec un petit panneau explicatif pour ceux qui s’étonnent !



Avec une poubelle pour les restes de pique-nique





Deux variantes plastique blanc

Variante CFF, très résistante



Joli banc en Bulande, vers le sentier des cascades, mais attention à la poix avant de s’assoir !




Un autre banc plus rustique en Bulande, près de l'ancienne passerelle (détruite en 1981) qui traversait la voie et permettait  continuer son chemin vers Pompaples


Tous ces petits bancs ont vu le jour grâce à la mesure qui s’intitule : « Mise en place de placettes paysagères ».

L’exploitant met à disposition du public un coin de champ, ou à proximité d’une surface de compensation écologique, en l’aménageant avec un banc et en l’entretenant.
La surface doit être au moins de 20 m2.
La prairie doit être fauchée une fois par année afin qu’elle soit considérée comme une surface exploitée.

Autre mesure viticole :


Diminuer l’impact visuel des filets de protection du vignoble

Cette mesure vise à favoriser la mise en place de filets de protection latéraux entre véraison et vendanges.
Personnellement, les anciens filets colorés disposés sur nos vignes en automne ne m’avaient jamais choqué.
Notons tout de même que ce nouveau type de filet est moins dangereux pour les animaux.

  Filets verticaux protégeant  un parchet sis au Fond des Vaux




Filet vertical sur le dernier rang d’une vigne située juste sous le village

Agriculture et viticulture au service du paysage


Décidément, pour un agriculteur ou un viticulteur suisse, il devient de plus en plus difficile de comprendre ce que la population de ce pays attend de lui.
Depuis la nuit des temps, c’est sa fonction nourricière qui fut demandée et reconnue.
Puis, la demande impérative de protéger l’environnement va s’ajouter à la production de grains, de fruits, de lait et de viande .
Et voici qu surgit  une nouvelle demande, celle de créer un paysage agricole varié et agréable à visiter !

A l’avenir nos champs, vignes et vergers doivent bien sûr continuer à rester productifs avec la meilleure des qualités possible, respecter l’environnement, sa faune et sa flore, mais en plus ces étendues agricoles devront flatter le regard du promeneur et même offrir des lieux de repos pour admirer le paysage...

Et pour tester la mise en place de ce nouveau concept la Confédération finance la mise en place de quatre projets.
L’un d’eux se situe sur une partie de la plaine de l’Orbe et des coteaux environnants.

Le projet pilote « Plaine de l’Orbe »
Ce projet couvre une surface de 4'429 ha. Ce qui correspond à  3'460 ha de surface agricole utile (SAU) dont 3'460 ha de cultures prairies  et pâturages et 75 ha de vignes.
Il comprend des terrains sur neuf communes : Agiez, Arnex-sur-Orbe, Bavois, Bofflens, Chavornay, Croy, Orbe, Orny, Pompaples.

  Périmètre du projet

Thèmes majeurs de l’analyse de la situation
   1° La diversité paysagère
   2° La nature
   3° Les infrastructures
   4° La cohabitation
   5° L’identité
Et sans surprise, l’analyse de la région révèle que, si pour les agricultures les valeurs patrimoniales et productives sont les plus importantes, pour les non agriculteurs ce sont les valeurs écologiques, patrimoniales et de loisir qui priment.
Il a donc été décidé d’entente avec l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) de viser trois objectifs dans ce projet.

  1° La valorisation de la production dans un paysage varié
  2° Le maintien et le renforcement des éléments boisés pour un  paysage nuancé et renforçant
  3° L’aménagement pour la mobilité douce pour un paysage accueillant.

1° La valorisation de la production dans un paysage varié
Actuellement les prestations écologiques requises (PER) pour avoir droit aux paiements directs jouent déjà un rôle très important.
Mais pour renforcer cet objectif, le projet prévoit des mesures supplémentaires suivantes :
Des rotations de cultures plus variées, des couverts végétaux fleuris en interculture, des cultures colorées.
Dans le vignoble, la pose de filets de protection latéraux contre les oiseaux est encouragée.

2° Le maintien et le renforcement des éléments boisés pour un paysage nuancé et renforçant

Quatre mesures sont proposées dans ce chapitre.
*Le maintien de plantes jalons par une indemnité pour les rosiers déjà existants en bout de ligne de vigne.
*Le maintien des arbres isolés et des alignements d’arbres pour maintenir les éléments structurant le paysage.
Mais aussi le renforcement des plantes jalons par de nouvelles plantations ainsi que la mise en place d’arbres le long des anciens chemins et voie historiques.

3° L’aménagement pour la mobilité douce pour un paysage accueillant

Pour favoriser la mobilité douce dans cette région on a recensé les itinéraires déjà référencés actuellement comme la balade viticole des Côtes de l’Orbe et en plus des circuits de promenade villageois ont été identifiés.
Et le long de ces itinéraires le projet prévoit la mise en place de bordures fleuries de 3 mètres de larges ainsi que de « placettes paysagères », soit un coin de champ aménagé avec un banc.
Une mesure ayant  pour but, je cite, de créer des zones de contemplation et d’observation du paysage…



Itinéraires de mobilité douce et placettes paysagères (en jaune)

Avec pour terminer cet article, un dessin de Michel Berger, dit Mibé qui illustre toutes les mesures prévues dans ce projet pilote.

Je ne lui ai pas demandé d'autorisation, mais il pardonnera sans doute son ancien prof d'économie rurale !!







Source : Rapport du projet pilote Contributions à la qualité du paysage
Morges, le 16 avril 2012
Service de l'agriculture

lundi 16 juillet 2012

Métiers disparus


Métiers ayant disparu du village


Dans d'autres articles de ce blog, nous avons déjà évoqué le dernier tisserand, la fin des deux forges du village, la fermeture de la poste et des différentes épiceries,.
Mais en regardant les films tournés par Jean-Pierre Vonnez sur la vie du village, dans les années 1950, on est surpris d’y retrouver la présence de toute une série d’autres  métiers, ayant également  disparus.

Citons
          Les chefs de gare
          Le charron
          Le cordonnier
          Le crieur public


Les chefs de gare
Le dernier s’en est allé vers 1958.


 Quand les trains ne partaient pas sans le signal du chef de gare


Le charron
Henri Bovet  (1890-1973) fut le dernier charron du village.




Le charron Henri Bovet filmé par J.-Pierre Vonnez


Ancien atelier du charron Henri Bovet

Henri Bovet avait son atelier à côté de l’ancien magasin de la Coopé, une maison transformée et habitée actuellement  par la famille Larqué.



Le cordonnier
Félix Gozel (1916-1969) avait créé son établi de cordonnier dans la maison occupée actuellement par son neveu Jean-Daniel.


Félix Gozel filmé au cortège de l’Abbaye de 1953



L’atelier de cordonnier a été transformé en garage par son neveu



Le crieur public
« Avis à la population… »


Alphonse Monnier dit FonFon (1887-1961)  crieur public

Le crieur public faisait le tour du village pour annoncer une coupure d’eau, une communication urgente de la Municipalité ou pour signaler qu’une bête était débitée à l’abattoir.
Une façon de se répartir la viande à l’époque où les congélateurs n’étaient pas encore là.
Le premier congélateur collectif  ne fut installé  qu’en 1958 dans le bâtiment de la fromagerie.

La cloche du crieur public repose maintenant à la salle de Municipalité !

jeudi 24 mai 2012

La fin des tourbières d'Orny


La fin des tourbières d’Orny en 1921

Après la fin de la première guerre mondiale en 1918 les frontières s’ouvrent à nouveau , les échanges commerciaux reprennent peu à peu.
La Suisse peut à nouveau s’approvisionner en charbon et l’intérêt de la tourbe disparait.
L’exploitation de ce combustible cesse et les terrains seront revendus aux agriculteurs d’Orny.

Une première vente en 1920
Le 26 novembre 1920 le Conseil municipal de Genève ratifie la convention passée entre la Ville de Genève et MM Charles David Louis Pavillard et Henri Louis Michaud pour la vente de parcelles de terrains sises sur la commune d’Orny.

Le solde en 1921
Un an plus tard, le 9 septembre 1921, on liquide le tout avec une perte de fr. 50,000.-

Le document suivant se trouve aux pages  159-162  de :

Séance du 9 septembre 1921

Rapport de la Commission des Services industriels chargée d'examiner la proposition du Conseil administratif pour la vente de terrains situés dans la Commune d'Orny, canton de Vaud.

M. Fulpius, excusant M. Boissonnas, absent, excusé, donne lecture du rapport et du projet d'arrêté suivants :

Messieurs les Conseillers,
Vous avez déjà voté l'automne dernier la vente de deux parcelles à détacher des terrains que la Ville avait achetés en 1918 dans la commune d'Orny pour y exploiter de la tourbe.
Depuis lors, presque toutes les tourbières de la Suisse ont cessé leur exploitation, par suite de la baisse du prix des combustibles de bonne qualité.
La Société Coopérative Suisse de la Tourbe qui avait entrepris l'extraction des tourbières de Bavoux,(sic) est entrée en liquidation le printemps dernier et la Ville a renoncé à utiliser sa propre tourbière dans le courant de cette année.
Dans ces conditions, il était rationnel de chercher à réaliser nos terrains d'Orny, dont la possession ne présente plus aucun intérêt pour nous.
L'exploitation de notre tourbière a procuré à la Ville les quantités de tourbe suivantes :
En 1918          1375 tonnes
En 1919          1604 tonnes
En 1920          1977 tonnes
Total               4956 tonnes

Soit au total la quantité relativement importante de 4956 tonnes.

Si nous envisageons dans son ensemble l'opération que nous avons fait, en achetant une tourbière à Orny, nous devons reconnaître qu'elle a été peu brillante au point de vue financier, attendu qu'elle solde par un déficit approximatif de fr. 50.000. Néanmoins nous estimons que la Ville a eu raison de faire ce sacrifice qui se justifiait par la nécessité d'assurer la production du gaz à un moment où les arrivages des combustibles étrangers présentaient des difficultés extrêmes et menaçaient même d'être suspendus complètement.
La Commission des services industriels a pris connaissance des conditions de vente envisagées pour nos terrains et a reconnu qu'elles sont acceptables dans les circonstances actuelles; elle vous engage donc à les ratifier et à approuver en même temps la vente pour le prix de 150 fr. de la parcelle N° 117 qui restait seule propriété de la Ville et que le Conseil administratif sur la demande de la commission a pu vendre à M. Misseiller,(sic) agriculteur à Orny.

PROJET D'ARRÊTÉ

Le Conseil Municipal,
Vu les conventions intervenues par devant Mes F.-L. Michaud et M. Guibert, notaires à La Sarraz, canton de Vaud, les 23 février, 1er juin et 4 août 1921, entre la Ville de Genève et 1° M. Henri-Louis Michaud, originaire d'Orny, y domicilié, et 2° M. Henri-Emile Messeiller, originaire d'Orny, y domicilié, pour la vente à ces derniers d'immeubles sis dans la dite commune.

Commune d'Orny :

 À M. Henri-Louis Michaud, commune d'Orny
Aux Prés Mottey        130   ares
Aux Sescènes             271.3 ares
Aux Fringuets             320   ares

Le tout, pour le prix de fr. 7.121.75

À M. Henri Emile Messeiller
Aux Saugeons                        45.6 ares

Pour fr 150.- seulement ! (Mais on ne précise pas l’état de la parcelle.)


Sur la proposition du Conseil administratif,

ARRÊTE :
Article unique
Les susdites conventions sont ratifiées et le Conseil administratif est autorisé à passer les actes définitifs de vente.

La discussion est ouverte en premier débat.
Personne ne demande la parole.
Le Conseil décide de passer en deuxième débat et vote sans discussion l'article unique du projet.
Un troisième débat n'étant pas réclamé, l'arrêté est voté dans son ensemble et déclaré définitif.
M. le Président. Je remercie le rapporteur et les membre de la commission.


Les tourbières d'Orny pour le gaz


Les tourbières d’Orny ou la ruée sur la tourbe vers 1918 !

INTRODUCTION
Dans un article précédent nous avons décrit l’exploitation de la tourbe de Bavois par la société des Laminoirs et Câbleries de Cossonay sur la commune de Bavois au lieu-dit Le Marais des Puits.
On sait qu'à cette époque d’autres sociétés étaient actives dans la Plaine de l’Orbe.

De la tourbe pour fabriquer du gaz de ville
Grace aux procès-verbaux de la ville de Genève de 1918 à 1922, nous découvrons de façon détaillée, les débuts et la fin de l’exploitation de la tourbe sur la commune d’Orny.
Les terrains achetés se situaient aux lieux dits : Aux Prés Motthey, Aux Fringuets, Aux Sesènes et Aux Saugeons.
Soit en face du Marais des Puits de la commune de Bavois
Dans sa séance du 30 avril et du 3 septembre 1918, le Conseil municipal de la ville de Genève accepte le projet d’exploitation de la tourbe pour la fabrication de gaz.
Nous reprenons ici-bas l’intégralité du texte.
Remarque préliminaire
Dans ces lignes les genevois parlent des tourbières de Bavois, en fait, lors de la revente des terrains, on constate que celles-ci étaient situées sur la commune d’Orny

Document recopié des pages 54 à 61 de :

Conseil municipal de la ville de Genève

SÉANCE DU 3 SEPTEMBRE 1918

Neuvième objet à l'ordre du jour.
Proposition du Conseil administratif relative à l'exploitation des tourbières de Bavois

M. Gampert, au nom du Conseil administratif, dépose le rapport et le projet d'arrêté suivants déjà distribués :

  
Messieurs les: Conseillers, 
Le Conseil municipal a dans sa séance du 30 avril 1918, voté un crédit de 105,000 fr. pour l'acquisition d'une tourbière dans la plaine de l'Orbe, (près de Bavois, et pour l'établissement des installations nécessaires à son exploitation, Une demande que le Conseil administratif avait présentée dans la .même séance d'un crédit de 180,000 fr. afin de permettre à la Ville de participer avec l'Etat à une entreprise de tourbières au Pont et aux Charbonnières, dans la Vallée de Joux, avait été renvoyée à l'examen d'une commission spéciale.
Les propositions qui avaient servi de base à cette demande de crédit ayant été, ensuite du vote du Conseil municipal, retirées par le promoteur de l'entreprise, la Commission) ne fut pas réunie et le projet n'eut pas de suite. La nécessité absolue de .se procurer dies quantités aussi considérables que possible de tourbe en vue de la production du gaz, et l'approbation donnée par le Conseil municipal à l'exploitation de Bavois, engagèrent le Service du gaz à développer cette entreprise plus que cela m'avait été prévu au début et à concentrer sur elle son activité dans ce domaine.
Le plan primitif soumis au Conseil municipal prévoyait l'acquisition d'une surface de terrain de 50,000 mètres carrés environ) dans la plaine de l'Orbe, entre Bavois et Chavornay, à proximité de la ligne du chemin de fer.
Les tourbières du Pont et des Charbonnières: ne pouvant plus entrer en ligne de compte, nous cherchâmes à étendre les achats de terrains: tourbiers près de Bavois. Cette extension de notre propriété nous assurait une quantité de tourbe beaucoup plus considérable, permettait une exploitation plus: rationnelle, et assoirait la disposition d'une surface de .terrain assez vaste pour permettre d'étendre la tourbe et de la faire sécher. En outre, quelques propriétaires: nous ont obligés, à acheter, en plus des terrains dont nous avions un besoin immédiat, d'autres parcelles qui n'avaient pas un intérêt direct pour nous. C'est ainsi que nous avons été amenés à acquérir de 17 propriétaires différents, une superficie de terrain de 93,700 mètres camés qui, à raison: de 40 à 55 centimes le mètre carré, représentent une valeur de 45,000 fr. Le Service du gaz se trouvera ainsi en possession, d'une propriété qui lui assurera une quantité importante de tourbe de bonne qualité, facilement exploitable.
Les expériences faites pendant les premiers mois étant insatisfaisantes, et d'autre part la situation générale du marché des charbons faisant prévoir que nous aurons encore besoin pendant longtemps de la tourbe comme combustible accessoire, nous avons estimé qu'il serait prudent de préparer dès maintenant l'extension à donner à cette exploitation. Selon toutes prévisions elle devra être poursuivie et augmentée encore en 1919 et 1920. Les installations que nous serons appelés à faire devront donc, ainsi que nous l'avons dit précédemment, être amorties en 3 ans.
Les résultats obtenus jusqu'ici justifient l'extension que nous proposons de donner à cette exploitation et permettront au Conseil municipal de se prononcer, mieux encore qu'il n'a pu le faire lors de notre première demande de crédit.
L'exploitation a commencé le 15 mai dernier au moyen de deux louchets à main. Les installations n'ont fonctionné d'une manière complète que depuis les derniers jours du mois de juin. Le printemps prochain, si le temps le permet, le travail pourrait commencer dès le 1er avril.
Les champs de tourbe ont une profondeur moyenne de 5 à 6 mètres. La tourbe extraite est de bonne qualité ; elle a en moyenne 15'% de cendres, teneur calculée sur la matière sèche. Après avoir été malaxée par la machine, elle donne un produit dur et compact qui peut être transporté facilement dans les fours par les appareils mécaniques de l'Usine à gaz, ce qui est un grand avantage et une supériorité sur le bois dont la manutention est difficile et coûteuse.

Les sous-produits de la distillation de la tourbe sont, il est vrai, peu importants et peu rémunérateurs.
Si le coke produit se compose principalement de poussier, on peut briqueter celui-ci avec du brai et obtenir ainsi uni combustible intéressant. D'après nos calculs, nous estimons que le gaz de tourbe nous revient environ 1 1/4 fois plus cher que le gaz de houille, au prix actuel du charbon, en déduisant dans, les deux cas la valeur des sous-produits. Le gaz de bois  coûte plus cher.
I1 a été expédié, au 26 août, 405 tonnes de tourbe sèche, c'est-à-dire contenant 25 à 30 % d'eau. Les expéditions vont continuer ; nous les augmenterons le plus possible. L'été très beau et chaud a beaucoup facilité l'extraction de la tourbe et activé son séchage. Par les beaux jours la tourbe sèche suffisamment dans l'espace de 18 à 20 jours et elle peut être transportée après ce délai.

Nous produisons à Bavois 120 à 130 mètres cubes de tourbe humide par jour de travail de dix heures, ce qui correspond à 25 tonnes de tourbe sèche environ. Nous sommes obligés de céder à Etat de Vaud, le quart de notre production, que nous vendons au prix fédéral, soit à 66 fr. la tonne de tourbe malaxée contenant au maximum 45 % d'eau et de cendres.
Nous ne connaissons pas encore exactement, le prix de revient, mais il sera certainement inférieur au prix de vente ci-dessus mentionné.
Le prix de revient dépend d'ailleurs en grande partie de la manière dont on calculera l'amortissement des installations. Si nous voulons, par exemple, amortir en trois ans les installations devisées à 175,000 fr. et si nous extrayons 1,000 tonnes de tourbe sèche en 1918, puis 2,500 en 1919 et 2,500 en 1920, nous trouvons que l'amortissement de ces 6,000 tonnes de tourbe sèche représente 29 fr. par tonne.
Il est difficile de calculer le prix de revient d'exploitation au milieu de la saison ; si ce prix est peut-être un peu élevé cette année, à cause d'un certain nombre de frais et surtout à cause de la production réduite de cette année, il baissera sans doute sensiblement l'année prochaine.
Les installations actuelles comportent : deux louchets à main, qui ne sont utilisés que comme réserve, un louchet mécanique et ses accessoires, fourmis par une maison, de Lausanne, un malaxeur et ses accessoires provenant de la maison Bühler frères, à Uzwil, une série de wagonnets, les uns pour transporter les boudins de tourbe mouillée à partir du malaxeur jusqu'à l'emplacement d'étendage, une seconde série de wagonnets pour le transport de la tourbe sèche, puis quelques centaines de mètres de voies de 600 mm d’écartement, avec aiguilles et plaques tournantes, enfin trois baraques servant l'une de cuisine, la seconde de réfectoire, la troisième de dortoir, avec toutes les installations intérieures nécessaires, telles que chaudières, marmites, ustensiles de cuisines, tables, bancs, vaisselle, literie, pour 30 ouvriers, pompe à eau, lavoirs pour le personnel, etc.
Un puits installé à proximité de notre chantier fournit de l'eau potable ; cette eau a été analysée par le Laboratoire d'hygiène du canton de Genève, et trouvée bonne.
Toutes ces installations fonctionnent à notre satisfaction et, comme mous avons voulu développer notre production, de tourbe, nous avons été amenés à les augmenter dans une .certaine mesure. Nous avons en outre l'intention d'établir sur nos terrains, un hangar en bois de 12 x 32 = 384 mètres carrés destiné à loger environ 300 tonnes de tourbe sèche avec plan, incliné, voie et treuil actionné par un petit moteur électrique, pour permettre d'entasser, sans trop de frais, la tourbe dès que celle-ci est suffisamment sèche. Ce hangar est devisé à 20,000 fr. avec ses accessoires.

En outre, nous construisons à l'usine à gaz de Châtelaine, un autre hangar également en bois, le long d'une des voies à charbon vers la clôture nord de l'usine, pour loger la tourbe que nous recevons et dégager ainsi le magasin à charbon. La tourbe prend beaucoup de place et il est nécessaire de la remiser à l'abri de la pluie. Ce hangar s'étendra à l'usine sur une longueur de 101 m. et une largeur de 7 m. 25. Couvert en tuiles (comme celui de Bavois), il est devisé à 16,800 fr.

Le total des dépenses déjà effectuées ou à effectuer encore, est le suivant :

Terrains (93,700 mètres carrés)                                                      Fr. 45,000


Deux louchets à main                                                                     »   3,500
Louchet mécanique avec accessoires                                              » 12,500
Malaxeur Bühler avec accessoires                                                   » 14,600
Deux moteurs électriques pour ces deux machines,
l'un de 23, l'autre de 4 HP, avec transformateur                               »   9,500
Lignes et installations électriques                                                     »   9,600
Wagonnets destinés au transport de la tourbe mouillée                    »   2,900
Wagonnets basculeurs destinés au transport de la tourbe sèche        »   4,000
Rails, plaques tournantes, etc.                                                          »  2',500
Trois baraques pour la cuisine, le magasin, le réfectoire,
 et le dortoir                                                                                     »  15,000
Installations inférieures de ces baraques, soit batterie de cuisine
et literie pour 30 hommes, mobilier, lavoirs, tuyauterie d'eau, etc. -  » 10,500
Hangar à installer sur la tourbière à Bavois                                        » 20,000
Hangar à construire à l'usine à gaz de Châtelaine                               »  16,800
Dépenses imprévues                                                                         »  8,6000
'                          Total.                                                    Fr. 175,000

Le crédit voté par le Conseil municipal étant de 105,000 fr., c'est donc une somme de 10,000 fr. que nous demandons aujourd'hui comme complément au crédit précédent.
Nous vous demandons, en conséquence, Messieurs les Conseillers, de voter l'arrêté suivant :


PROJET D'ARRÊTÉ

Le Conseil municipal, Sur la proposition du Conseil administratif,

ARRÊTE :

ARTICLE PREMIER
Il est ouvert au Conseil administratif un crédit de 70,000 fr. pour extension des tourbières à Bavois, canton de Vaud, et pour développement de leur exploitation.

 ART. 2.
Cette somme sera portée au compte du Service du gaz.

ART. 3.
Il sera provisoirement pourvu à ces dépenses au moyen de rescriptions à émettre au nom de la Ville de Genève jusqu'à concurrence de- la susdite somme de 70,000 fr


ART. 4
Le Conseil d'Etat est prié de bien vouloir présenter au Grand Conseil, en temps opportun, un projet de loi autorisant cette émission de rescriptions.

ART. 5
Le Conseil administratif est autorisé à passer les actes authentiques d'achat de (terrains.
Le Conseil décide de renvoyer cet objet à la Commission des Services industriels.
Une préconsultation est ouverte pour les recommandations à lui adresser.

Personne ne demande la parole.



Malaxeur Bühler, photo tirée de la collection de M. Alexis Monnier