samedi 10 novembre 2012

Une usine électrique sur la Venoge


Une usine électrique sur la Venoge vers la fin du 19ème siècle

Vers 1896, Louis Huguenin (1872-1931), un industriel de la Sarraz et son cousin Emile projettent et construisent une usine électrique sur le cours de la Venoge, un peu en dessus de la Tine de de Conflens, en dessous de Ferreyres, près du confluent du petit ruisseau de la Voualève.
Édifiée sur la rive gauche de la rivière, elle se trouvait donc sur le territoire de la commune de Chevilly.
Dans la genèse de cette usine il faut aussi noter en 1896 le rachat d'une concession sur la Venoge à Daniel Michaud qui exploite un atelier près de l'actuel café de la Tine.
Ce dernier touchera cinq mille francs, plus l'énergie électrique nécessaire à son atelier.
En outre, il sera chargé de la surveillance nocturne de l'usine pour un salaire de fr.1200 par an.
Mais il semble qu tout ne fut pas très  simple entre La Société électrique de la Venoge et Daniel Michaud comme le montre le document suivant.
Mais j'ignore la cause du différend.




Convocation à une Assemblée générale extraordinaire le 27 octobre 1905



Le petit pont de la route de Chevilly sur la Venoge

Les cartes Siegfried de 1903 à 1912 notent  précisément l’emplacement de cette usine.


Carte Siegfried avec l’usine notée en dessous de Ferreyres

Le livre retraçant l’histoire d’Eclépens signale que, le 26 mars 1896, la Municipalité préavise favorablement et à l’unanimité à une demande de M. Huguenin à La Sarraz pour établir la lumière électrique dans la localité. Le 8 décembre le Conseil général donne son accord pour l’installation de l’électricité et aussi du téléphone qui sera installé à l’Auberge communale.
L’inauguration de l’éclairage public eut lieu le 3 décembre 1897 :
« Toute la localité a salué avec satisfaction ce nouveau mode d’éclairage qui ne laisse rien à désirer tant pour la bonne lumière que pour l’installation. »
Deux ans plus tard, le 11 février 1899, la Gazette de Lausanne donne le compte rendu suivant de l’Assemblée générale de la Société :
La Sarraz.- La Société électrique de la Venoge a eu le 21 janvier son assemblée générale.
Le rapport présenté par le Conseil d’administration constate ce qui suit :
Les espérances des fondateurs de la société se sont réalisées. Une partie du district a été fournie en de lumière électrique et de forces motrices à des conditions avantageuses pour les abonnés. L’amortissement des installations a été assuré. Un intérêt normal a été payé aux capitaux engagés dans l’entreprise, toute idée de spéculation étant écartée les prix auxquels la société livre l’énergie électrique sont des plus bas.
Le coût des installations existantes au 30 septembre s’est élevé à 243'863 fr.25. Une somme de 16'200 fr est prévue pour l’achèvement du réseau. Le prix d’installation s’élèvera à une somme de 260'000 fr.
A cette somme viendra s’ajouter l’établissement d’une machine à vapeur de la force de 150 chevaux devisée à 40’00 francs.
Cette machine est destinée à suppléer à la force hydraulique pendant les périodes de sécheresse et à remplacer complètement les turbines si un accident les empêchait de fonctionner.
La société a pu disposer d’un capital action de 115'000 francs et d’un capital-obligation de 100'000 fr soit un total de 215'000 fr. Il manque une somme de 85'000 fr. L’assemblé a décidé d’émettre de nouvelles actions qui seront très prochainement offertes en souscription publique
La conduite d’amené d’eau a 1502 m de tuyau de ciment de 83 cm de vide et 530 m de tuyau en tôle d’acier de 60 cm de vide. Le débit peut être de 850 litres par seconde.
A l’usine génératrice sont installés deux groupe de turbines et dynamos d’une puissance de 175 chevaux chacune et demandant à pleine charge 400 litres par seconde. Le débit moyen de la Venoge pendant huit à dix mois est de 600-650 litres par seconde ce qui donne une force de 260 à 280 chevaux.
L’énergie est distribuée dans huit communes par des lignes aériennes d’une longueur d : 18 km de haute tension à 5’200 volts et 10 km de basse tension à 120 volts.
Les fils ont une longueur de 54 kilomètres et de 37 kilomètres.
Au 30 septembre dernier : 146 abonnés, 1119 lampes et 17'388 bougies.
Les abonnement signés font une recette de 23'500 fr par an, les frais d’exploitation étant de 7'500 fr., l’intérêt des obligations de 4'000 fr et l’amortissement de 4'000 fr au minimum il restera une somme de 8’000fr environ soit le 4% du capital nouveau porté à 200'000 fr comme cela a été décidé par l’assemblée générale.

(Note :
Notons aussi que l'usine électrique des Clées qui utilise l'eau de l'Orbe, plus importante que celle de la Venoge doit aussi en 1906 construire à Yverdon une usine à vapeur de renfort de 500 CV)
Quelques années plus tard, en 1907, l’usine de la Venoge alimentait  12 communes, 290 abonnés avec  2404 lampes et distribuait la force à 40 moteurs représentant une force de 299 HP.
Les recettes atteignent 45'735 fr et les dépense se montent à 28'268 fr.
Le résultat est considéré comme satisfaisant compte tenu de la sécheresse extraordinaire de l’an passé (1906)  et de la grande quantité de combustible qu’il a fallu brûler pour suppléer au défaut d’eau.


Une autre description de l’histoire de cette usine figure dans :

Les vieux moulins du Pays de Vaud et d’ailleurs, de Pierre Delacrétaz
A l’aube de l’ère nouvelle.
Entre Moiry et Ferreyres, le vallon de la Venoge se resserre. C’est sur ce parcours que la rivière accuse la plus forte pente. Cette particularité n’allait pas échapper aux hommes nouveaux qui allaient renouveler les méthodes en matière d’utilisation de l’énergie hydraulique.
Tout alla très vite dans les dix dernières années du 19ème siècle lorsque l’électricité partit à la conquête du monde. Un an avant que les câbleries Aubert et Cie ne s’installent à l’Islettaz, la Société électrique de la Venoge, avec siège à La Sarraz, est fondée en février 1897. Elle va utiliser la force hydraulique de la Venoge en créant une prise d’eau sous Moiry. Le cadastre de 1839  (1) surchargé au crayon indique le barrage, la conduite d’amenée et ses regards jusqu’à la limite communale avec Ferreyres. Cette conduite d’abord en tunnel sur 151 mètres,  puis en tuyaux de ciment de 85 centimètres de diamètre a une longueur totale de 1502 mètres jusqu’à la chambre d’eau, dernier vestige encore debout aujourd’hui. De là, une conduite forcée en tuyaux de tôle d’acier enterrées conduisait 700 litres par seconde à l’usine électrique 43 mètres plus bas.
De cette usine située sous Ferreyres, au confluent de la Voualève et de la Venoge, il ne reste rien. Deux turbines et deux génératrices de 175 CV à 500 tours par minute chacune fournissaient le courant à tour de rôle, un groupe étant toujours en réserve.
Le 1er janvier 1898, la fée électricité gagnait La Sarraz, Eclépens, Chevilly, Dizy, Cossonay, Penthalaz, Daillens, Penthaz, Ferreyres et le Moulin Bornu par un circuit triphasé primaire à 5 200 V et de 19,9 kilomètres de longueur.
Seize transformateurs abaissaient la tension à 125 V dans un circuit secondaire de 17,8 kilomètres. Cela permit de faire briller 1284 lampes à incandescence et tourner 10 moteurs totalisant 94 CV.
La grande sécheresse de 1898 obligea à construire une machine à vapeur de réserve pour suppléer au manque d’eau. Elle pouvait être couplée directement à l’une ou l’autre des génératrices
Avec le siècle, la région de la Venoge entrait dans une ère nouvelle.
Ø  1 ACV GB 66/c2.
Ø  2 « Drehstrom-Anlagen » : Installation pour la distribution de force motrice et de lumière électrique de La Sarraz. Oerlikon-Zurich, 1901.


L’usine électrique et la cheminé de la machine à vapeur

     
Salle des turbines et génératrices


Extrait du cadastre de 1898

Vers 1907, rachat de l'usine par la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe

En août 1907, la Gazette de Lausanne signale :
Industrie électrique
Sous réserve de la ratification des actionnaires, l’Usine et toutes les installations de la Société électrique de la Venoge  ont été vendues à la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe.

Nouvelliste du 22.08.1907
 LAUSANNE Sociétés électriques.
Les actionnaires de la Compagnie vaudoise des Forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe étaient convoqués, mercredi après-midi, en assemblée générale extraordinaire dans la magnifique salle du Conseil général de la Banque cantonale vaudoise à Lausanne, aux fins de se prononcer sur une convention conclue avec la Société électrique de la Venoge, pour le rachat de toutes les installations de celle-ci. Etaient présents 11 actionnaires représentant 1605 actions donnant droit à 705 voix. M. Luc Decoppet, président du Conseil d’administration, présidait. A l’unanimité des 705 voix, la convention a été ratifiée sans discussion.
Par cette convention, la Société électrique de la Venoge cède à la Compagnie vaudoise des Forces motrices, à partir du 1er octobre 1907, pour le prix global de 350’000 fr. la concession d'eau que le Conseil d’Etat lui a accordée le 1er juillet 1896, le barrage, la canalisation, l’usine et ses machines servant à l'utilisation de  cette convention, les conventions et contrats passés avec douze communes pour la fourniture de l’énergie électrique, les lignes de distribution primaire et secondaire, etc. La Société des Forces motrices de Joux s’engage à continuer les contrats en cours aux mêmes conditions, mais elle se réserve de les dénoncer à leur échéance pour les mettre en concordance avec ses propres tarifs.
La Société électrique de la Venoge n’en conclura pas de nouveaux sans en référer à la Compagnie de Joux.
Un droit de préférence pour le rachat éventuel de l’Usine de Ferreyres et certains avantages particuliers sont faits à MM. Louis et Emile Huguenin à La Sarraz. L’assemblée des actionnaires de la société électrique de la Venoge a déjà ratifié la même convention.




Mais il faut attendre le 26 juin 1909 pour que la Gazette  écrive :
Forces de Joux.
Dans leur assemblée de mai dernier les actionnaires de la Compagnie vaudoise des forces motrices des lacs de Joux et de l’Orbe ont autorisé le Conseil d’administration de la société à contracter un emprunt de deux millions de francs destiné à couvrir la Banque cantonale vaudoise des avances qu’elle a faite pour la construction de l’usine de Montcherand et pour l’achat et la réfection des installations de la Société électrique de la Venoge et pour l’extension de son réseau.

Et  pour terminer cette page de l’histoire industrielle de la région, il faudrait encore décrire la fin de son activité et indiquer quand furent détruits les bâtiments  (qui ne figurent déjà plus sur la carte Siegfried de 1926).
Selon Charles Affolter la conduite forcée fu démontée vers 1914 pour récupérer le métal, mais pour le moment pas d'indications plus précises


Les ruines actuelles le long de la Venoge en automne 2012
Actuellement on peut encore voir le barrage et sa prise d'eau en dessous de Moiry.
La chambre d'eau au début d ela conduite forcée en métal et quelques ruines, derniers reste de l'usine sur les berges de la Venoge.


Le tracé de la conduite du barrage à l'usine


Le barrage de la concession de 1896


La prise d'eau de l'usine et sa grille sur la rive gauche de la Venoge

La chambre d'eau : arrivée de la conduite en tuyaux de ciment et départ de la conduite forcée en métal




Intérieur de la chambre d'eau : à gauche la petite vanne de purge, au fond départ de la conduite forcée, à droite arrivée de l'eau par les tuyaux en ciment

Notons aussi qu'il subsiste encore quelques regards entre le barrage et la chambre d'eau.



Ancien regard sur la conduite reliant le barrage à la chambre d'eau

Les restes de l'usine

Et cinq cents mètres plus bas, sur la rive droite de la Venoge, il ne subsiste que quelques vieux pans de murs, quelques briques de la cheminée et deux ou trois boulons perdus dans la végétation



Quelques vieux murs perdus dans la végétation


Et de vieux boulons encore bien solides parmi les feuilles


Vers une nouvelle centrale ?

En 2009, dans son travail de diplôme à la heig-vd, Nicolas Ecknauer étudie les possibilités d'implanter une mini centrale sur cette rivière.

http://www.google.ch/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&frm=1&source=web&cd=1&ved=0CCQQFjAA&url=http%3A%2F%2Fiese.heig-vd.ch%2Ffr-ch%2FEnseignement%2FLists%2FListe%2520des%2520travaux%2520de%2520diplmes%2FAttachments%2F13%2Fa2009_ecknauen.pdf&ei=uOCsUPfQOsrIsgahqYDoDA&usg=AFQjCNH78895piOB8yekIOBArjZt-ffPIQ&sig2=UzD7mehGVGir2E-jDvXRAg


Il étudie trois variantes, mais ne parle guère des éventuelles réactions des protecteurs inconditionnels de notre fleuve cantonal..


Une autre utilisation de l'eau de la Venoge à Ferreyres

En revenant de la Tine de Conflens, vous avez sans doute été intrigué par cette petite tour qui dépasse le toit de ce pâté de maisons.





Ancienne tour incorporée dans des maisons


Haut de la tour


Plan de la tour figurant dans les archives de Ch. Affolter

Selon Ch. Affolter la turbine entraînée par les eaux de la Venoge et placée au bas de la tour actionnait le roue supérieure.
Cette dernière était reliée par un câble d'environ 200 m aux machines d'un petit atelier sis un peu plus haut, vers l'ancien Café de la Tine qui a fermé ses portes récemment.


Ancien café de la Tine

Je n'ai pas d'autres renseignements sur cette installation et sur l'atelier qui utilisait son énergie


jeudi 1 novembre 2012

L'usine à chaux des Grands-Crêts au dessus de Vallorbe


L’usine à chaux des Grands-Crêts au-dessus de Vallorbe

Sur ces anciennes cartes postales de Vallorbe un groupe de bâtiments blancs, sur la gauche, perdus dans la forêt, attirait mon attention.







Après quelques recherches, il fut assez facile d’identifier l’ancienne usine à chaux des Grands-Crêts.



Convocation à l'Assemblée générale de 1908

Un peu de publicité pour ses produits :


En 1902 dans le journal La Liberté






En 1904 dans la Gazette de Lausanne




Un livre relatant l’histoire de Vallorbe note :

« De 1870 à 1933, aux Grands-Crêts, fonctionne une usine produisant des chaux silosées éminemment hydrauliques servant à la fabrication du ciment.
On en voit encore les ruines ».


Carte Siegfried de 1934





La géographie illustrée du canton de Vaud (1927) note :

Grands-Crêts. 887 m.
Usine pour la fabrication de chaux hydraulique à 1,2 km S.-O. de Vallorbe. L’emplacement s’appelait autrefois le Plan du Chalet, nom qui figure encore sur l’atlas Siegfried.
8 bâtiments, dont 5 constituent les usines, silo et places d’extinction, avec 6 fours. L’exploitation de la matière première se fait dans une carrière située au-dessus de l’usine, avec laquelle elle est reliée par une vois funiculaire.
On exploite la pierre hydraulique en souterrain.




Ces galeries souterraines existent encore et ont allumé la curiosité des spéléologues qui en ont fait l’inventaire complet ces dernières années.

Ils ont également réalisé un site fort bien fait qui décrit l’histoire de cette usine et présente le plan des diverses galeries abandonnées :


L’activité de cette usine cessera en 1933 et les bâtiments d’exploitation seront dynamités en 1942.

Autres photos des anciennes galeries :

http://www.shimbawa.ch/mulo/2006/200606-mine/index.php



Concernant la fin de l'activité de cette usine (1933)  après une fusion avec la Société des chaux et ciments de la Suisse romande, en 1919, l'Encyclopédie vaudoise commente ainsi la chose :





Rumeur de fermeture en 1925, déjà
C'est la Gazette de Lausanne du 27 août 1925 qui le signale, je cite :
"Mise au point
M. Alfred Glardon, ingénieur, administrateur délégué de la Société des Usines des Grands-Crêts et membre du Conseil d'administration de la Société des chaux et ciments de la Suisse romande nous écrit : Dans son numéro 233 du 24 août la Gazette de Lausanne annonce que la Société des chaux et ciments de la Suisse romande a décidé la fermeture momentanée des Usines des Grand-Crêts, fabrique de chaux hydraulique à Vallorbe et en indique les motifs.
Le Conseil d'administration de la société précitée n'a, jusqu'à ce jour, pris aucune décision à ce sujet.
Nous avons soumis cette lettre à notre correspondant de Vallorbe qui y répond en ces termes :
Nous sommes particulièrement heureux que les renseignements que nous donnions se révèlent en partie erronés ou du moins exagérés. les ouvriers de l'usine qui avaient reçu quelques avertissements ont répandu cette fausse nouvelle."

Accident de travail
Des accidents de travail se produisent aussi à l'usine
Ainsi le 24 décembre 1900 la Gazette de Lausanne signale que :

Vallorbe
Vendredi matin à l'Usine de Chaux des Grands Crêts un ouvrier italien Pietro Conti àgé de 22 ans voulant remettre sur sa poulie une courroie tombée a été saisi par l'arbre de transmission faisant plus de trois cent tours à la minute. Son vêtement de forte toile a malheureusement résisté et , bien que les machines aient été de suite  arrêtées, il a été entraîné dans le mouvement rotatif de l'arbre et a succombé presque instantanément à des lésions internes.



Ce qui l’en reste en 2012

Quelques entrées des anciennes galeries





Comme déjà dit, l’accès à ces anciennes galeries est réservé à des spéléologues expérimentés.

Pour cette raison la Municipalité de Vallorbe a préféré en interdire l’accès.




Ruines des anciens bâtiments dynamités en 1942


Et voici le seul bâtiment ayant survécu après la fin des activités de l'usine.


Ancien bâtiment de l'usine du four à chaux, juste en dessous de la ligne de chemin de fer Le Day-Le Pont

Avril 2020

Selon sa propriétaire actuelle, lorsque l'usine  était en activité, le rez de cette élégante bâtisse abritait les laboratoires.

A l’étage se trouvaient les appartements du directeur et du contremaître.

Je connaissais enfin l’origine de ce bâtiment qui m’a longtemps intrigué.
Et je découvrais pourquoi une telle bâtisse avait été construite au milieu des bois de Vallorbe.

Mais une autre carte postale me posait un problème, celle ci :




Mais selon M. Brouze, boulanger et fin connaisseur de l'histoire de Vallorbe, ce bâtiment situé en dessous de celui qui existe encore a été détruit.
Il a donc disparu du paysage comme l'usine.
C'est peut-être le bâtiment dont la destruction est décidée par la commune de Vallorbe en 1944.
 ( Voir Archives de la Feuille d'avis de Lausanne (FAL) du 30.12.1944).

Le même article signale la vente du bâtiment  existant  pour Fr. 7'500.- avec 1350 m2.

Production de champignons
En 1945 la commune loue une galerie (sans doute la N° 2 des spéléologues) pour y produire des champignons. 
La location sera  de fr.500.- pour la première année et fr.1'200.- pour les suivantes.
(FAL du 2.5.1945)
J'ignore quelle fut la durée de l'exploitation.
Mais il en reste quelques vestiges bien cachés dans la dite galerie.

La recluse des Grands-Crêts
La FAL du 10 mars 1965 signale ce fait un peu insolite, je vous laisse lire l'article.



Qui était cette dame et qui était son compagnon ?
On ne le saura peut-être jamais.
Il faut dire que l'endroit se prête bien à une vie un peu solitaire.

dimanche 9 septembre 2012

Des cigognes en visite


Des cigognes en visite

Un groupe d’une quinzaine de cigognes est arrivé vendredi 7 septembre à Arnex sur Orbe  
Pour bénéficier de la vue elles se sont installées sur une grue de chantier.


Grue du chantier de l’ancien battoir





Ou sur un silo,


Sur le silo de Jacques et Bernard Gauthey


Elles cherchent aussi quelques bestioles dans le champ voisin pour se nourrir.



  
Dans le pré de Jean-Marie Kesselring

Le samedi matin elles ont repris leur vol vers le sud, laissant la place aux premiers concurrents de la 3ème édition du Semi-Marathon des Côtes de l’Orbe.

mardi 4 septembre 2012

Agriculteur et paysagiste, ce n'est pas l'enthousiasme


Dans un article du 4 septembre 2012, le journal 24 H aborde la question.

En effet le projet pilote plaine de l'Orbe a été conçu pour préparer la mise en place de la future politique agricole, celle qui sera appliquée de 2014 à 2017.
Elle va être discutée tout prochainement par la Chambres fédérales.

Et ce qui gêne le plus les milieux agricoles ce ne sont pas ces mesures en faveur du paysage, mais le fait que leur financement va se faire au dépens d'autres mesures, en particulier de celles qui favorisent la production.

Et la mise en place de ces petits bancs ne les enthousiasment guère,


Partie de l'article de 24 H du 4.09.2012

Un autre article sur le même sujet

http://www.lematin.ch/suisse/paysan-paye-mettre-bancs-champs/story/14281254

Ou encore sur les ondes de Couleur 3
http://www.rts.ch/audio/couleur3/programmes/onde-de-choc/4242519-reportage-dans-une-exploitation-agricole-qui-applique-pleinement-le-principe-de-protection-du-paysage-prevu-par-la-politique-agricole-2014-2017-12-09-2012.html






lundi 3 septembre 2012

Des rosiers et des bancs pour admirer le paysage


Pour mieux admirer les paysages autour  de la plaine de l’Orbe

Les nombreux promeneurs qui parcourent la région en cette année 2012 ont découvert  quelques nouveautés étonnantes parmi les champs et les vignes.

Des rosiers au bout des lignes de vignes
Certes, ce n’est pas une nouveauté, il y a bien quelques années, Charles Monnier avait déjà planté quelques rosiers sur ses parchets de la Vaux-Vully et des Joncs et Louis François Monnier en avait fait de même à la Grêpe.
Mais au printemps 2012 on ne compte plus les rosiers plantés au bout des lignes de vigne.


 Une rose du Crêt Maunet



Cette mesure notée O2Mc, s’intitule « Renforcement des plantes jalons dans le vignoble ».
Elle vise à favoriser la qualité esthétique du vignoble en y ajoutant des plantes ornementales

De petits bancs pour se reposer.

En été sont encore apparus de nombreux petits bancs sur le territoire comunal.
Utiles pour se reposer et bien placés pour admirer le paysage.
Et il y en a de toutes sortes, du bien conçu à la variante un peu cheap.



Avec un arbre pour donner de l’ombre ces prochaines années


Avec un petit panneau explicatif pour ceux qui s’étonnent !



Avec une poubelle pour les restes de pique-nique





Deux variantes plastique blanc

Variante CFF, très résistante



Joli banc en Bulande, vers le sentier des cascades, mais attention à la poix avant de s’assoir !




Un autre banc plus rustique en Bulande, près de l'ancienne passerelle (détruite en 1981) qui traversait la voie et permettait  continuer son chemin vers Pompaples


Tous ces petits bancs ont vu le jour grâce à la mesure qui s’intitule : « Mise en place de placettes paysagères ».

L’exploitant met à disposition du public un coin de champ, ou à proximité d’une surface de compensation écologique, en l’aménageant avec un banc et en l’entretenant.
La surface doit être au moins de 20 m2.
La prairie doit être fauchée une fois par année afin qu’elle soit considérée comme une surface exploitée.

Autre mesure viticole :


Diminuer l’impact visuel des filets de protection du vignoble

Cette mesure vise à favoriser la mise en place de filets de protection latéraux entre véraison et vendanges.
Personnellement, les anciens filets colorés disposés sur nos vignes en automne ne m’avaient jamais choqué.
Notons tout de même que ce nouveau type de filet est moins dangereux pour les animaux.

  Filets verticaux protégeant  un parchet sis au Fond des Vaux




Filet vertical sur le dernier rang d’une vigne située juste sous le village

Agriculture et viticulture au service du paysage


Décidément, pour un agriculteur ou un viticulteur suisse, il devient de plus en plus difficile de comprendre ce que la population de ce pays attend de lui.
Depuis la nuit des temps, c’est sa fonction nourricière qui fut demandée et reconnue.
Puis, la demande impérative de protéger l’environnement va s’ajouter à la production de grains, de fruits, de lait et de viande .
Et voici qu surgit  une nouvelle demande, celle de créer un paysage agricole varié et agréable à visiter !

A l’avenir nos champs, vignes et vergers doivent bien sûr continuer à rester productifs avec la meilleure des qualités possible, respecter l’environnement, sa faune et sa flore, mais en plus ces étendues agricoles devront flatter le regard du promeneur et même offrir des lieux de repos pour admirer le paysage...

Et pour tester la mise en place de ce nouveau concept la Confédération finance la mise en place de quatre projets.
L’un d’eux se situe sur une partie de la plaine de l’Orbe et des coteaux environnants.

Le projet pilote « Plaine de l’Orbe »
Ce projet couvre une surface de 4'429 ha. Ce qui correspond à  3'460 ha de surface agricole utile (SAU) dont 3'460 ha de cultures prairies  et pâturages et 75 ha de vignes.
Il comprend des terrains sur neuf communes : Agiez, Arnex-sur-Orbe, Bavois, Bofflens, Chavornay, Croy, Orbe, Orny, Pompaples.

  Périmètre du projet

Thèmes majeurs de l’analyse de la situation
   1° La diversité paysagère
   2° La nature
   3° Les infrastructures
   4° La cohabitation
   5° L’identité
Et sans surprise, l’analyse de la région révèle que, si pour les agricultures les valeurs patrimoniales et productives sont les plus importantes, pour les non agriculteurs ce sont les valeurs écologiques, patrimoniales et de loisir qui priment.
Il a donc été décidé d’entente avec l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) de viser trois objectifs dans ce projet.

  1° La valorisation de la production dans un paysage varié
  2° Le maintien et le renforcement des éléments boisés pour un  paysage nuancé et renforçant
  3° L’aménagement pour la mobilité douce pour un paysage accueillant.

1° La valorisation de la production dans un paysage varié
Actuellement les prestations écologiques requises (PER) pour avoir droit aux paiements directs jouent déjà un rôle très important.
Mais pour renforcer cet objectif, le projet prévoit des mesures supplémentaires suivantes :
Des rotations de cultures plus variées, des couverts végétaux fleuris en interculture, des cultures colorées.
Dans le vignoble, la pose de filets de protection latéraux contre les oiseaux est encouragée.

2° Le maintien et le renforcement des éléments boisés pour un paysage nuancé et renforçant

Quatre mesures sont proposées dans ce chapitre.
*Le maintien de plantes jalons par une indemnité pour les rosiers déjà existants en bout de ligne de vigne.
*Le maintien des arbres isolés et des alignements d’arbres pour maintenir les éléments structurant le paysage.
Mais aussi le renforcement des plantes jalons par de nouvelles plantations ainsi que la mise en place d’arbres le long des anciens chemins et voie historiques.

3° L’aménagement pour la mobilité douce pour un paysage accueillant

Pour favoriser la mobilité douce dans cette région on a recensé les itinéraires déjà référencés actuellement comme la balade viticole des Côtes de l’Orbe et en plus des circuits de promenade villageois ont été identifiés.
Et le long de ces itinéraires le projet prévoit la mise en place de bordures fleuries de 3 mètres de larges ainsi que de « placettes paysagères », soit un coin de champ aménagé avec un banc.
Une mesure ayant  pour but, je cite, de créer des zones de contemplation et d’observation du paysage…



Itinéraires de mobilité douce et placettes paysagères (en jaune)

Avec pour terminer cet article, un dessin de Michel Berger, dit Mibé qui illustre toutes les mesures prévues dans ce projet pilote.

Je ne lui ai pas demandé d'autorisation, mais il pardonnera sans doute son ancien prof d'économie rurale !!







Source : Rapport du projet pilote Contributions à la qualité du paysage
Morges, le 16 avril 2012
Service de l'agriculture