vendredi 14 février 2014

Suchy et son Château Ravenel

Suchy et le château Ravenel
Quelques mentions, mais peu de vestiges…

Ce dictionnaire historique de Martignier et de Crousaz date de 1867, il note pour Suchy :



En 1905, parait dans la Revue historique vaudoise (RHV), sous la plume de Marc Henrioud un article intitulé :
La communauté et les gens de Suchy jusqu’au XVIIIème siècle.
Dans cet article Marc Henrioud expose ce que l’on connait à l’époque de l’histoire du château Ravenel


On y trouve aussi un petit croquis situant l’emplacement du château.

Emplacement du Château Ravenel à Suchy

Le Dictionnaire géographique de la Suisse paru en 1908 chez Attinger mentionne ce bâtiment  dans l’article consacré à la commune de Suchy :
A 1 km N.E du village, entre deux ravins, un refuge devait exister croit-on  au temps de Helvètes. On voit encore un reste de parapet. On suppose qu’un château du nom de Ravenel fut construit plus tard, mais on ignore l’époque de sa fondation et de sa destruction.
En 1921, le Dictionnaire historique du canton de Vaud d’Eugène Mottaz reprend de façon presque intégrale le texte de Marc Henrioud paru dans la RHV de 1905
A quelques minutes du village, du côté de Belmont se trouve un promontoire allongé entre deux petits ravins d’où descend le ruisseau des Combes. L’entrée de ce promontoire est défendue par parapet artificiel très visible. L’emplacement fortifié était probablement un refuge helvète.
Dans la même enceinte fut élevé plus tard le château Ravenel qui devait être déjà ruiné au XIVème siècle, puisque les gens de Suchy devaient en cas de péril aller chercher refuge au château de Belmont. Différentes armes ou médailles ont été trouvées autrefois sur cet emplacement.
En 2014 la base de données archéologiques vaudoises contient juste ces quelques mots :

Promontoire allongé entre deux petits ravins. L'entrée était protégée par un fossé et un parapet artificiel détruits dans les années 1970. Il s'agit d'un refuge d'origine probablement celtique.

Situation actuelle en 2014


Parcelle 322, ancien emplacement du château Ravenel

Actuellement cette parcelle 322 appartient à la commune de Suchy et comprend
4’933 m2 de forêts et 13'355 m2 de champs.



Extrémité sud de la parcelle, au bord de la route conduisant de Suchy à Belmont en 2014





En automne 2017 une pelle mécanique a commencé à gratter le talus.
J'ignore encore qui et pourquoi...



Concernant le parapet, en 2014  la responsable du service archéologique nous avait signale que :
Au sujet de Ravenel, il n'y a malheureusement eu aucune investigation sur ce site depuis le début du 20ème siècle. En 1980, des collaborateurs de notre service ont constaté que le fossé qui barrait l'éperon avait été remblayé. Les représentants de la commune de Suchy ont confirmé qu'il avait été comblé avec les sédiments pris sur place, provenant probablement du parapet qui bordait le fossé.


Vue du site en direction de Belmont


Extrémité nord de la parcelle 322

Cette parcelle triangulaire est assez particulière. En effet, elle est bordée sur ces deux côtés par deux ravins assez profonds de 20 à 30 m.
Le ravin côté Suchy étant le plus profond.
Le sommet du triangle est en forêt. On y trouve un tertre séparé du champ par un petit fossé.

Petit tertre boisé en forêt


Cette parcelle repose sur un massif de molasse qui apparaît sur les bords du ravin

Banc de molasse au bas de la falaise

Voir aussi : Anciens refuges en terre vaudoise de Lucien Raboud dans RHV 2024 page 11.



jeudi 6 février 2014

Les cloches du village d'Arnex

Les cloches d’Arnex sur Orbe

Chacun connait les « Trois cloches »  de Gilles, chantées par Gilles, par Edith Piaf avec les Compagnons de la Chanson, par Micheline Calmy-Rey et bien d’autres…


Une chanson qui a aussi été traduite en différentes langues.

Mais connaissez-vous les quatre cloches du village d’Arnex ?
La plus ancienne date de 1530, elle est accrochée dans le clocher de l’église.
Depuis 1965, elle est accompagnée par deux autres collègues inaugurées le 24 janvier 1965.
La quatrième est celle du clocher, elle fut hissée en 1740.

Les cloches de l’église


Clocher de l’église rénové en 2007


Les trois cloches de l’église

A gauche celle de 1530                       Au centre celle d'Ernest Bühlmann                                 A droite celle de Marius Bovet

La cloche de 1530


Grace à un moulage réalisé par le pasteur Maire et transmis à Paul Bissegger, il a été possible de déchiffrer son inscription, soit :
Ihus : maria    anno domini millesimo       quingentesimo           vicesimo decimo.
C'est - à-dire -: Jésus Marie, l’an du Seigneur mille cinq cent vingt dix (soit 1530).


Moulage de l’inscription réalisé en 1990

Cette cloche date bien de 1530. Est-elle à Arnex depuis cette date ?
C’est possible, mais la preuve n’existe pas.

Les deux autres cloches de l’église
En 1954 est créé le fonds des cloches.
Ce fonds sera alimenté durant quelques années par Ernest Bühlmann (1892-1975), fromager, par le Syndicat agricole et par la Commune pour une somme totale de 1'000 fr. par an.
En 1964, ce fonds est augmenté grâce à  la participation de Marius Bovet (1896-1965). Il permet, pour un devis de 15'000 fr., l’achat de deux nouvelles cloches et l’électrification des sonneries.

Les inscriptions de ces deux nouvelles cloches sont :
o     sur celle de Marius Bovet :                 Soyez toujours joyeux ;



o     sur celle d’Ernest Bühlmann :             Veillez et priez.


La sonnerie de midi est assurée par cette cloche de l’église qui est la plus grosse des trois



La cloche du milieu qui sonne chaque jour à midi


La cloche du clocher


Ce clocher a été édifié en 1740 au centre de la rue principale du village.
Les comptes communaux de cette année-là nous donnent tous les détails concernant le coût de la construction de cet édifice.
Ainsi la cloche et l’horloge sont fournies par M. Broccard d’Orbe pour le prix de 816 florins.


Coût de la cloche et de l’horloge dans les comptes de 1740

Malheureusement, cette première cloche, fondue je ne sais où, n’était sans doute pas de très bonne qualité, car douze plus tard, soit en 1752, on constate qu’elle est fêlée.
Il faut la dépendre et Aimé Devenoge (1694-1770) est chargé de la mener à Jougne, puis chez le sieur Livramont à Pontarlier où elle sera fondue.
(Note : Durant le 17ème et le 18 ème siècle, les sieurs Livramont ont produit de nombreuses cloches pour le Pays de Vaud et Fribourg).
Dans l’aventure, notre cloche va gagner quelques kilos passant de 140 à 174 kg.
Il en coûtera 377 florins à la commune, soit 202 pour la refonte et 175 florins pour le poids supplémentaire.
Pour bien marquer l’événement on fait apposer sur la nouvelle cloche les armes des Thomasset et celles des seigneurs d’Arnex, (les armoiries du village ne furent créées qu’en 1922).



Armes de la famille Thomasset


Vue du haut du clocher en direction des Alpes

Si la montée jusqu’en haut du clocher ne vous effraie pas trop : vous pourrez lire aussi ce commentaire sur la cloche :
Cette cloche a été fondue en 1752 pour la commune d’Arnex à la réquisition de noble et généreux Etienne Louis Thomasset, lieutenant baillifval et châtelain de Romainmôtier, ancien gouverneur d’Arnex et de monsieur le juge et justicier Gauthey moderne gouverneur de l’honorable commune.

Une inscription complétée par ces quelques vers :
     Je compte les heures du jour
     Chacun à son devoir j’appelle
     Mais qu’on se souvienne toujours
    D’être trouvé bon et fidèle.



Inscription sur la cloche de 1752

De retour au village, le 1er mai 1752, la nouvelle cloche est rependue après avoir reçu un nouveau battant et un nouveau marteau pesant 14 livres, soit 6.8 kg.
Cette brave cloche a finalement fort bien traversé les siècles et sonne encore aujourd’hui les heures du jour et de la nuit, même s’il est vrai que maintenant elle se repose un peu : depuis 1964, ce sont les cloches électriques de l’église qui sonnent midi et non plus notre ancien boulanger Victor Bolomey.
Notons qu’avant les lubrifiants modernes, on utilisait de l’huile d’olive ou de noisettes pour graisser les articulations des cloches et les axes des horloges.



jeudi 9 janvier 2014

En 1604, Hans Rudolf Horn achète une grande maison à Georges François Thomasset

Qui a construit la maison de maître appelée aujourd’hui « Château d’Arnex » ?

Dans l’article consacré aux propriétaires successifs de ce bâtiment, j’avais noté en 1604 la vente par Georges François Thomasset de sa grande maison à Hans Rudolf Horn, bailli de Romainmôtier.
Mais il m’était difficile d’affirmer qu’il s’agissait bien du Château.
Après avoir demandé à Madame Amélie Isoz de faire une transcription complète de l’acte de vente déposé aux Archives cantonales, il me semble maintenant assez plausible d’identifier cette maison.

Mais qui était Georges François Thomasset ?
Grace à Benjamin Baudraz, nous connaissons mieux l’histoire de cette famille publiée dans les Bulletins généalogiques vaudois de 2004 et 2005, sous le titre « Les Thomasset, famille vaudoise de petite noblesse rurale (1335-1959) ».
Georges François Thomasset était le fils de Jaques Thomasset et Jeanne Crinsoz, sa sœur Marguerite épousera Egrège Pierre Monney, notaire à Eclépens et sera à l’origine de la branche des Monnier bourgeois d’Arnex.
Georges François est né peu avant 1586.
Il deviendra gouverneur de Romainmôtier et châtelain.
En 1602, il épouse Pernette Louise du Villard et aura deux ou trois filles et un garçon.

Et Hans Rudolf Horn ?
Hans-Rudolph Horn (15..-1623) est bailli de Romainmôtier de 1601 à 1607, mais aussi membre des Deux-Cents en 1593, secrétaire du trésorier français, greffier à la cour d’Appel du Petit Conseil en 1601 et 1619, gouverneur d’Aigle en 1611, ambassadeur auprès du roi Henri IV de France en 1594 et auprès des III ligues en 1621. On ne lui connaît qu’une fille, Elisabeth.
En 1604, H. R. Horn acquiert les biens de Suzanne Mousequin, femme de Zacharie d’Arnay. En 1611, il va encore acquérir d’autres droits de Marguerite Monney, fille de Jaques Thomasset, donc sœur de Georges François  et comme déjà dit, épouse d’Egrège Pierre Monney, notaire d’Eclépens .


En 1612, M. Horn est admis dans la Bourgeoisie de la Communauté d’Arnex

Mais revenons à Hans Rudolph Horn dont la fille Elisabeth épouse Samuel Freudenreich (1596-1643), fils de Peter, qui fut notaire, membre des Deux Cents en 1621, gouverneur de Payerne en 1626, du petit Conseil en 1639 et intendant des bâtiments en 1642. Leur fils Samuel (1631-16..) se mariera deux fois, mais n’aura pas de descendants.
Devenue veuve, Elisabeth épouse en secondes noces Hans-Georg Imhoff (1596-1657), veuf lui aussi depuis 1644. Hans-Georg, venant d’Aarau, est bourgeois de Berne ; il sera bailli de Wengen et Lenzbourg en 1656 et 57. Il fait de nombreuses acquisitions dans la région, tant auprès de Hans-Rudolf Stürler, baron de Belp et Seigneur de Rossens, que des propriétaires du village, créant ainsi la base des propriétés de la famille Imhoff dans la région. Cette série de propriétés et de droits permet l’arrangement historique de 1669 entre son fils Daniel et LL.EE.

L’acte de vente de 1604  (H 489, fonds Glayre aux ACV)
Tel que transcrit par Madame Amélie Isoz en 2013.


Enveloppe du document

Acquis faict par spectable & prudent seigneur Hanns Rudollf Horn, bourgeois de Berne, de noble George François Thomasset de la maison et mayorie d’Arnex, pris 2400 florins
du 18 et 19 mars 1604


Début du document

A tous soit notoire manifest et evident comme par devant moy notaire juré soubsigné et aux presences des tesmoins soubz nommez s’est en propre personne estably & constitué noble George Francois, filz de feu noble Jaquaz Thomasset, mayor d’Arnex, lequel sachant sage & bien advisé [mot illisible] de ses droictz et tiltres bien informé sans estre contrainct ny seduit ains de son bon gré & spontanee vollonté a vendu, cedé, quicté* [et ?] remis. Et par ces presentes vend, cede, quicte et remectz purement, perpetuellement & irrevocablement* pour luy et les siens heritiers et successeurs quelconques par cestes je le confesse. A spectable, sage & prudent seigneur Hanns Rudollf Horn, bourgeois de la ville de Berne, a present seigneur ballif a Romenmostier present et acceptant pour luy et les siens* quelconques. Assavoir la grande maison dudict Thomasset avecq sez franchises et libertez comme cy devant tant luy que ses predecesseurs l’ont posseder situee audict Arnex. La grange, estables et sertour y joignantz avecq une grande tine et arche que sont dedans ledict sertour, item deux chalictz, item aussi le four [pres ?] ladicte maison et collombier, item le curtil devant, item le closel en devers vent avecq le grand closel au dessus nommé la Rueyre, item les murailles et buissons en devers la bize, item ung petit morcel de prez au dessus de Praz Macherel. Le tout* a forme que particulierement elles sont limittees. Assavoir la maison, grange, sertour, four, collombier et curtine touchent les appartenances cy appres limittees de toutes pars fors ung chemyn devers vent. Le closel au* pres touche la curtine de ladicte maison d’orient le chemyn de Rueyre d’occident la dicte maison devers bize et le curtil d’Aymé Chastem avecq les murailles & appartenances de Anthoyne Gex, femme de Benoit Guex, devers vent. Le closel dessus touche les charrieres publicques d’orient & occident, le prel d’Amey Gaulthey devers la bize & plusieurs curtilz et closelz devers vent. Le curtil venant touché le closel de discret Claude Bovet acquis dudict Thomasset d’orient la curtine & appartenances de la dicte maison d’occident, le sentier tirant le contre baz de Praz Macherel devers bize & l’Oche de Pierre Gilliard devers vent*. Et le morcel de prez au dessus de Praz Macherel touche le prel dudict Gaulthey d’occident et orient la terre de Guilliaume Gosel acquise dudict Thomasset de bize et le prel de discret Claude Bovet devers [vent ?]. Et les murailles touchent de toutes partz le prel et terres dudict Gauthey. Item luy a comme dessus vendu assavoir la mayorie dudict Arnex avecq desdictes choses sus vendues fondz, droictz, fruictz, libertez, franchises, preheminences, propriettés, dependances, appendances et appartenances quelconques telles qui se trouveront appartenir audict noble Thomasset et a ses predecesseurs a forme de leurs droictz et tiltres, et comme au paravant ledict Thomasset & sesdictz predecesseurs les ont tenues et possedees. Et a esté faicte ladicte vendition assavoir ladicte maison avecq ses libertez et franchises ensemble le four, collombier, murailles, curtilz, prelz et closelz pour le pris de deux milles florins et ladicte mayorie de quattre centz florins ung chescung d’iceulx vaillant douze solz bonne monoye coursable au Pays de Vaud par ledict noble Thomasset dudict seigneur achepteur heuz et recehuz tellement qu’il s’en contente & ledict seigneur achepteur et les siens en quicte par cestes, s’estant par ce moyen ledict noble Thomasset et les siens devestu des choses sus vendues et le predict seigneur achepteur et les siens d’icelles [mot illisible se terminant par –estu] sans audict faict soy estre retenu aulcung droict de reachept ny reclamation quelconque. Promettant en oultre ledict noble Thomasset vendeur par sa bonne foy & soubz l’obligation a tous ses biens meubles et immeubles presentz et advenir quelconques ladicte maison, grange, estables, four, collombier, closelz, curtilz, prelz et murailles avecq ladicte mayorie, franchises et libertez comme dessus vendues et declairees audict seigneur achepteur et aux siens perpetuellement, purement et franchement maintenir, desfendre, debriguer et legitimement guerentir envers et contre tous en tous jugementz* et dehors a ses et des siens propres frais, missions & despendz. En supportant neantmoins ledict seigneur achepteur d’icy* en appres les honneurs et charges dehues sus ce que cy dessus il a acquis. Jurant aussi ledict Thomasset aux presentes non contrevenir ny aux contrevenantz nullement consentir. Ains icelles inviollablement accomplir et observes soubz restitucion pleinnyere de toutes coustes, missions, interest et despendz que audict desfault pouroient survenir. Renonçant par mesme moyen a toutes choses a cestes contrariantes et requises de renoncer mesmement au droict disant generalle renonciation rien valloir sy la specialle ne precede. Pour plus grande corroboration desquelles elles seront scellees du scau de ladicte ville de Romemostier et seignees par moy, Jaques Rochat, curial de la justice dudict lieu. Faict et donné quand au jour de la maison et appartenances le dixhuictiesme jour du moys de mars l’an mil six centz et quattre. Aux presences de noble Jerosme* Mayor, chastellain, egrege Abraham Clerc, lieutenant en ladicte justince et honneste Anthoine, filz de feu Benoit* Gaulthey dudict Arnex. Et quand a celle de la mayorie le lendemain dixneufviesme dudict moys aux presences d’egreges Isaac et Claude Bonard et de honneste Hanns Rudollf Tournet*, bourgeois dudict Romemostier, tesmoins a ce requis.

Signature : Rochat

Mais Hans Rudolph Horn va encore acheter d’autres propriétés à Arnex et dans la région.
Et comme maintenant nous devons payer des droits de mutation pour tout achat immobilier, il fallait aussi à l’époque s’acquitter des lods ou lauds au profit de LL.EE.
Ce taux était de 1/12ème soit du 8 1/3 %


Enveloppe :
Laudation par Mr Abraham Sturler, tresaurier du Pays de Vaud, du 1r decembre 1611 pour les acquis faits par Mr Horn des le 16me octbre 1601 jusqu’en septembre 1607 en tout 16 acquis
1 decembre 1611

Nous Abraham Stütler, tresorier du Conseil estroit de la ville de Berne, scavoir faisons, qu’estans informés et certiorés* de la part de spectable et prudent signeur Johane Růdolff Horn, aussi du Conseil estroit de ladite ville, de plusieurs aquis par luy faits aux villages d’Arnex et de Vallorbes durant sa prefecture à Romamostier, des le seiziesme jour d’octobre l’an mil six cents et ung, jusques audit jour de l’année mil six cents et sept, non encores laudée*. Desquels acquis ce jourd’huy datte d’icestes il nous hauroit fait conster* [ou couster], et fait foy des actes, nous requerant luy vouloir passer au nom de nos signeurs et superieurs le lond* desdits acquis que sont tels comme cy apres sont nommés, et speciffiés. Et premierement ung acquis fait de noble George Francois Tomasset de la Mayorie d’Arnex avec ses droits, franchises, privileges, libertés, preheminences, et exemptions quelquonques, ainsi qu’ils sont contenus, et descrits en la recognoissance generale des usages de la terre de Romamostier stipulés par provide Aymonet Pollens, commissaire du prioré dudit Romamostier du penultiesme de decembre mil quatre cent nonante et neuf, pour le prix et somme de quatre cent florins, et doibt pour la reprise selon les droits de leurs Excellences cinc florins. Acte receu par egrege Jaques Rochat en datte du dixneufiesme jour de mars, mil six cents et quatre. Plus ung autre acquis fait dudit noble Tomasset du mesme jour, et an que dessus, et en ung mesme contract de sa grande maison size audit Arnex aussi avec ses droits, privileges, libertés, franchises et exemptions contenus et escripts en la recognoissance de feu honeste Nicod Mayor d’Arnex receue et stipuler par provide Aimonet Pollens et signées par iceluy du douziesme novembre mil quatre cents nonante et neuf, avec le four et colombier, item le curtil devant ladite maison, item le closel endevers vent avec le grand closel au dessus de ladite maison devers le Joran nommé la Ruyere, et deux seytures de prés en Pra Macheres le tout pour le prix de deux mille florins de quoy distrait pour le four, colombier, le prez de la Ruyere et les deux seitures de prés en Praz Macheres, que sont du franc allo[ué ?] dudit signeur aquisiteur mil deux cents florins, reste a lauder huit cent florins. Item plus ung aquis fait en la discution dudit noble George François Thomasset d’une piece de vigne située audit Arnex contenant ung ouvrier, lieudit Soubs les Hages jouxte la vigne dudit signeur aquisiteur que feust de Jaques Gosel d’orient, la vigne d’Aima*, femme de François Escuyer*, d’occident, la vigne des hoirs de feu François Mayor devers vent, et celle dudit signeur aquisiteur devers bise, pour le prix de cent cinquante cinc florins. Plus ung aquis fait en la discution des biens d’Aimé Baudat d’Arnex d’ung closel au lieu dit En Oches Baudat, jouxte le closel d’Amey Gauthey d’occident, le pré du Briceulz devers vent, la vigne et closel de Maine Gro[bet]* devers orient et bize. Item d’un morcel de vigne situé au Gorbey * contenant deux bons ouvriers de vigne, jouxte la vigne des hoirs d’Aimé Bovet* d’orient, la vigne dudit signeur achepteur qu’estoit au Mayor d’Agiés devers vent, celle de discret Claude Bouvet* d’occident et la vigne d’Abraham Juriens dessus devers bize. Item plus d’ung autre morcel de vigne contenant environ de quart* de pose jouxte la charriere publique devers bize la vigne de Claude Escuyer que feust de Berviaulx d’occident, celle de discret Isac Bonard devers vent, et celle dudit aquisiteur devers orient pour le pris de quatre cents huitante florins, acte receu par egrege Jaques Rochat le septiesme d’avril mil six cents cinq. Item plus ung autre morcel de vigne de discret Isac Bonard, acte receu par egrege Vincent Bonard pour le prix de vingt cinc florins. Plus ung autre aquis fait de noble Isaac Tomasset, mayor d’Agiés, de trois quarts de poses de vigne au vignoble d’Arnex lieu dit Au Gerbey pour le prix de deux cents huitante florins, acte receu par noble Jerosme Mayor du septiesme de fevrier mil six cents et quatre. Plus ung autre aquis fait de Pierre Mailliez, au nom et comme conjointe personne d’Aima* Gauthey sa femme, d’une sienne maison située à Arnex et d’ung morcel de vigne contenant ung bon ouvrier dessoubs les Ages pour le prix de sept cents florins. Plus ung aquis fait de Pierre Gauthey d’Arnex d’une piece de vigne contenant tier de pose soubs les Hages que feust de noble Benoit Mayor avec une pose de champ size au confin de Romamostier lieu dit en Condemine que ledict Mayor havoit vendu soubs grace de reachept à feu egrege Josna* Martignier, ayant ledit Gauthey aquis ledit reachept dudit Mayor et par luy audit signeur aquisiteur remis le deuxiesme de janvier seze cents et quatre, acte receu par egrege Nicoud Rey* pour le pris de six vingts florins. Plus ung autre aquis fait d’ung morcel de vigne des freres Benoit et Anthoine Guex d’Arnex contenant deux ouvriers lieu dit Au Gerbey* que feust de Jaques Grobel d’Arnex pour le prix de quatre vingts florins. Plus estant ledit [deux mots illisibles] pour droits signeuriaux en la discution de Joseph Mayor pour la somme de quatre cents quatre vingts florins sur deux morcels de vigne l’ung contenant tier de pose lieu dit Soubs les Hages et l’autre deux ouvriers lieu dit En Plantaz à la Poictignitre*. Plus ung autre aquis d’une piece de vigne size au vignoble dudit Arnex lieu dit Au Nipley* de dame Estienne Baillod, femme [mot illisible, peut-être de feu] Francois Millien, bourgeois d’Orbe, que feust de Jehan Lavanex* pour le prix de sept cents cinquante et deux florins, acte receu par egrege Glaud* Rey le vingt quatriesme de fevrier seze cents et six. Item ung aquis d’ung ouvrier de vigne au vignoble d’Arnex aquis de Michel Gosel pour le pris de quatre vingts florins lieu dit Au Gerbey, acte receu par egrege Glaude Bonard du dixneufiesme janvier seze cents et cinq. Plus ung autre aquis fait de deux ouvriers de vigne de [prénom commençant probablement par Thi-] Gosel d’Arnex lieu dit En Charreretaz pour le prix de nonante florins. Item ung aquis fait d’une piece de vigne de Jaques Gosel d’Arnex soubs les Ages pour le prix de cent septante florins, acte receu par Jerosme Mayor le premier de may seze cents et trois. Item ung aquis fait en la discution de feu noble Jerosme Major de deux poses et demy de champ sous Montenniard* et d’une piece de vigne soubs les Hages affrontant les Oches Baudat et d’ung sextier de vin de ceste annuelle, pour le prix de huict cents vingt cinc florins. Plus ung aquis fait des freres Guillaume et Jean Francois Valloton de Vallorbes de leur montagnie de Prallio* pour le prix de six mille florins, acte receu par egrege Jaques Rochat en septembre seze cents et sept. Tous lesquels londs* calculés au denier douze, montent en somme neuf cent vingt et ung florins neuf solz. De laquelle somme competé audit signeur aquisiteur à sa dixiesme part pour iceux estre escheux durant sa prefecture de six ans à Romamostier quatre vingt douze florins deux solz. Au recepveur, Claude Bonnard, la tierce part deux cents septante et sept florins quatre solz. Et à leurs Excellences competé cinq cents cinquante et deux florins ung solz. Surquoy faut dedrier* audict signeur aquisiteur qu’il ha fourny pour les bastiments de l’Eglise d’Arnex des le vingt quatriesme jour du mois de novembre seze cents et six, jusques au vingt sixiesme jour de septembre seze cents et sept. Assavoir cinc cents soixante florins au moyen de quoy nous, ledit tresorier, confessons havoir heu et receu au nom de nosdits signeurs par ledict signeur aquisiteur dheus pour lesdics aquis susnommés et speciffiés lesquels en tout leur* contenu confirmer et emologuer* dont ledit signeur quittons et solvons pour luy, ses heritiers et successeurs quelquonques les autres droits de nosdics signeurs reservants*. En foy des presentes données audit Berne soubs le scel de nous ledit tresorier et signature manuelle du commissaire general de leursdites Excellences ce premier de decembre l’an courant mil six cents et onze. [ligne peu lisible]
[Signature du notaire]

Conclusion
La possibilité de découvrir cette transaction dans le détail nous permet confirmer avec plus de certitude que la maison vendue en  1604, par Georges François Thomasset à Hans Rudolf Horn  était bien celle qui deviendra  « le Château d’Arnex ».
Car les lieux dits cités dans l’acte : Rueyre, Praz Macherel sont bien des noms de lieux situés autour de cette maison.

Il reste maintenant la question de savoir si Georges François Thomasset en est le constructeur ou s’il avait acquis cette maison d’un autre propriétaire !!!