vendredi 14 février 2014

Suchy et son Château Ravenel

Suchy et le château Ravenel
Quelques mentions, mais peu de vestiges…

Ce dictionnaire historique de Martignier et de Crousaz date de 1867, il note pour Suchy :



En 1905, parait dans la Revue historique vaudoise (RHV), sous la plume de Marc Henrioud un article intitulé :
La communauté et les gens de Suchy jusqu’au XVIIIème siècle.
Dans cet article Marc Henrioud expose ce que l’on connait à l’époque de l’histoire du château Ravenel


On y trouve aussi un petit croquis situant l’emplacement du château.

Emplacement du Château Ravenel à Suchy

Le Dictionnaire géographique de la Suisse paru en 1908 chez Attinger mentionne ce bâtiment  dans l’article consacré à la commune de Suchy :
A 1 km N.E du village, entre deux ravins, un refuge devait exister croit-on  au temps de Helvètes. On voit encore un reste de parapet. On suppose qu’un château du nom de Ravenel fut construit plus tard, mais on ignore l’époque de sa fondation et de sa destruction.
En 1921, le Dictionnaire historique du canton de Vaud d’Eugène Mottaz reprend de façon presque intégrale le texte de Marc Henrioud paru dans la RHV de 1905
A quelques minutes du village, du côté de Belmont se trouve un promontoire allongé entre deux petits ravins d’où descend le ruisseau des Combes. L’entrée de ce promontoire est défendue par parapet artificiel très visible. L’emplacement fortifié était probablement un refuge helvète.
Dans la même enceinte fut élevé plus tard le château Ravenel qui devait être déjà ruiné au XIVème siècle, puisque les gens de Suchy devaient en cas de péril aller chercher refuge au château de Belmont. Différentes armes ou médailles ont été trouvées autrefois sur cet emplacement.
En 2014 la base de données archéologiques vaudoises contient juste ces quelques mots :

Promontoire allongé entre deux petits ravins. L'entrée était protégée par un fossé et un parapet artificiel détruits dans les années 1970. Il s'agit d'un refuge d'origine probablement celtique.

Situation actuelle en 2014


Parcelle 322, ancien emplacement du château Ravenel

Actuellement cette parcelle 322 appartient à la commune de Suchy et comprend
4’933 m2 de forêts et 13'355 m2 de champs.



Extrémité sud de la parcelle, au bord de la route conduisant de Suchy à Belmont en 2014





En automne 2017 une pelle mécanique a commencé à gratter le talus.
J'ignore encore qui et pourquoi...



Concernant le parapet, en 2014  la responsable du service archéologique nous avait signale que :
Au sujet de Ravenel, il n'y a malheureusement eu aucune investigation sur ce site depuis le début du 20ème siècle. En 1980, des collaborateurs de notre service ont constaté que le fossé qui barrait l'éperon avait été remblayé. Les représentants de la commune de Suchy ont confirmé qu'il avait été comblé avec les sédiments pris sur place, provenant probablement du parapet qui bordait le fossé.


Vue du site en direction de Belmont


Extrémité nord de la parcelle 322

Cette parcelle triangulaire est assez particulière. En effet, elle est bordée sur ces deux côtés par deux ravins assez profonds de 20 à 30 m.
Le ravin côté Suchy étant le plus profond.
Le sommet du triangle est en forêt. On y trouve un tertre séparé du champ par un petit fossé.

Petit tertre boisé en forêt


Cette parcelle repose sur un massif de molasse qui apparaît sur les bords du ravin

Banc de molasse au bas de la falaise

Voir aussi : Anciens refuges en terre vaudoise de Lucien Raboud dans RHV 2024 page 11.



jeudi 6 février 2014

Les cloches du village d'Arnex

Les cloches d’Arnex sur Orbe

Chacun connait les « Trois cloches »  de Gilles, chantées par Gilles, par Edith Piaf avec les Compagnons de la Chanson, par Micheline Calmy-Rey et bien d’autres…


Une chanson qui a aussi été traduite en différentes langues.

Mais connaissez-vous les quatre cloches du village d’Arnex ?
La plus ancienne date de 1530, elle est accrochée dans le clocher de l’église.
Depuis 1965, elle est accompagnée par deux autres collègues inaugurées le 24 janvier 1965.
La quatrième est celle du clocher, elle fut hissée en 1740.

Les cloches de l’église


Clocher de l’église rénové en 2007


Les trois cloches de l’église

A gauche celle de 1530                       Au centre celle d'Ernest Bühlmann                                 A droite celle de Marius Bovet

La cloche de 1530


Grace à un moulage réalisé par le pasteur Maire et transmis à Paul Bissegger, il a été possible de déchiffrer son inscription, soit :
Ihus : maria    anno domini millesimo       quingentesimo           vicesimo decimo.
C'est - à-dire -: Jésus Marie, l’an du Seigneur mille cinq cent vingt dix (soit 1530).


Moulage de l’inscription réalisé en 1990

Cette cloche date bien de 1530. Est-elle à Arnex depuis cette date ?
C’est possible, mais la preuve n’existe pas.

Les deux autres cloches de l’église
En 1954 est créé le fonds des cloches.
Ce fonds sera alimenté durant quelques années par Ernest Bühlmann (1892-1975), fromager, par le Syndicat agricole et par la Commune pour une somme totale de 1'000 fr. par an.
En 1964, ce fonds est augmenté grâce à  la participation de Marius Bovet (1896-1965). Il permet, pour un devis de 15'000 fr., l’achat de deux nouvelles cloches et l’électrification des sonneries.

Les inscriptions de ces deux nouvelles cloches sont :
o     sur celle de Marius Bovet :                 Soyez toujours joyeux ;



o     sur celle d’Ernest Bühlmann :             Veillez et priez.


La sonnerie de midi est assurée par cette cloche de l’église qui est la plus grosse des trois



La cloche du milieu qui sonne chaque jour à midi


La cloche du clocher


Ce clocher a été édifié en 1740 au centre de la rue principale du village.
Les comptes communaux de cette année-là nous donnent tous les détails concernant le coût de la construction de cet édifice.
Ainsi la cloche et l’horloge sont fournies par M. Broccard d’Orbe pour le prix de 816 florins.


Coût de la cloche et de l’horloge dans les comptes de 1740

Malheureusement, cette première cloche, fondue je ne sais où, n’était sans doute pas de très bonne qualité, car douze plus tard, soit en 1752, on constate qu’elle est fêlée.
Il faut la dépendre et Aimé Devenoge (1694-1770) est chargé de la mener à Jougne, puis chez le sieur Livramont à Pontarlier où elle sera fondue.
(Note : Durant le 17ème et le 18 ème siècle, les sieurs Livramont ont produit de nombreuses cloches pour le Pays de Vaud et Fribourg).
Dans l’aventure, notre cloche va gagner quelques kilos passant de 140 à 174 kg.
Il en coûtera 377 florins à la commune, soit 202 pour la refonte et 175 florins pour le poids supplémentaire.
Pour bien marquer l’événement on fait apposer sur la nouvelle cloche les armes des Thomasset et celles des seigneurs d’Arnex, (les armoiries du village ne furent créées qu’en 1922).



Armes de la famille Thomasset


Vue du haut du clocher en direction des Alpes

Si la montée jusqu’en haut du clocher ne vous effraie pas trop : vous pourrez lire aussi ce commentaire sur la cloche :
Cette cloche a été fondue en 1752 pour la commune d’Arnex à la réquisition de noble et généreux Etienne Louis Thomasset, lieutenant baillifval et châtelain de Romainmôtier, ancien gouverneur d’Arnex et de monsieur le juge et justicier Gauthey moderne gouverneur de l’honorable commune.

Une inscription complétée par ces quelques vers :
     Je compte les heures du jour
     Chacun à son devoir j’appelle
     Mais qu’on se souvienne toujours
    D’être trouvé bon et fidèle.



Inscription sur la cloche de 1752

De retour au village, le 1er mai 1752, la nouvelle cloche est rependue après avoir reçu un nouveau battant et un nouveau marteau pesant 14 livres, soit 6.8 kg.
Cette brave cloche a finalement fort bien traversé les siècles et sonne encore aujourd’hui les heures du jour et de la nuit, même s’il est vrai que maintenant elle se repose un peu : depuis 1964, ce sont les cloches électriques de l’église qui sonnent midi et non plus notre ancien boulanger Victor Bolomey.
Notons qu’avant les lubrifiants modernes, on utilisait de l’huile d’olive ou de noisettes pour graisser les articulations des cloches et les axes des horloges.