jeudi 24 avril 2014

Les anciens Châteaux de Ste-Croix

Les châteaux disparus de Ste-Croix

Passage stratégique entre le Pays de Vaud et la Bourgogne la région de Ste-Croix a été dotée de deux châteaux importants.
Mais aucun n’a subsisté jusqu’à nos jours.
Ne restent que leur emplacement et quelques documents attestant leur existence
Ces deux châteaux étaient situés l’un en dessous de Ste-Croix, (qui n’existait pas encore) et l’autre en dessous du col des Etroits pas très loin de l’actuel village de la Chaux. Il s’appelait Franc Castel

Voici ce qu’en dit Eugène Mottaz dans son Dictionnaire historique de canton de Vaud de 1914, en page 588.
En fait il reprend l’article du Dictionnaire historique de canton de Vaud de David Martignier de 1867.

Seigneurie de Ste-Croix.
La région de Ste-Croix participa pendant environ un siècle aux destinées de la seigneurie de Champvent. En 1317, Pierre II de Grandson (1297-après 1342) et son frère Thibaud (ou Thébald) achetèrent (à Jaques de Champvent) la partie de cette seigneurie située sur la rive gauche de l’Arnon, rivière que l’on appelait aussi les Arnons, Lyssarnon ou l’Yserne, soit Ste-Croix, Bullet et une partie de Vuiteboeuf. Ces terres étendues formèrent une seigneurie distincte. Pierre fit bâtir un château-fort sur un promontoire à l’entrée du vallon dans une situation extrêmement pittoresque dominant la gorge de Covatannaz et un vaste horizon.
A 300 ou 400vm. à l’ouest du château, dans un endroit abrité, il existait déjà un hameau –le premier qui eut été construit dans la contrée-connu sous le nom de la Villette de la Sainte-Croix. Il donna son nom à la seigneurie et à toute la contrée et il grandit rapidement sous la protection de la forteresse voisine.


A cette époque-là, Hugues de Chalon-Arlay (1288-1322) était un des plus puissants seigneurs de la Franche-Comté. Il possédait la terre de Jougne et il étendait ses droits de souveraineté jusqu’au col des Etroits et aux Mont des Cerfs qui forment aujourd’hui la limite des deux parties naturelles de la commune : Ste-Croix et les Granges. Il craignait que son puissant voisin Pierre de Grandson ne parvint à détourner le transit de la route des Clées, à Jougne pour l’acheminer sur celle de Ste-Croix.
Les anciens seigneurs de la Haute-Bourgogne avaient craint des invasions de ce côté-là et avaient élevé des ouvrages de défense au débouché du chemin qui descend du col des Etroits, dans le vallon de la Chaux et des Granges. Hugues de Chalon releva ces fortifications et fit construire un château fort au point le plus étroit du défilé afin de protéger ses domaines au point de vue économique aussi bien que militaire. Ce fut le célèbre Franc Castel.
Il y établit un péage afin de rançonner les voyageurs et les marchands. Cela ne se fit pas du reste sans lui donner de graves difficultés avec son voisin Pierre de Grandson…..
….Le Franc Castel
On a vu plus haut qu’en 1317, lorsque Pierre de Grandson fonda la seigneurie de Ste-Croix, Hugues de Chalon-Arlay, seigneur de Jougne chercha à entraver les communications entre le Pays de Vaud et la Bourgogne par Ste-Croix, afin de maintenir le trafic par la route de Clées à Jougne qui traversait ses terres. Il fit construire dans ce but un château fort au débouché du chemin des Etroits dans le vallon de la Chaux et des Granges. Ce fut le Franc Castel. Il commandait complétement la route qui, à cet endroit, passait entre deux parois de rochers suffisamment proches, pour, dit-on, on pût tendre une chaîne de l’un à l’autre lorsqu’on voulait fermer le passage.
Un péage ayant été établi à cet endroit, il en résultat un grave différend entre Hugues de Chalon et Pierre de Grandson qui possédait des droits sur une partie du plateau des Granges située au-delà de Franc Castel. Il se termina en 1319 par un traité signé par les deux seigneurs ensuite de la médiation de Louis de Savoie, (en fait Louis II de Savoie, né vers 1290 et décédé en 1349) seigneur de Vaud.
En voici les principaux articles :
1.     Pierre prête hommage à Hugues et reconnait tenir de lui 30 livrées de terres dans sa seigneurie de Belmont.
Le Franc Castel continue à appartenir à Hugues et à ses hoirs, perpétuellement, à savoir : le Châtel et la terre qui l’entoure, telle qu’elle a été délimitée par Louis de Savoie.
2.     S’il vient des habitants étrangers à la famille du seigneur pour occuper les terres voisines, les rentes seront partagées entre les deux seigneurs.
Cette transaction était précédée de l’hommage de Pierre de Grandson, envers Hugues de Chalon, à la réserve de celui auquel il était tenu à l’égard du comte de Savoie, de l’évêque de Lausanne, etc, en sa qualité d’héritier de la baronnie de Grandson.
Ce traité était très onéreux pour Pierre de Grandson, puisqu’il fut obligé de céder la moitié du territoire ou pâturage de la Chaux sur lequel son ancêtre Huon de Grandson avait exercé le droit de propriété. Plus tard, quand la maison de Savoie entra en possession de la seigneurie de Ste.- Croix après la mort d’Othon de Grandson à Bourg en Bresse, elle servit à son tour de sa prépondérance pour imposer d’autres conditions à la maison de Chalon.




Emplacement du Franc Castel près de la Chaux de Ste-Croix

En 1485, les habitants de Ste Croix furent exemptés du péage de Franc Castel et, en 1500, la borne qui séparait le Pays de Vaud de la Bourgogne fut transportée à l’extrémité du plateau des Granges, près de la Beufarde, à l’endroit où elle se trouve encore maintenant, au lieu-dit la Grande-Borne, sur la route de Pontarlier. Cette borne consistait en un sapin auquel était fixée une cheville de fer portant la croix blanche de Savoie.
Bien que le Franc Castel continuât à appartenir à la maison de Chalon il se trouvait donc enclavé dans la châtellenie de Ste-Croix. Le Châtelain faisait dans ses nouvelles limites, la levée de corps et tous les actes  de haute seigneurie, comme cela résulte des enquêtes faites en 1545 au sujet de la frontière.
Le Franc Castel continua à subsister avec un péage jusqu’en 1536. Au mois de février de cette année, l’armée bernoise qui assiégeait Yverdon à son retour de Genève reçut l’hommage des habitants de Ste-Croix. Ceux-ci prièrent les chefs de l’armée de bien vouloir les délivrer des ennemis et vexations qu’ils avaient souvent à supporter de la part de la garnison bourguignonne du Franc Castel. Cette demande fut favorablement accueillie et le bailli bernois de Grandson, Tribolet, fut chargé d’occuper ce château, ce qui fut fait avec l’aide des intéressés de Ste Croix. Le fait est raconté par la tradition de la manière suivante :
Le bailli Tribolet avait fixé un jour pour attaquer le Franc Castel, avec l’aide des hommes de Grandson et de Ste-Croix. On avait jugé que les préparatifs d’un siège pourraient donne l’éveil à la garnison qui aurait le temps de se renforcer et de rendre le succès difficile. Une surprise parut préférable. Au jour marqué, toutes les précautions étaient prises, les hommes de Grandson étaient montés dans la nuit sur la montagne où les gens de Ste-Croix gardaient tous les passages qui conduisaient au châtel que l’on voulait surprendre. Celui-ci se trouvait ainsi investi par un ennemi invisible. Au matin, des hommes apostés dans la forêt des Estroits font entendre le bruit de plusieurs clochettes, comme si un troupeau avait voulu passer en évitant le Franc Castel. La garnison se précipite nombreuse au dehors afin de saisir tout le troupeau. Cet instant était attendu avec impatience par les assaillants qui veillaient, rapprochés des portes ; aussitôt ils arrivent en courant, le château est emporté sans résistance et immédiatement démoli.
Le Franc Castel ne fut jamais relevé dès lors. Cela n’empêchât pas qu’en 1579 et en 1592 de nouvelles difficultés, dont on ignore l’issue, surgissent de nouveau à propos des péages.
Comme les ruines du château de Ste-Croix, celles de Franc Castel devinrent une carrière d’où furent extraits les matériaux nécessaires pour la construction des fermes et chalets de la Chaux, de l’Auberson, et d’autres hameaux. Il ne reste maintenant de cette forteresse redoutée que des talus arrondis où l’herbe pousse, mais qui accusent encore assez nettement, les fossés, les remparts et les murs. Deux sapins couronnent le sommet de ces ruines.

Quelques modestes fouilles, dont celles de septembre 1875 à l’initiative de la Société du musée de Ste-Croix, ont fait apparaître quelques restes de murs calcinés, quelques objets de fer, boulets de pierre et deux pièces de monnaie.
Mais elles n’étaient pas suffisantes pour reconstituer le plan exact de cet édifice.
L’histoire de Franc castel figure également dans l’ouvrage de Victor-H. Bourgeois « Au pied du Jura » et dans « le Nord vaudois «  de Ric Berger avec quelques croquis du lieu.



 Le plan des lieux vers la Chaux



Le vieux chemin d’Entre-Roches



Le défilé Entre-Roches



La colline de Franc-Castel au-dessus de la route qui conduit à la Chaux




Les fossés qui entouraient le château sont restés bien visibles


Une pierre du mur qui n’a pas été prélevée du site !


Note : Pour plus de détails sur l’accord entre Hugues de Chalon et Pierre de Grandson du 17 décembre 1309 voir l’acte  615 du Cartulaire dit de Hugues de Chalon :



Le château ruiné de Ste-Croix


Le château construit vers 1320 au-dessus du hameau de la Villette




Pour conter son histoire, je citerai à nouveau Ric Berger :
Le château de Ste-Croix ne fut construit que vers 1320 par Pierre de Grandson qui venait de recevoir en partage, du seigneur de Champvent, des terres situées de l’autre côté de l’Arnon. L’emplacement choisi, une sorte de nid d’aigle au-dessus de gorges de Covatanne, permettait aux défenseurs de surveiller toute la plaine, et surtout la route très fréquentée qui conduisait en France par un défilé creusé à travers le Jura.
Le passage était si important que les Romains y avaient construit une excellente route dont il reste un certain parcours juste au-dessous dudit château, parallèlement à la route actuelle et en contrebas. Un écriteau indique l'entrée "route romaine ».
Une solide forteresse
Né en 1320, le château de Ste-Croix devint d’emblée une solide forteresse avec un donjon défiant les assauts. On sait qu’en 1397. Le sire Othon de Grandson, de la famille qui avait construit le château de Ste-Croix, fut dépossédé de ses domaines parce qu’on l’accusait d’avoir empoisonné son suzerain le comte Rouge, Amédée VII de Savoie.
La population, alors considérable de la Villette de Ste-Croix, par affection pour son seigneur refusa de reconnaître cette sentence et résista deux ans aux troupes envoyées pour la mater !
Au siècle suivant en 1475, le château fut pris et incendié par les Bernois. Rendu à la Savoie peu après, le Pays de Vaud fut de nouveau conquis par les Bernois qui, cette fois, y restèrent. En 1540 ils logèrent le premier prédicant protestant de la région dans la grande tour du donjon, le seul logis encore habitable de l’ancienne forteresse.
Puis peu à peu les intempéries dégradèrent les locaux mal entretenus. En 1716 le conseil de Ste-Croix refusa les crédits que l’on demandait pour fabriquer et poser les tavillons nécessaires à la réparation des toits et à la fin du siècle les étages supérieurs s’écroulaient. Sur le plan cadastral de 1814 on voit encore figurer l’emplacement des tours et la mention « masures du château », mais comme l’époque n’avait que du mépris pour le Moyen Age et ses monuments, on se contenta d’aller piller les pierres branlantes du vieux castel afin de construire des fermes nouvelles.
Pourtant le fier castel  «tenait » encore en partie au milieu du siècle dernier, si l’on en croit le témoignage du livre sur le canton de Vaud publié en 1862 par Louis Vuillemin, témoignage qui apporte des renseignements précieux et peu connus.
‘’Le voyageur qui, du pied du Jura, a gravi jusqu’à l’entrée de la vallée de Sainte-Croix, s’arrête auprès de ruines d’un fort, qui jadis a régné sur la vallée et dominé le passage. On nommait ce château le château de Fresne.
Le chemin de Bourgogne passait à cette époque, sur le plateau des Gittes, d’où il descendait à Jougne ; un nouveau chemin fut tracé dans le milieu de la vallée, des maisons, une église s’élevèrent sur ces bords ; ce furent les commencements de Sainte-Croix.’’
Visite aux ruines
Visite fort décevante. On se demande toujours comment la commune de Sainte-Croix a pu laisser démolir tout au long du XIX ème siècle son beau château féodal, le seul monument historique que possédait ce village. Il en a été de même du reste de l’autre château de Sainte-Croix, le Franc Castel situé à mi-chemin de l’Auberson et où pas une seule pierre n’est encore visible.
Il nous a été impossible de retrouver un plan exact du château. Sur le terrain on ne peut guère identifier que deux constructions aujourd’hui : une tour ronde-sans doute le donjon, à cause de ses dimensions-laquelle a été transformée en puits ; plus au sud se dressait la porte d’entrée du château avec son arc brisé qui était encore debout il y a peu d’années. Comme elle empêchait les véhicules de passer, on l’a démolie en ne laissant que les bases des piliers.
Et voilà comment un château vaudois a pu disparaître presqu’entièrement d’un site en ne laissant que son nom.
La route romaine située un peu plus loin a eu plus de chance malgré ses 2000 ans d’existence. Il est vrai qu’elle était taillée dans le roc et qu’on ne pouvait pas lui arracher ses pierres. 

Croquis de Ric Berger de l’emplacement de l’ancien château de Ste-Croix


En 2001 Daniel de Raemy présente ce plan lors d'une conférence

Et en 2014 ?
Je dois avouer que Ric Berger a retrouvé plus d’éléments que moi.
Sur place, je n’ai pu que photographier les toblerones ayant remplacé les murs féodaux…


Les toblerones ont remplacé les murs du château

Et comme déjà dit, actuellement, de l’ancien château de Ste-Croix il ne reste que le nom !

jeudi 3 avril 2014

Arnex sur Orbe renonce à une fusion

Fusion de communes en 2014
En ce début de l’an 2014, après une séance d’information et un sondage, le village d’Arnex sur Orbe renonce au projet de fusion avec Orbe, Montcherand et Sergey.





AVIS IMPORTANT
La Municipalité incite la population à participer à une information sur l’étude de projet de fusion Dans un soucis d’information et de transparence, il nous semble important que les habitants se prononcent sur l’option plus judicieuse de se rapprocher directement d’une commune de dimension supérieure, plutôt que de créer une entité forte de trois ou quatre petites communes mais avec un nombre d’habitants peu élevé.
Monsieur Laurent Curchod délégué cantonal aux fusions de commune sera présent
Samedi 15 février à 10h00 à la grande-salle d’Arnex-sur-Orbe.
Il pourra répondre à vos questions sur les démarches de fusion de commune. Venez nombreux pour examiner l’étude de faisabilité avant la concrétisation d’un projet d’étude.
La Municipalité
Un apéritif sera servi après cette séance d’information.
Avis paru dans l’Arnexinfo de janvier 2014

Lors de cette fort intéressante présentation, suivie avec intérêt par une soixantaine de personnes, M. Curchod a répondu aux diverses préoccupations concernant le changement de commune d’origine, la façon d’élire les nouvelles autorités, les avantages, mais aussi les inconvénients apparus dans les communes « fusionnées ».
Après la séance la Municipalité a distribué un questionnaire permettant de prendre la température sur ce projet de fusion.

Questionnaire distribué le 15 février 2014
Compte-rendu de l’Omnibus de la séance du 15 février 2014

Il ne restait plus qu’à attendre les souhaits de la population quant à  l’avenir de la commune.
Un mois plus tard, en affichant au pilier public sa lettre adressée aux communes d’Orbe, Montcherand et Sergey, la Municipalité communique à la population du village que, suite aux résultats du sondage, elle renonce à participer au projet de fusion régional.



Lettre de la Municipalité à l’attention de celle d’Orbe

Et dans un autre article du 28 mars 2014 de l’Omnibus, M. Max Débieux explique que malgré le résultat très équilibré, la Municipalité, très partagée elle-aussi,  a décidé de ne pas poursuivre l’aventure.
Mais en précisant bien que cette façon de faire nécessitera, à l’avenir, plus de nouvelles vocations pour intégrer la Municipalité.



Article de l’Omnibus du 28 mars 2014

lundi 31 mars 2014

L'ancien château d'Arnex sur Orbe

Le château d’Arnex sur Orbe, aujourd’hui disparu
L’ancien château d’Arnex n’existe plus ; il est tombé en ruines après le départ des Nobles d’Arnay vers Orbe ou Lausanne. Même ses murs ont disparu, les pierres ayant été peu à peu récupérées pour édifier de nouvelles constructions au village.
Cet ancien château se dressait sur Cheneaux, très proche de la maison de Jean-Louis Monnier, au sud du petit étang du moulin creusé beaucoup plus tard.


Le petit étang du moulin en mars 2014



Lieu-dit Le Château sur le plan de 1808



Prés du Château notés sur le plan de 1865

A part un nom sur le cadastre il ne reste vraiment rien de ce château.
L’endroit a été fort  modifié. Un petit étang a été creusé lors de l’édification du moulin.
En creusant les fondations de sa maison Jean-Louis Monnier a bien retrouvé quelques briques noircies.
Un arbre déraciné en 2007 a fait apparaitre un reste de mur et quelques tuiles sur la parcelle de Jean-Daniel Gauthey.



Sous la souche de l’arbre, quelques restes de mur (d’enceinte ?) et quelques tuiles

En 1554, lors du bornage des chemins d’Arnex on cite en page 12
Plus tirant toujours contre Orient à la distance Sus dite, ont planté nouvellement une boënne (borne) du côté du Vent au droit des murailles du prédit Château d’Arnex, appartenant es prédits Mayors de Romainmôtier, au pied d’un noyer qui reste du dit Château…


Dans cette description du bornage de 1554, on ne parle que de murailles du Château et non plus de maison.

Rappelons aussi que le moulin n’existe pas encore et il n’est donc pas mentionné.

Aspect des lieux en 2014


La petite butte qui doit cacher quelques restes de murs


La maison de Jean-Louis et Françoise Monnier occupe les lieux depuis 1995

Son grand-père Abram Monnier (1887-1942) avait acheté le moulin en mai 1918 à Gustave Monnier dit Caïn pour fr. 12'000.-



Restes de murs durant l'été 2022

La sécheresse de l'été 2022 fait apparaitre des traces de murs.
Reste d'un enclos ?





  • Photos drone Vincent Morel du 14 août 2022

mercredi 26 mars 2014

L'ancienne maladière du Chanay

L’ancienne maladière du Chanay

Le long de l’ancienne route allant de  Pompaples  à Croy, la forêt du Chanay abrite les ruines d’une ancienne maladière.
Rappelons que la forêt du Chanay touche les communes de Pompaples, La Sarraz et Croy et qu’au cours des siècles les limites de cette forêt sont l'objet de fréquents litiges entre les communes d’Arnex et de Croy.
En 1545 ce bois est abergé à la commune par Jérôme Manuel bailli de Romainmôtier.
Mais ce bois doit être utilisé pour son propre usage et ne doit pas être vendu.


Nous savons qu’en 1321, cette maladière qui portait le nom de Romans, a été un établissement fort disputé entre les moines de Romainmôtier et les seigneurs de la Sarraz.









Vue aérienne des lieux



Sur le cadastre d’Arnex de 1808





Ruines de l’ancienne maladière en 2007


  
Le champ et le gerdil de la maladière sont cités dans le transon de 1554,  le long du grand chemin tendant vers La Sarra.


Page 47 du transon de 1554




En août 1590,  la commune d'Arnex achète les terres faisant partie de l'ancienne maladière


Parchemin 29 des archives d’Arnex

Avec la transcription de Mme Amélie Isoz :

A tous soit notoire et manifeste que l’an mil cincq cents nonante et le cinquiesme jour du moys d’aoust aye esté aresté* en [fin de la ligne manquante] general a Romemostier que tout ce qu’estoit dependant de l’ancienne maladiere appartenant a toute la terre dudcit Romemostier se vendroit* au [fin de la ligne manquante] [mot illisible finissant par –rant]. Et la charge pour les vendre donnee a moy Jerosme Mayor, soubsigné. Parquoy en vertu de madite charge, apres* crieur publicq [fin de la ligne manquante, il manque donc peut-être un mot] requises. Estans lesdictz conseilliers et gouverneurs de ladicte terre de Romemostier assemblés de leur authorité a esté audict conseil gener[al ? ; fin de la ligne manquante] [mot illisible] cries et publications requises vendu, cedé, quicté et remis purement, perpetuellement et irrevocablement a la communaulté d’Arn[ex ? ; fin de la ligne manquante] honneste Amey Gaulthey, gouverneur d’icelle present* et acceptant et comme plus offrant et dernier encherisseur pour la dicte communaulté [fin de la ligne manquante] hoirs et successeurs quelconques. Assavoir le chesaulx de maison de ladicte ancienne maladiere ensemble toute la possession [mot illisible et fin de la ligne manquante] du grand chemin situé pres ledict chesaulx, touchant ledict chemin devers* bize. Le bois du Grand Chasney* appartenant ausdicts d’Arnex d’en* aultres* [fin de la ligne manquante] pretz*. Item ung morcel de prel sis en bas du champ de Jehan Lavenex jouxte certains buissons, d’orient la terre des Couldraz d’occid[ent] [fin de la ligne manquante, il manque donc peut-être un mot], le prel des Tachet devers bize et la terre dudict Lavenex devers* vent. Item une piece de terre situé en devers* vent du grand che[min ?] [fin de la ligne manquante] touchant a La Sarra avecq les arbres y existans touchant* plusieurs contors* de terres devers bize la terre dudict Lavenex certains buiss[ons ?] [fin de la ligne manquante] [deux mots illisibles] d’orient et le chemin publicq d’occident et vent avecq leurs fondz, fruictz, droictz, jouissances entres sorties et appartenances [mot illisible et fin de la ligne manquante] et a esté faicte la presente vendition. Pour le pris et somme ledict chesaulx de maison de trente* florins de principal et unze florins [fin de la ligne manquante, il manque donc peut-être un mot] quattre solz de vins*. La seconde piece vingt florins de principal et cincq florins de vins*. Et la derniere piece pour trente flor[ins] de principal et douze florins de vins*. Qu’est* en somme quattre vingtz florins de principal et vingt huict florins quattre solz de [fin de la ligne manquante] [deux mots illisibles] Mantes* sur lesdictes pieces ledict principal heu et recehu et employé* au proffit de ladicte terre dont contens* lesdictz d’Arnex [fin de la ligne manquante] [trois mots illisibles] par cestes. S’en estans par ce moyen devestus* et icelux dictz d’Arnex et les leurs en investissans perpetuellement [fin de la ligne manquante] ces presentes*. Avecq promesses en bonne foy et soubz l’obligation de tous les biens de ladicte terre presents et advenir quelconques [fin de la ligne manquante] choses par [mot illisible] cy dessus vendues ausdicts d’Arnex et aux leurs maintenir et guerentir envers et contre tous en tous jugementz et de [fin de la ligne manquante] reservé* droictz seigneuriaulx pour lesdictes pieces dehuz par lesdicts d’Arnex d’icy en avant supportables soubz restitucion de tous [fin de la ligne manquante] [mot illisible] et [mot illisible] a faulte de ce [mot illisible]. Renoncant pour ce a toutes choses a ce contrariantes, jurans aux* presentes* non jama[is ?] contrevenir. Donner* soubz le sçau du balliage dudict Romemostier et seignature de moydict notaire. Le cincquiesme de septembre l’an susdessus mi[l ?] cincq centz nonante, presents honneste Michel Combaz, bourgeois d’Orbe, Jaquenoz [ou Jaquemoz] Magninat de Vaullion et aultres tesmoins.

Signature : Jerosme Mayor







1900, une note de l’inspecteur forestier à l’archéologue cantonal

En décembre 1900, M.Maurice Moreillon, (1870-1945),  inspecteur forestier du VIIème arrondissement, signale l’emplacement de ces ruines à M. Naef archéologue cantonal par ces quelques lignes :



Orbe, le 3 décembre 1900

A l’archéologue cantonal à Lausanne


Monsieur,
Je connais au territoire d’Arnex, à droite de la route tendant de Croy à Pompaples, les ruines de l’ancienne maladière.
Tout à votre disposition pour vous monter ces ruines.
Avec l’expression de ma parfaite considération.
Moreillon
Membre correspondant