mardi 15 novembre 2011

Classe d'école

C'était vers les années 1954 ou 1955.

La classe de Monsieur Jean-Pierre Vonnez avec trois degrés, soit des élèves nés en 1940, 1941 et 1942.




Si leur nom vous est familier, notez le dans le commentaire de cette photo.
Avec M. Vonnez, il y a des Bovet, des Monnier, un Barraud, une Boulaz , des Devenoge, un Pythoud , un Michot, un Bossy, un Werren, un Freiss, un Grin, une Dupuis ? et un Morel

La fontaine du Pontet ou de la laiterie


La fontaine du Pontet vers 1910

Au verso de cette carte adressée le 2 avril 1915 à Lucien Conod à Daillens. Alfred écrit :

Ami Lucien, j'ai très bien reçu ta carte, tout va bien pour le moment, mais tu sais on engraisse pas, il faut trop travailler. Les amours vont très bien, la belle mère est morte.
Je tâcherai d'aller te trouver, mon neveu te fais bien saluer.
Reçois les bonnes salutations de ton ami Alfred.
Tu vois mon frère qui te regarde vers la fontaine.

La carte postale est une photo d'Henri Chappuis, photographe à Lausanne.
La fontaine possède encore son couvert et l'église son vieux clocher.

Mais au cours des ans l'allure de la fontaine s'est modifiée, le couvert a été supprimé et une nouvelle "chèvre" avec un dessin des "Tya-Polains" a été posée.



La fontaine de la laiterie avec ses deux bassins, celui de 1838 en calcaire et celui de 1860 en granit

Mais au printemps 2012, la Municipalité décide d'exiler dans les vignes le bassin de 1860, fabriqué par les frères Jean et Pierre Yon.



Extrait des comptes de la commune d'Arnex avec l'achat de deux bassins en granit en 1860




Et depuis 2012, le bassin est installé au pied des vignes de Forchez.


Désormais, le bassin de 1838 se retrouve tout seul devant la laiterie.


Bonne idée ou drôle d'idée, à chacun de se faire une opinion !

La fontaine de la place


Fontaine de la place

Ce beau bassin de granit fut taillé au printemps 1888 par le maître granitier Basile Scaglia de Premier.
Ce dernier exploitait sans doute les nombreux blocs erratiques de granit, abandonnés par les glaciers dans les forêts du Jura.
Les mesures intérieures du bassin étant de 467 cm X 107 cm X 51 cm, sa contenance est donc de 2'548 litres.
Pour le prix convenu de 26 centimes par litre, Basile Scaglia reçut la somme 662 fr 48.
Mais il n'en reçut le solde que deux mois plus tard, le temps de s'assurer de la qualité de l'ouvrage....
Cette fontaine a été légèrement déplacée lors du goudronnage de la place en 1956.

Les sources du Bec à l'Aigle

La source du Bec à l'Aigle et sa tuffière



Si par hasard, vous remontez le cours du Nozon depuis Saint-Loup, vous passerez au pied du Bec à l'Aigle, modeste piton rocheux qui domine le vallon.


Le Bec à l’Aigle dans le vallon du Nozon



Carte des lieux



A ses pieds vous remarquerez peut-être cette tuffière







Tuffière au pied du Bec à l'Aigle dans le vallon du Nozon

 Et si vous grimpez  le long du filet d'eau pour trouver la source,vous découvrirez, deux captages un peu à l'abandon avec un petit réservoir.



Captage de la source située au pied du Bec à l'Aigle

Ces sources furent achetées en 1886 à la commune d'Arnex, propriétaire de cette parcelle de forêt, pour le prix de deux mille cinq cents francs par l'Institution de Saint-Loup, installée en ces lieux depuis 1852, date de leur départ d'Echallens.

Mais les années ont passé et le raccordement au réseau de Pompaples est devenu plus avantageux que l'entretien des conduites reliant les sources du Bec à l'Aigle à Saint-Loup.
Alors la source a décidé de s'échapper des anciens captages pour rejoindre directement le cours du Nozon formant peu à peu  (en déposant son calcaire) un massif de tuf au bord du chemin.

Si le site vous intéresse, attendez la floraison des nivéoles du printemps qui, en février déjà, tapissent le sol de cet endroit.




L'étang d'Arnex,ancien et nouveaux


 L'étang sur la carte de 1810

Selon Frédéric de Charrière, les moines de Romainmôtier s'étaient réservé la pêche de l'étang d'Arnex à l'époque où ce village était encore possession du Couvent
Cette carte de 1810 nous en montre bien sa forme  et sa superficie de 15 hectares
Son eau a tout d'abord permis  de faire tourner le Moulin Vieux situé à quelques centaines de mètres.
Puis par un canal, appelé le fossé du Moulin, cette eau a été acheminé  jusque sur Chenau pour alimenter un nouveau Moulin dont la date de construction n'est pas bien connnue.
Sans doute durant la première moitié du 17ème siècle.
Cet étang a causé de multiples procès entre ses différents propriétaires et le communiers d'Arnex.
Chaque partie estimant avoir le droit de récolter le fourrage pousssant autour de l'Etang.
Par trois fois le conflit s'est terminé au Tribunal.
Quant aux sangsues, elles étaient fort appréciées à l'époque.
Ainsi le pharmacien Zorner d'Orbe, puis le docteur Junod de Romainmôtier en 1854 ont signé avec la commune un bail leur garantissant l'exclusivité de la pêche de ces bestioles !

Vers 1900, la vapeur remplaçant peut à peu la force motrice de l'eau, la commune rachète le moulin et surtout l'étang pour en capter les sources.
Ceci afin d'installer le réseau d'eau sous pression du village en 1907.
L'étang est donc asséché, drainé et mis en culture.
Mais en 1968, il est décidé de planter des carolins sur ces terrains tourbeux, pas toujours faciles à cultiver.
24 ans plus tard, les peupliers sont prêts pour l'abattage.
Mais après avoir déduit du prix de vente de 607 m3 de bois, les frais d'abattage et de débardage, il ne reste pas grand'chose !

Le nouvel étang
Au vu du maigre résultat de l'opération (qui laisse un revenu de  156 francs par an) l'ingénieur forestier David Petter avec la collaboration de Jean Daniel Gauthey propose alors en 1992 la création d'un nouvel étang.




Plan de l'étang de 1992

Ainsi sur une surface de 3,5 ha un nouvel étang de 1.55 ha est creusé.






Un joli plan d'eau apprécié tant par les oiseaux que par les batraciens.
Sans oublier les libellules !


L'étang de 1992 aux couleurs du soir...


...ou vu du ciel



Photo Marlène Rézenne


Un nouvel habitant en avril 2015





Avec de bonnes dents on vient à bout de ce tronc !

Si les dégâts sont faciles à observer, il est par contre beaucoup plus difficile d'apercevoir Monsieur castor sur les bords de l'étang !

Et pourtant, le 8 mai 2015 vers 10 h. on pouvait voir 3 à 4 individus évoluer dans ce secteur.
C'est donc toute une colonie qui apprécie ces lieux !


Secteur de l'étang où s'affairent les castors


Un nid de hérons
Mais pour ne pas faire de jaloux il faut encore évoquer, en ce printemps 2015, la présence d'un nid de hérons avec trois petits au milieu de l'étang,.
Alors qu'habituellement, ils nichent le plus souvent au sommet d'un arbre.



Nid de hérons au milieu de l'étang


Pas encore beaucoup de plumes. mais déjà un grand cou!   (Photos hérons de Vincent Morel)


Les nouvelles gouilles derrière Bioute
A fin 2018, quelques nouvelles gouilles ont été aménagées pour profiter de l'eau du ruisseau de la Combe et peut-être aussi de la source de Villars.

Ce tronçon de ruisseau avait déjà été creusé il y a quelques années.



Toute une série de petites gouilles prêtes pour accueillir une nouvelle faune



Le détournement des eaux du Nozon rière Croy en 1767

On sait que les eaux du Nozon, ce grand fleuve qui nous vient de Vaulion, ont toujours été fort convoitées.
On les utilisait pour faire tourner les moulins, pour remplir les écluses du canal d'Entreroches ou pour d'autres usages.
Devant le moulin Bornu, ses molécules d'eau peuvent hésiter entre un voyage vers le sud, avec la Venoge, le Léman et le Rhône ou par le Nord avec le Rhin.

Mais on ignore souvent que, comme le signale Eugène Mottaz, je cite :

"Les eaux du Nozon ont failli être détournées d'une façon plus complète.
En 1767, l'assesseur baillival Grobéty, de Romainmôtier, et quelques autres propriétaires avaient sollicité de LL.EE. la dérivation du Nozon pour l'irrigation des terrains situés dans la combe entre Croy et Bretonnières, d'où les eaux auraient été rejoindre l'Orbe"




Une opposition formulée par les communes de La Sarra, Orny et Pompaples et par les seigneurs de ces localités fut repoussée par la Cour baillivale; mais un arrêt de la Chambre des Appellations romandes, du 3 janvier 1775, donna raison aux opposants".

La commune d'Arnex faisait partie des communes de la Terre de Romainmôtier, favorables à ce projet de détournement.
Elle dut participer aux frais de ce procès perdu pour la somme de 325 florins.
Somme remise le 19 janvier 1776 au procureur Potterat, par le gouverneur Jaques Antoine Monnier à l'intention des Très Nobles Seigneurs de Gingins.



Quant au Nozon il a pu garder son ancien cours, alimenter la cascade du Dard et les roues du moulin Bornu avant de se perdre dans l'Orbe.


Les compteurs d'eau

Quoi de plus banal qu'un compteur d'eau ?




Il suffit d'ouvrir son couvercle pour découvrir sa consommmation annuelle.




Et pourtant....
Et pourtant, il a fallu bien du temps pour décider de les installer dans chaque maison du village d'Arnex.
Quand, en 1907, l'eau arrive sous pression dans les maisons grâce au réservoir du Crêt de la Perrause , la facturation de ce liquide s'établit par robinet.

Le 20 février 1907, le Conseil adopte le projet d’amenée d’eau et fixe le prix de la concession des ménages à 25 francs pour le premier robinet, 12 francs pour le second et 6 pour les suivants, avec une durée minimale de 10 ans.
Mais ce mode de faire ne pousse pas à l'économie. Et comme les sources de l'étang ne sont malheureusement pas très généreuses, le manque d'eau se fait souvent sentir, surtout au quartier de la gare, le plus élevé du village.

Les mises en garde, les recommandation d'économiser l'eau ont peu d'effets.
Alors en 1926 la Municipalité commence à se renseigner sur le prix des compteurs.Sans doute très chers puisqu'il faut attendre 1930 pour que Jacques Lavenex, dit Caqueïon, surveillant du réseau d'eau ait l'autorisation d'en prendre un à l'essai.
Un essai qui va durer, car ce n'est qu'en 1935 que sera nommée une commission pour étude de l'achat des compteurs.
Là encore pas de précipitation, six ans plus tard, en février 1941 le Conseil général après avoir entendu le rapport de la dite commission décide par 35 oui contre 15 non de poser des compteurs.
Une opération impliquant un emprunt de fr. 10'000.-
Soit fr 6'200.- pour les compteurs , plus environ fr 4'000.- pour les frais de la pose effectuée par les maréchaux Poget et Mounoud.
 La Municipalité peut donc passer commande de 150 compteurs 3/4



Des compteurs qui permettent actuellement de facturer l'eau au prix de fr. 0.60 par m3, ce qui est très bas pour la région.
Mais depuis 1992, s'y ajoute une taxe d'épuration de fr. 2.- par m3.
Une taxe qui a passé à fr. 2,60 dès 2011, à cause de l'augmentation des frais pour l'élimination des boues.
On voit donc que l'eau sale coûte ainsi quatre fois plus cher que l'eau propre !!
Quoi de plus banal qu'un compteur d'eau ?

Et bien un autre compteur ...