vendredi 24 avril 2015

Téléphone et fibre optique

Poste, télégraphe et téléphone

Au fil des ans, comme les localités voisines, Arnex a vu arriver la poste, le téléphone, l’électricité, le téléréseau et le gaz.

La poste, des messagers privés à la poste fédérale
Durant l’époque bernoise, ce sont les Fischer qui disposent quasiment d’un monopole sur les services postaux du canton de Berne, Pays de Vaud compris : ils transportent gens, lettres et colis avec un service de diligences et de messagers à pied.
De 1803 à 1848, la poste dépend de l’administration cantonale, mais dispose de bureaux communaux. Ainsi, en 1838, le bureau de poste d’Arnex est confié à Jean David Laurent, aubergiste, avec le cahier des charges suivant :
Il devra se conformer aux lois et règlements faits et à faire par l’administration des postes, recevoir les lettres et paquets qu’on voudra lui remettre et les expédier aussi vite que possible et de plus il devra rendre à domicile immédiatement après leur réception les lettres et paquets adressés à des particuliers de la commune, contre un crutz de finance, outre le rembours du port sans cependant pouvoir l’exiger pour les lettres et paquets concernant l’administration générale de la Commune. Il recevra de plus vingt francs pour tout salaire de la Caisse de la Commune à la fin de chaque année.
Le 1er janvier 1849 est créée la Poste fédérale, avec pour mission de transporter voyageurs, lettres, colis et fonds.
Quelques faits divers tirés des archives communales :
o  le 27 septembre 1922, la Municipalité écrit à la Direction des Postes pour demander qu’on rétablisse la distribution du courrier le dimanche matin dans les plus brefs délais… ;
o  en 1926, une nouvelle lettre de protestation est adressée à la Direction des Postes au sujet de la nomination du successeur de Mlle Lina Monnier, un certain Gasser de Croy ;
o  en 1931, Albert Monnier reprend la charge, jusqu’à sa retraite vers 1968. Il est remplacé par Gérald Brocard.

Pour la suite de l’histoire des bureaux postaux voir :



Le téléphone
Le 8 mai 1896, la Municipalité propose au Conseil général l’établissement d’un téléphone reliant Arnex à Orbe, proposition acceptée à l’unanimité. Charles Gozel, locataire et futur propriétaire de la Croix-Blanche, est nommé téléphoniste avec mission de fournir un local.
Au départ les lignes téléphoniques étaient aériennes. Le secteur Orbe Arnex devient souterrain en 1936, puis celui d’Arnex à Cossonay en 1938.
En 1953 il y avait 43 raccordements téléphoniques dans la commune



La fibre optique
Après une longue attente, au printemps 2015, Swisscom décide enfin de relier le village d’Arnex, (comme ceux des environs), au reste du réseau par la fibre optique..






En avril 2015  la fibre optique arrive enfin




Mais il faut encore relier la fibre optique aux raccordements privés avec deux boîtes de raccordement




Boîtes posées dans les chambres durant le mois de juin 2015


jeudi 16 avril 2015

Le château de Bourjod

L’ancien Château de Bourjod
Il  était situé au sud du territoire de la commune de Pailly. Une zone actuellement en forêt.

Bourjod selon le DHS
 Petite seigneurie démembrée de celle de Belmont (VD) au XIIIe siècle comprenant Pailly et une partie des villages de Vuarrens et Vuarrengel. Elle portait le nom de Pailly en 1296, celui de Bourjod au début du XIVe siècle. D'une branche cadette des Grandson-Belmont, elle passa successivement par héritage, vente, mariage ou subhastation aux familles de Cuarnens vers l340, de Billens (l341), de Gruyère (1365), de Blonay (1377/1382), de Vergy (l414), de Gruyère (1524), de Challant (1553) et de Martines (1555-1798); après les Cuarnens, elle ne fut plus qu'un domaine secondaire.
 Le château (commune de Pailly), attesté en 1323, menaçait ruine en 1414; le bourg disparut probablement au XVIe siècle.
Bibliographie – H. Ammann, «Zwei unbekannte mittelalterliche Städte der Waadt», in Mélanges d'histoire économique et sociale en hommage au professeur Antony Babel, 1963, 89-92
Auteur(e): Pierre-Yves Favez

Cet ancien château seigneurial se trouvait sur un monticule boisé séparant le Sauteruz et le ruisseau du château ou de la Combettaz, près de leur confluent.

Carte


Comme pour beaucoup de ruines, ses pierres ont été réutilisées pour de nouvelles constructions : celle de l’église en 1822 et celle de la laiterie en 1876.


Une partie des pierres de cette église provient de l’ancien château de Bourjod


Entrée de l'église de Pailly

Dans son ouvrage « Les temples vaudois », Marcel Grandjean dit ignorer si la date de 1822 correspond à la construction du temple de Pailly ou à un agrandissement.

Eugène Mottaz nous donne l’historique suivant de la seigneurie de Bourjod:
La seigneurie de Bourjod se composait du village de Pailly et d’une partie des villages de Vuarrens et de Vuarrengel. Elle avait été détachée de la grande seigneurie de Belmont qui dépendait des Grandson. Le premier seigneur connu de Bourjod est Othenet de Belmont, fils de Guillaume le Roux (Rufus) de Belmont.
En 1330, il vendait tous ses droits sur les villages de Vuarrens, Essertines, Villars-le-Terroir, à Girard de Bossonens, chanoine de Lausanne, pour le prix de 1100 livres. En 1323, Othon et Ebal de Belmont, frères, reçurent en échange d’une cense, de Girard de Bossonens, chanoine de Lausanne, les fonds situés sous leur château de Bourjod, le moulin de Pacot et le four de Pailly. Quelque temps après, la seigneurie passa à Humbert de Billens, seigneur de Palézieux. Pierre de Billens, fils du précédent, était seigneur du Bourjod en 1360. Il avait épousé Marguerite de Grandson. Celle-ci devint dame du Bourjod après la mort de son époux.
Bientôt après, elle se remaria avec Rodolphe IV, comte de Gruyère. Par son testament, elle donna 2'000 florins d’or, assignés sur la terre de Bourjod, à sa fille Jeanne de Blonay qu’elle avait eu d’un premier mariage avec Hugues de Blonay, sire de Joux. Jeanne de Blonay fut mariée à Vautier de Vienne, seigneur de Miribel, elle donna par son testament, la seigneurie de Bourjod à Jean de Blonay. En 1414, Antoine, comte de Gruyère, engagea le château et mandement de Bourjod, en garantie d’une somme de 5’000 florins qu’il constituait à sa sœur Catherine, fiancée à Pierre de Vergy, seigneur de Champvent. Il est dit, dans le contrat de mariage, que le château de Bourjod menaçait ruine. En 1445, Jean de Vergy était seigneur de Champvent et de Bourjod ; il v avait 80 feux dans les deux seigneuries. En 1515, Guillaume de Vergy, fils de Jean, était seigneur. En 1524, Jean, Comte de Gruyère, le devint à son tour, par son mariage avec Catherine de Vergy, sœur de Jean de Vergy. La famille des comtes de Gruyère posséda la seigneurie de Bourjod jusqu’à la faillite du dernier comte, Michel.
En 1553, la seigneurie de Bourjod fut saisie par René de Challant pour 400 écus d’or, et vendue à Claude Jocet, d’Yverdon, qui fut mis en possession par l’officier baillival d’Yverdon et par « l’attouchement du verruz de la porte du grenier du dit Pailliez et par la caption d’une eschine de bois, levée en icelluy grenier et donnée par le dit officier au dit Jocet ». A la même date, Pierre Amman, ancien avoyer de Fribourg et Urbain Quisard, seigneur de Crans obtenaient des lettres de mieux value sur la même seigneurie, le premier pour 1000 écus d’or et l’autre pour 120 écus d’or, dus aussi par le comte Michel de Gruyère.
La seigneurie de Bourjod passa plus tard de la famille de Challant à celle des de Martines, de Perroy, qui la possédait en 1567 et qui l’a gardée jusqu’à la fin de l’ancien régime.
En 1521, on comptait 14 feux à Bourjod, et en 1558, il y avait 63 feux dans la seigneurie.

Sur Swisscastel

Visite en avril 2015
Il faut bien choisir l’accès, car par endroit les grandes falaises de molasse sont inaccessibles.


Falaises de molasse


Sur la crête


De nombreux fossés sur la colline

Le nouveau châtelain de Bourjod
Sur le haut, une modeste construction nous rappelle que l’endroit fut de nouveau habité, il y a quelques années!


Le nouveau château de Bourjod



Avec sa cuisine




Et sa tapisserie d’époque ou gobelin pur soie…

samedi 11 avril 2015

Le château Castellion au-dessus de Cronay

Le château Castellion de Cronay
Dans son dictionnaire historique, Eugène Mottaz consacre un article au village de Cronay, et nous explique ceci :
Histoire. A l’ouest du village et à quelques centaines de mètres de celui-ci, se trouve une colline aujourd’hui boisée, le Signal, d’où l’on domine la plus grande partie des vallées de la Mentue et de l’Orbe.
A quelques pas on voit encore des vestiges d’une importante construction. Là se trouvait le Castrum Castellionis, le château Castellion, comme on l’appelle dans le pays, dont Ulrich de Martin faisait hommage à Pierre de Savoie en 1255.
La seigneurie de Cronay était donc une dépendance de la terre de St-Martin du Chêne. Elle se divisa plus tard en trois parties :
1° Le membre de Valangin
2° Le membre de Combremont
3° Le membre appelé de Châtonay

Carte

Emplacement de l’ancien Castellion au-dessus de Cronay

Le signal de Cronay
En 1792, cet emplacement est également cité dans la liste des signaux en Pays de Vaud pour le baillage d’Yverdon (RHV 1903 p 239) :

Cronex, qui était visible de Baumes, Ste-Croix, Rovray, St-Cierges, Thierrens.


Et en 2015 à quoi ressemblent les lieux ?


Sur les lieux on distingue surtout le réservoir construit en 1912.

Il serait peut-être intéressant de faire quelques recherches dans les archives communales pour savoir si, lors de la construction de ce réservoir et des canalisations, on a trouvé quelques vestiges de Castellion.


Un coup d’œil en direction du Jura. Entre les troncs on distingue l’autoroute


Plus à droite, le village de Cuarny



Le long du chemin, une jolie baignoire à sangliers

samedi 28 février 2015

Le château de Montagny-sur-Yverdon

Le château de Montagny-le Corbe  (Montagny-sur-Yverdon)


Encore un château vaudois victime des guerres de Bourgogne de l’automne 1475.
Mais actuellement, victime surtout du manque d’entretien !

Alors découvrons ce que dit Victor-Henri Bourgois (1868-1936) du château de Montagny-sur-Yverdon dans son guide « Au pied du Jura »  paru vers 1906.
Le château de Montagny est un des plus anciens de notre contrée, et son origine, avec celle des châteaux de Grandson et de Belmont (sur Yverdon), pourrait remonter au onzième siècle, époque où, après les terribles invasions des Hongrois et des Sarrasins au dixième siècle, on chercha à se défendre contre de nouveaux dangers.
Montagny le Corbe fut le siège d’une puissante seigneurie. Les premiers seigneurs connus de cette terre furent les sires de Montfaucon, et Amédée II (de Montfaucon) paraît avoir été le premier de sa maison qui eût possédé des droits sur Montagny dès la seconde moitié du douzième siècle.
Le château, à en juger par ce qu’il en reste, devait être considérable, et les murs de 1 m, 75 d’épaisseur que l’on voit encore attestent sa solidité et sa puissance. Il s’élevait sur une colline abrupte, dominant le cours de la Brinaz et de laquelle on embrasse la vue sur tout le pays environnant, depuis Yvonand, Yverdon, Giez, le Jura jusque du côté d’Orny, La Sarraz, Vallorbe, etc. C’était une position remarquable et admirablement choisie.
Aujourd’hui, hélas ! ce qu’il en reste est peu de chose, et pourtant, si l’on veut, c’est beaucoup ; aussi, lorsqu’on parcourt cette colline maintenant toute boisée et si pittoresque, avec la vue sur le lac bleu et au milieu de ces ruines sur lesquelles joue le soleil au travers des arbres, un sentiment indéfinissable s’empare peu à peu de vous et, dans la triste réalité du présent, vient vous parler du passé.
En 1450, Louis de Châlon Orange, le même qui fit d’importantes restaurations aux châteaux de Grandson et d’Orbe, dépensa 10,000 francs de notre monnaie pour réparer le castel.
Qu’il devait être beau et fier sur sa colline escarpée ! Mais, vingt-cinq ans plus tard, il tombait au pouvoir des Suisses et partagea le triste sort des autres donjons en l’année 1475. Il fut incendié et démoli. Depuis lors, il n’a pas été rebâti. Une preuve de sa solidité est la haute tour qui s’élève encore aujourd’hui à près de 20 à 22 m. de hauteur à l’extrémité nord de la colline, dominant la route, et qui, depuis plus de 400 ans, reste là, triste, mais superbe ruine éventrée, semblant devoir s’écrouler à chaque instant, et pourtant toujours debout, toujours fière, témoin opiniâtre d’une puissance déchue.
Croquis de Ric Berger tiré du « Nord vaudois »

En arrivant aujourd’hui au sommet de la colline, où s’élèvent de grands bâtiments pour une exploitation agricole, on peut trouver, cachés dans les buissons à droite, près de l’entrée Est du parc, les restes d’un mur et d’une tour ronde ou semi-circulaire. Cependant la faible épaisseur de ces vestiges empêche absolument de les rattacher à la construction primitive du château, dont les murs et tours visibles encore en plusieurs endroits mesurent 1 m. 75 à 1 m, 80 d’épaisseur. Ces restes font-ils partie de la restauration de 1450, par Louis de Châlon Orange ?  Nous ne saurions l’affirmer….
Un peu plus loin, au nord, on voit un gros tertre maintenant tout boisé, qui représente sans doute une des tours du château. Le pan de mur (peut-être un contrefort), qui se détache en retour d’équerre au sud, mesure environ 1 m. 80 d’épaisseur. Une seconde tour ronde et très grosse, qui passe pour avoir été le donjon, se trouvait à l’ouest du tertre dont nous venons de parler. On voit encore, caché dans le fouillis de verdure, un grand cercle de maçonnerie qui aurait été le mur de la tour.
A quelques mètres au nord du donjon, on trouve des restes importants d’une troisième tour et de murs avec un retour d’équerre.
En suivant la crête de la colline jusqu’à son extrémité nord, on arrive à la haute tour dont nous avons parlé, plus haut, le morceau le plus important des ruines du château de Montagny, Cette tour s’élève encore, ainsi que nous l’avons dit, à 20-22 mètres de hauteur et est visible de loin, du côté du lac et d’Yverdon, depuis Giez, etc.


Ancienne carte postale de 1905 montrant la tour encore bien dégagée au-dessus des vignes

On est frappé tout de suite par sa forme curieuse. Elle n’est ni ronde, ni carrée, mais compte cinq angles tout en étant plus large de l’ouest à l’est que du nord au sud. Les murs ici aussi mesurent 1 m, 75 à 1 m, 80 d’épaisseur ; on distingue facilement plusieurs retraits de la maçonnerie correspondant aux planchers des étages. Du côté sud, un reste de corridor aboutit à l’intérieur de la tour et en aura certainement été la voie d’accès…...
Cet ensemble forme une ruine superbe et d’un grand pittoresque. Malheureusement la maçonnerie se désagrège peu à peu et, lambeau par lambeau, comme avec un regret infini, la pauvre tour lâche une à une les pierres qui la composaient. Si l’on ne prend pas certaines mesures d’entretien, du reste fort simples et pas très coûteuses, la belle ruine, la fière tour de l’antique château de Montagny, après avoir bravé les hommes et les intempéries pendant près de sept à huit siècles, dont quatre encore après sa destruction, s‘en ira, morceau après morceau, jusqu’au jour où une chute de pierres plus importante en occasionnera  l’effondrement définitif et total !


Etat des restes du château en 2015


Déjà, au début du 20ème siècle, Bourgois avait raison de s’interroger sur l’état de conservation de cette antique bâtisse.
Car depuis, au cours des ans, de nombreuses pierres du haut sont tombées et la forêt a pris possession de l’endroit occupé par l’ancien château.

Au pied sud de la tour, les pâturages ont remplacé les vignes. Vignes bien notées sur la carte Siegfried de 1890.


Carte Siegfried de 1890


En arrivant, l’ancienne tour n’est pas très facile à distinguer, à cause de la végétation



Parmi les arbres et sous le lierre, les restes de la tour en février 2015

Ces dernières années, le lierre avait envahi tout l’édifice, fort heureusement, il a été en partie coupé à la base il y a quelques années et a séché.


Depuis que le lierre a été coupé, les pierres de la base sont mieux visibles




lundi 9 février 2015

Le signal de Mont Buffet

Le signal de Mont Buffet au-dessus de Premier


Derrière ce petit écriteau se trouvent les ruines de la maisonnette abritant parfois l'équipe chargée d'allumer un grand feu en cas d'alerte. Ces signaux d'alarme étaient répartis sut tout le canton,
Ceci pendant l'occupation bernoise et jusqu'en 1798.





On trouve dans le Dictionnaire historique suisse (DHS),  un article consacré à la commune de Premier, article rédigé par Guy le Comte:

Comm. VD, district du Jura-Nord vaudois. Village-rue sur le contrefort du Mont-Buffet. 1403 Prumyer.
 Le hameau de Lanfrey, attesté au XIVe siècle, disparaît au siècle suivant. 15 feux en 1396, 10 en 1529, 21 en 1550, 205 hab. en 1764 (52 feux), 232 hab. en 1803, 292 en 1850, 178 en 1900, 144 en 1950, 138 en 1970, 208 en 2000. Premeir fit partie de la seigneurie de Romainmôtier, dès 1536 du bailliage homonyme, puis du district d'Orbe (1798-2006). Sous les Bernois, Premier était gouverné par un Conseil général. Premier dépendait de la paroisse de Romainmôtier; accord avec le curé en 1316. Nombreuses querelles avec les autres communautés de la Terre de Romainmôtier pour la possession des bois communs et des pâturages. Activité agricole. Forge, tissage, métiers du bois jusqu'à l'incendie de 1898. Construit en bois avec des toits en tavillons, le village fut ravagé en 1884 et 1898 par deux incendies. Syndicat d'améliorations foncières en 1959; nouveau syndicat dès 1979. En 1967, Premier fut le centre nerveux de la "guerre des vaches", qui opposa les éleveurs de montbéliardes à l'administration fédérale.

N’ayant jamais entendu parler de ce Mont Buffet, j’ai tenté de savoir où il se situait.
Au cours de ces recherches et grâce à quels anciens articles de la Revue historique vaudoise, j’ai découvert que cette modeste colline abritait un signal d’alarme durant l’occupation bernoise du Pays de Vaud.

Vue des Auges depuis le Crêt de la Croix


Voici donc cet article tiré de La Revue historique vaudoise de 1913,  page 208

LE SIGNAL DE MONT BUFFET
ALTITUDE, 900 METRES
Au nombre des soixante-deux observatoires établis dans le Pays de Vaud par LL. EE. de Berne se trouvait le signal de Mont Buffet.
Situé à l'extrémité Est du chainon de montagnes se détachant de la Dent de Vaulion, dans un endroit élevé du territoire de la commune de Premier, lieu appelé « Crêt du Signal », d'après l'ancien plan de 1822, et « Pré Carraudy », suivant le plan actuel de 1880, le signal de Mont Buffet pouvait facilement correspondre avec ceux d'Orbe, de La Sarraz et de Vaulion. Comme ces derniers, il relevait du bailliage de Romainmôtier, ce qui obligeait le bailli de Romainmôtier  de s'assurer, par des inspections périodiques, des moyens de défense qu'il possédait, étant donné, qu'au moment d'une invasion sur un point quelconque du territoire du Pays de Vaud des feux s'allumaient sur les montagnes, que l’alarme était donnée et que des milices se trouvaient, en peu d'heures, réunies et prêtes à marcher au-devant de l'ennemi, sous la conduite de leurs chefs. Il était placé à deux kilomètres nord du village de Premier, à 1 kilomètre 200 mètres du territoire de la Terre indépendante des Clées, à 800 mètres, de l'ancienne route Bretonnières-Vallorbe et à quelques kilomètres de la frontière française, notamment du défilé de Jougne.
Le signal de Mont Buffet existait ä la fin du XVIIe siècle, car le Conseil général de la Terre de Romainmôtier était assemblé le 29 mai 1689 :
« pour mettre les ordres convenables pour charrier les matériaux qu'il faut pour la construction de la maison vers le signal nouvellement construit, comme aussi pour tirer les pierres qu'il faut pour les murailles ».
« A este ordonné en présence de M. le Lieutenant Baillival Roy, qui a présidé par ordre de S. S. Baillivale que  de chaque commune on envoyera, demain, trois hommes, sauf Envy un, pour tirer les dites pierres pour des murailles là près, pour gagner les voitures, et lesquels répareront le signal et s'aideront ä faire une casuette pour loger ceux qui font la garde. Et ceux qui y iront demain se nantiront de hache, pioche et serpe. »
• La « casuette » fut solidement construite en maçonnerie; elle mesurait quatre mètres de longueur sur quatre mètres de largeur. A proximité s'élevait un amas de branches menues très inflammables qui produisaient une fois allumées des flammes qui se voyaient de fort loin, ou de grandes colonnes de fumée, si cela se passait pendant la journée
Le signal de Mont Buffet fut chargé à différentes époques, tel fut le cas les 20 octobre et 1er décembre 1792, suivant mandats baillivaux ordonnant qu'une garde composée de seize hommes repartis en quatre escouades d'un caporal et de trois hommes y fut placée à tour de rôle. Les escouades étaient fournies par les communes intéressées, Vaulion excepté; elles se rechangeaient toutes les vingt-quatre heures, pendant un temps. Les caporaux touchaient neuf batz (fr. 1.30) pour chaque jour de garde, et les factionnaires huit batz (fr. 1.16), ä condition qu'ils s'acquittent fidèlement de leur devoir. Le bois nécessaire pour la cuisine et le chauffage pouvait être pris par les gardes dans les forêts avoisinantes de LL. EE. et les communes devaient pourvoir au voiturage du dit bois.
Les évènements de la Révolution ayant occasionné une active surveillance, le signal de Mont Buffet fut gardé de nouveau à partir du 22 décembre 1797; puis, personne ne se présentant pour monter la garde, il fut décidé que les caporaux toucheraient dix batz et les fusiliers neuf batz par jour de service; et pour que le tour de garde se fasse exactement, le secrétaire baillival établit un rôle des communes qui devait se remettre de l'une à l'autre, à midi, quand chaque tour devait finir et suivant la règle du nombre d'électionnaires.
Mais le nombre des hommes de garde se trouvant être par suite de refus réduit à six, ce nombre étant jugé insuffisant, M. le capitaine Roland, secrétaire baillival, rapporta, le 29 décembre 1797, que la garde devait être levée le lendemain. Ce fut la dernière.
Et maintenant que le temps a accompli son œuvre, l'emplacement où se trouvait jadis le signal de Mont Buffet disparait solitaire et tranquille sous les ombrages des hêtres et des sapins; seules les fondations de l'ancienne casuette sont visibles aujourd'hui.
Eug. Rochaz

Un autre article tiré également  de la Revue historique vaudoise de 1903, page 236, nous révèle la liste de tous les signaux recensés dans le Pays de Vaud.

Nous ne citerons que les cinq endroits du baillage de Romainmôtier :

LES SIGNAUX DU PAYS DE VAUD A LA FIN DU XVIIIème SIECLE
Etat des signaux du Pays de Vaud, d'après les notices qu'en ont données les secrétaires ballivaux, en mai et juin 1792.

ROMAINMOTIERS
1. Chenit, au-dessus du temple [La Dent].
2. La Dent  [Chenit, Vallorbes, Romainmôtiers, Ballaigues. — Il y a souvent des brouillards sur cette montagne].
3. Vallorbes, à bize de l'église  [La Dent, Romainmôtier].
4. Romainmôtier, au-dessus de Premier, en Montbuffat  [Vallorbes, La Dent, La Sarra].
5. La Sarra, sur Mormont  [Romainmôtier, Cossonay].



Quelques lieux o`le signal de Mont Buffet était visible


Que reste-t-il du Signal du Mont Buffet ou Buffat en 2015 ?


La sirène d’Arnex sur le toit de l’ancien abattoir

Actuellement les signaux ont été remplacés par des sirènes et certains ne sont plus visibles du tout. Mais leur ancien emplacement a souvent gardé le nom de Signal.
André Roy, ancien député de Premier connait l’endroit, où se trouvent les ruines de cet ancien signal, pas très loin du pâturage des Auges.

Alors dès que la neige aura fondu sur les crêtes du Jura, je vais tenter de retrouver les derniers vestiges du signal du Mont Buffet.




Emplacement de l'ancien abri

L'emplacement de l'ancien abri décrit par Eugène Rochaz est assez facile à trouver.
Il suffit de prendre un petit chemin qui part du pâturage des Auges, petit chemin pas très bien entretenu qui conduit vers  le monticule suivant, situé sur sa droite.




Derrière ce monticule les derniers vestiges de l'abri






Reste de murs de la petite "casuette" du Signal de Mont Buffet en mars 2015