vendredi 11 novembre 2011

Miser des enfants



Avant que la sécurié sociale ne devienne une afffaire cantonale, en Suisse les communes avaient la responsabilité de s'occuper de leurs bourgeois indigents, grands ou petits.
Alors il fallait parfois procéder à la mise des pensions des enfants d'indigents.

Ces pensions étaient misées à la baisse et la personne qui demandait le moins s’occupait de l’enfant ou de l’indigent en touchant une indemnité.
En 1835 la charge est lourde pour la commune, selon cet extrait du procès verbal de la Municipalité du 2 août 1835, elle a huit enfants naturels à placer: 
« Conditions sous lesquelles la Municipalité fait miser au rabais à tant l’année pour la pension des huit enfants naturels de Marguerite et Marianne Baudat et Fanchette Olivier.La pension des deux filles aînées de Marguerite B. commencera demain 3 courant et finira à leur sortie de l’école.
La pension des deux enfants de Marianne Baudat et des trois plus jeunes de Marguerite B. commencera demain et finira dans trois ans.
La pension de la petite Olivier commencera seulement le 20 courant et finira dans trois ans, c'est-à-dire le 20 août 1838.Ceux auxquels ces enfants seront confiés devront les loger, nourrir, habiller et blanchir convenablement, les envoyer régulièrement à l’école dès que leur âge le permettra et leur fournir pour cela livres, papiers, plumes etc. Ils devront aussi les occuper entre les heures d’école autant que leurs forces le permettront.
La pension de chacun de ces enfants se paiera par quartier, c'est-à-dire en novembre, février, mai et août de chaque année.La Municipalité se réserve le choix des miseurs et de plus, de retirer chacun de ces enfants si elle n’était pas satisfaite de la manière dont on se comporte envers eux.

1° Marianne, fille de Marguerite âgée de 14 ans échue à François Baudat Municipal pour le prix de 48 £ pour l’année.
2° Marie, fille de Marguerite âgée de 13 ans échue à M. Laurent aubergiste pour le prix de 47 £ pour l’année
3° Marguerite, fille de Marguerite, âgée de 6 ans, échue à Jean Baudat Sergent pour le prix de 52 £ pour l’année.
4° Susette fille de Marguerite, âgée de 3 ans, échue à David Gauthey d’Isaac pour le prix de 54 £ pour l’année
5° Jean fils de Marguerite, âgé de 18 mois échu à Samuel Tachet pour le prix de 55 £ pour l’année.
6° Henriette fille de Marianne, âgée de 8 ans, échue à Nicolas Gillard pour le prix de 46 £ pour l’année.
7° Emanuel, fils de Marianne, âgé de 10 ans, échu à Isaac Gauthey pour le prix de 40 £ pour l’année
8° La fille de Fanchette Olivier, âgée de 3 ans, son grand père pour le prix de 49 £ pour l’année »

Le prix moyen des pensions annuelles est d’environ 50 £, soit 500 batz qui feront en monnaies fédérales de 1851 une somme 70 francs par an, ce qui correspond au salaire annuel du boursier de l’époque.
Le placement d’enfants s’est poursuivi jusqu’au début du 20ème siècle.


Inventaire des habits du petit Julien Bovet, mis en pension chez Louis Pellaton en 1895

En 1907, Mme Gaillard de Sergey trouve insuffisante la pension de 8 fr. par mois pour la petite Monnier, mais la Municipalité ne donne rien de plus. Et pourtant en 1890 on paie 50 ct par jour pour le petit Gillard.

Notons tout de même une certaine surveillance de ces pacements, car parfois des enfants sont retirés d'une famille suite à une plainte pour mauvais traitement.

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