samedi 12 novembre 2011

La Société de couture de 1896 à 2000


La Société de couture de 1896 à 2000
Ses livres de comptes soigneusement conservés par la dernière présidente indiquent que la société est créée le jeudi 26 novembre 1896 dans la salle des catéchismes sous le patronage du pasteur de la paroisse, Monsieur Prod’hom.
La douzaine de dames et demoiselles présentes, auxquelles s’ajouteront encore huit personnes adoptent les statuts suivants, statuts toujours fidèlement recopiés au début des quatre livres de comptes successifs :

« En se réunissant les membres de la société ont pour but de passer ensemble chaque semaine quelques heures aussi agréables que possible pour le cœur et l’esprit, tout en employant utilement le temps par la couture en vue de quelques bonnes œuvres.
Les membres s’engagent à suivre les séances aussi régulièrement que possible. Toute absence non justifiée sera passible d’une amende de 10 cts qui pourra être doublée en cas de récidive.
La cotisation de chaque membre sera de 50 cts par mois.Les dons volontaires seront reçus avec reconnaissance.Toute personne désirante de contribuer à la bonne marche de la société sans pouvoir assister aux séances, peut en faire partie en qualité de membre honoraire et paie la finance règlementaire de 50 cts par mois.La société est libre de disposer des produits de son travail de la manière qu’elle jugera le plus convenable avec l’assentiment du pasteur.La société se constitue comme suit : 
Présidente. Madame Savary (épouse du régent de l’époque)                       
Vice présidente Mlle Lina Lavenex                       
Secrétaire : Mlle Capt
La société se réunira une fois par semaine de 7 à 9 heures, elle fixe le vendredi comme jour de ses séances »

Ces statuts de départ seront légèrement modifiés au cours des ans, ainsi les amendes pour absence seront supprimées, tout comme les cotisations remplacées par une taxe d’entrée de un franc. Quant au jour de réunion il a changé très souvent.
Cette dynamique corporation de dames a joué un rôle important dans la vie sociale de ce village. 

Directives pour les ventes
« A consulter lors d’une vente, selon livre de comptes des années 1930 :Pour une vente de moyenne importance, il faut compter 600 meringues (soit 1200 coques), 30 à 40 tourtes, 12-15 taillés levés, 300 sandwichs, 2’000 pièces à 10 et 20 cts. 20-30 plum cakes.
Avoir pour les enfants surtout des bâtons glacés et des croissants. Si l’on débite du vin on compte 300 bouteilles (avoir soin de les tenir dans la glace). Afin d’éviter de désagréables surprises, ne pas oublier de demander à la préfecture toutes les autorisations nécessaires.                                                          
Signé : une secrétaire lors d’une vente ». 

On se rappelle bien des grandes ventes de la Couture, mais on ne se souvient pas toujours de ses activités théâtrales.

Des aides multiples au village, mais aussi pour les pays en guerre
Au cours des ans, grâce au produit de leurs ventes ces dames ont contribué par des montants importants aux diverses rénovations de l’église, à l’achat des vitraux, des orgues, de l’auto pour le pasteur en 1929 et même des chaises pour les mariés le 1er mai 1941.
Ces chaises qui ont coûté 120 fr. sont toujours là.Figure aussi 2'900 fr. versé au fond de l’horloge en juin 1932, 300 fr. pour amener l’eau au cimetière depuis la Maison Rose en 1930 et  l’installation de quelques bancs sur le territoire de la commune.  
Au début du 20ème siècle la société de couture soutient les familles nécessiteuses par des aides en argent ou en nature.
Durant les deux dernières guerres, elle envoie chemises, chaussettes, mouchoirs de poches et cigares aux soldats sous les drapeaux.Elle pense aussi à ceux qui sont en guerre, en 1915, l’hôpital de Pontarlier reçoit 67 paires de pantoufles, la Croix rouge serbe 220 coussins de charpie, un drap, quatre taies d’oreillers et 71 bandes de pansement. Des Polonais auront 55 objets neufs et 65 objets usagés.
En 1941, la société de couture reçoit l’appellation de section de collaboratrices n° 1078 pour confectionner divers articles de toilette pour le Département militaire fédéral.Il est signalé que cet hiver là, les activités de la société sont réduites car la plupart des membres sont accaparées par les cours de Samaritains dispensés à Orbe.Plus près de notre époque ce seront aussi les hôpitaux d’Orbe et de St-Loup, l’Asile du Jura de Ballaigues qui bénéficieront de leurs dons.
Malheureusement en 2000, vu le manque de nouvelles recrues, cette société  a mis fin à ses activités, mais comme signalé au début de cet article, tous ses livres de comptes sont bien conservés

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