jeudi 10 novembre 2011

Les différents bergers au service de la commune


Les bergers de la commune

Les comptes de 1656 de la commune d’Arnex comprennent déjà le montant du salaire du berger des bœufs, des pourceaux et des vaches, car le travail de berger a été très longtemps considéré comme une tâche communale.
Il faut se rappeler que très longtemps, la garde du bétail se fait de façon communautaire. Ceci est dû à l’importance des Chauchy ou pâturages appartenant à la commune, et d’autre part à la pratique du libre parcours du bétail sur les prés après la première coupe d’herbe et sur les champs après les moissons.

Sous le régime bernois, c’était même une obligation, comme l’illustre ce fait divers de 1744.

Dans un règlement communal de 1741 prévu pour la commune d’Apples, le bailli précise à l’article 24 que :

« Qui que ce soit ne fera son troupeau a part, mais mettra son bétail sous la verge du Berger commun à peine de Chatiment et des Bamps (amende) et ordonnons aux messeillers et à tous les Communiers de rapporter ceux qui contreviennent à cet article ».

En 1744, n’ayant pas respecté cette règle, Jean François Gauthey (1681-1764) d’Arnex est cité en Cour baillivale à Romainmôtier.
Ce 18 mai 1744 comparait Jaques Antoine Gilliard en qualité de Gouverneur de l’honorable commune d’Arnex accompagné du sieur Etienne Olivier contre Jean François Gauthey, justicier du dit Arnex demandant qu’ensuite du mandat qu’ils ont obtenu en date du 12 mai, il ait à dire les raisons en vertu desquelles il fait un troupeau à part d’une partie de ses vaches au dit Arnex.

Pour sa défense le Sieur Gauthey cite la Loy 42 f : 161 qui règle la Pâture du bétail entendant que s’il y a quelques bête boiteuses ou vaches portantes, il doit s’adresser à la Commune pour leur demander de pâturer à part, alors la Commune y aura égard.
Le Bailli accepte l’argument, mais comme le dit Gauthey aurait dû, au préalable, demander permission à la Commune, il est condamné aux frais, avec modération.
Pour ce qui est des autres bêtes qui auraient d’autres maladies préjudiciables au troupeau, le cas se règlera suivant les mandats souverains qui ordonnent de tenir ces bêtes enfermées à part.


Il faudra attendre l’abolition du libre parcours, après le conflit communal de 1815, et la mise en location par parcelles des pâturages communaux pour faire de la pâture du bétail une affaire individuelle.
Vers 1816, le Juge de Paix, examinateur des comptes de commune à cette époque, fait remarquer que ce n’est pas à la commune de payer le salaire des bergers.
Il faut dire que ce travail, est assuré parfois par des personnes âgées disposant de peu de revenus,


Notons aussi que la fonction n’était pas de tout repos, les comptes de 1702 mentionnent une livre de poudre à fusil pour le berger des chevaux pour lui permettre de se défendre des bêtes sauvages : loups ou lynx (appelé loup cervier) menaçant parfois les troupeaux.

Repas de loups

Les bergers craignaient aussi le lynx, appelé loup-cervier

Vers 1800, il existe plusieurs bergers, puis aux environs de 1820 on nomme un berger du marais chargé de garder bien séparément le troupeau des vaches et celui des chevaux.
Il y aura aussi vers 1827 un berger des moutons dont le cahier de charges est fixé par le Conseil général.


Contrat de 1834 pour Georges Conod, berger du marais

Pas loin de chez nous, la commune de Bavois avait encore sa gardienne des vaches pour ses pâturages du Marais vers 1940.


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