vendredi 18 novembre 2011

Les fromageries d'Arnex

Les premières mentions d'une fromagerie et le bâtiment de 1812
Les coûts de la construction d’une fromagerie en Pré Macherex, soit juste en face de l’habitation actuelle de Jean-Daniel Gozel, figurent dans les comptes communaux de 1812.
Pour établir ce nouveau bâtiment, la commune achète trois petits jardins appartenant à Etienne Tachet, David Baudat et aux hoirs de Louis Baudat.
Dans son commentaire sur ces comptes de 1812, le juge de paix Perreaud pose quelques questions à propos de cet investissement qui a coûté 1'276 fr. à la commune : et cela : sans que l’on voye si ceux qui profitent de cet établissement en payent l’intérêt pour le loyer.

Commentaires du juge de paix à propos des comptes d’Arnex de 1812

Les années suivantes, il estime que le coût de location de 61 fr. ne couvre toujours pas l’intérêt de la somme investie par la commune.
Finalement, une vingtaine d’années plus tard, le bâtiment est vendu à la Société de fromagerie pour 1'182 fr, soit approximativement le coût initial de sa construction.
Dans les plans du cadastre de 1865 (où nous avons relevé les noms des propriétaires actuels), ce bâtiment figure encore comme fromagerie :

Sur les plans de 1865, le numéro 11 est noté : Fromagerie de la Société de fromagerie


Rural, puis habitation en 2012
Cette ancienne fromagerie est devenue rural agricole, avec étable et grange.
Mais en 2011-12, Tristan Bovet, fils de Charles-Henri, petit-fils d'André et arrière petit-fils de Fréderic transforme ce rural pour y faire un appartement à l'étage.


L'ancienne fromagerie de 1812, devenue rural agricole, puis habitation dès 2012

La nouvelle fromagerie
Plus tard, se sentant peut-être un peu à l’étroit, la société achète et transforme la ferme ayant appartenu à Pierre Werren pour y installer la fromagerie actuelle.


Les dates qui figurent sur la fromagerie actuelle

En regardant ces dates avec soin, j’ai découvert que l’inscription « LAITERIE 1893 » a été notée par-dessus le texte « PIERRE VERRE 1857 ».

Ainsi 1857 serait la date de la construction par Pierre Werren et 1893 l’achat par la Société avec la transformation de cette ferme en fromagerie.

Le lait livré à Nestlé
Pendant un certain nombre d’années, le lait, tout ou en partie, est livré à Nestlé, à Orbe. On mentionne encore une famille Monnier, qui a acheté le matériel nécessaire à transporter le lait vers Orbe.
Nous n’avons pas retrouvé de documents décrivant ces ventes. Elles ont sans doute cessé à l’époque de la construction de la nouvelle fromagerie.

Les transformations de 1926 et la construction de la porcherie de Bulande
Le livre des comptes de la Société de Fromagerie d’Arnex débutant en 1926 présente tous les coûts des importantes transformations de la fromagerie et ceux de la construction de la porcherie de Bulande.
Un très gros investissement de 126'389 fr. est couvert en grande partie par des emprunts. 26'000 francs proviennent du village et 100’000 francs sont empruntés ailleurs, à un taux de 4%. Nous rappelons que, pour établir cette porcherie imposante, la société a acheté du terrain à la Commune au prix de 7.50 fr. la perche.
Ernest Bühlmann, nouveau fromager, dispose ainsi d’une belle fromagerie et d’une porcherie flambant neuve, les deux installations étant reliées par une conduite pour le petit lait : cette conduite de 360 mètres sera complètement refaite en 1959.
En 1928, la masse du lait coulé se monte à 589'000 kg. En 1934 l’apport des laits d’Essert-Pittet et de Lignerolle (pendant 4 ans) permet d’augmenter le volume transformé.
Au début, la location payée par le fromager est de 10'000 fr. par an, un peu moins par la suite. Dès 1936, elle est fixée à 1,3 ct par kilo de lait livré et 0,3 ct. pour le lait d’Essert-Pittet, puis à 1,5 ct en 1948.
Peu à peu les livraisons de lait augmentent, jusqu’au début de la seconde guerre mondiale. Mais au cours de celle-ci, l’extension des cultures, en conformité avec le plan Wahlen, fait diminuer la production laitière et il faudra attendre 1952 pour retrouver le niveau de 1940. En 1975 on atteint les 930'000 kg, avec ensuite une nouvelle diminution. Il est vrai qu’après l’entrée en vigueur du contingentement laitier, de nombreuses exploitations agricoles abandonnent la production laitière et passent à l’engraissement des bovins.
Fort heureusement, ces dernières années le lait des producteurs de Pompaples, de Bofflens, puis d’Agiez est venu s’ajouter à celui des trois derniers producteurs du village. Ce regroupement permet le maintien de la fabrication de gruyère en été et de vacherins durant l’hiver.

Les fromagers
Avant Ernest Bühlmann, il y a eu M. Demont ; on cite aussi un certain Fiechter, laitier vers 1894 et  Siegenthaler vers 1900.
Au départ d’Ernest Bühlmann en 1952, c’est Franz Luginbühl qui occupe la fonction durant une vingtaine d’années, jusqu’en 1973. En 1974, Edy Neuhaus reprend le flambeau, jusqu’à aujourd’hui.
Notons qu’en décembre 1954, M. Bühlmann a pris l’initiative de créer un fonds des cloches, qui a pu financer l’installation de deux nouvelles cloches à l’église en 1964 ainsi que l’électrification de l’installation. On peut se rapporter au chapitre consacré aux églises d’Arnex. 

Les investissements dans la fromagerie
Au cours de ces dernières années, la société de fromagerie a dû maintenir en état la fromagerie et ses caves. En 1958 est installé un congélateur communal, aux cases louées à des particuliers.
En 1983, d’importantes transformations sont réalisées, des investissements qui nécessitent à nouveau de gros emprunts de la part de la société.
Et en 2011 l'avenir de cette fromagerie est en discussion, modifier construire plus pratique ailleurs la question se posera au départ de la famille Neuhaus.

 
La fromagerie en 2007

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